Hypercapnie

Hypercapnie
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Traitement
Spécialité PneumologieVoir et modifier les données sur Wikidata
Classification et ressources externes
CIM-10 R06.8
CIM-9 786.09
DiseasesDB 95
MeSH D006935

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L'hypercapnie ou l'hypercarbie, du grec ancien υπερ, hyper, « au-dessus, au-delà » et ϰαπνοσ, kapnos, « vapeur, fumée, souffle », désigne un excès de CO2 dans le sang. Ce phénomène survient lorsque la pression partielle de CO2 dans le sang artériel (PaCO2) normalement voisine de 5,3 ± 0,5 kPa (40 ± 4 mmHg) devient trop élevée ; on parle alors de surcharge du sang artériel en CO2.

Causes

L'hypercapnie peut survenir de deux façons distinctes :

Contrairement aux hypercapnies exogènes, les hypercapnies endogènes sont souvent associées à une hypoxémie.

Par la suite, on abordera exclusivement le cas de l'hypercapnie exogène.

Mécanisme

L'accroissement de PaCO2 (pression partielle de CO2 dans le sang artériel), lié à la présence de dioxyde de carbone dans l'air inspiré (PiCO2, pression partielle de CO2 dans l'air inspiré) induit une baisse du pH artériel (acidose respiratoire) par suite de la libération d'ions H+ selon la réaction suivante :

CO2 + H2O → H2CO3 → HCO3– + H+

Cette augmentation de PaCO2 et la chute concomitante du pH artériel, qui sont d'autant plus importantes que PiCO2 est élevé, vont entraîner un ensemble de réactions physiologiques caractéristiques de l'hypercapnie exogène. Pour la plupart des fonctions physiologiques, ces effets sont biphasiques : effet maximal lors des premières 24 heures d'exposition (hypercapnie aiguë), suivie ultérieurement d'une atténuation plus ou moins importante de ces effets grâce notamment à la mise en jeu par l'organisme, de mécanismes d'adaptation à l'hypercapnie chronique (c'est le cas par exemple du pH artériel qui revient progressivement à un niveau proche du niveau de référence 7,40 après quelques jours d'exposition à une atmosphère enrichie en dioxyde de carbone).

Effets

De premières données expérimentales sur les effets de l’hypercapnie chronique exogène ont été obtenues par K. E. Schaefer et al. en 1979 aux États-Unis à partir d’expérimentations animales et d’observations faites à bord des sous-marins. Mais ce sont essentiellement les résultats obtenus en France par R. Guillerm et al. au cours d’expériences de confinement de longue durée qui ont permis de préciser les mécanismes d’adaptation de l’Homme à l’hypercapnie exogène et de fixer, sur des bases expérimentales, les limites admissibles de CO2 en fonction de la durée d’exposition.

Les données proviennent d'expositions de volontaires à des taux assez élevés : de 0,5 à 4,5 % (soit des pressions partielles de CO2 comprises entre 0,47 et 4,28 kPa) pendant 2 à 30 jours, avec une pression partielle d'oxygène de l'ordre de 20 kPa.

PiCO2 = fraction de CO2 dans l’air inspiré (FiCO2 en %) × (PB[pas clair] − 6,26 kPa)

De manière synthétique :

Symptômes en fonction de la pression partielle de CO2
Pression partielle Effets
2 kPa (0,02 bar) la tolérance des sujets au CO2 est bonne sans altération notable des fonctions physiologiques au repos et à l'effort
3 kPa (0,03 bar) la tolérance reste satisfaisante au prix d'une surcharge artérielle en CO2, d'une acidose respiratoire et d'une hyperventilation marquées
4 kPa (0,04 bar) céphalées, hyperventilation gênante, gastralgies, asthénie, troubles du sommeil.
4.5 kPa (0,045 bar) augmentation de la fréquence cardiaque et de la pression artérielle, stimulation de la sécrétion hormonale surrénalienne.
7 kPa (0,07 bar) temps de tolérance limité à quelques dizaines de minutes

Chez l'homme en bonne santé, 7,5 % de CO2 dans l'air inhalé génèrent de la peur et une anxiété aiguë qui altèrent les fonctions neuropsychologiques fronto-exécutives (flexibilité cognitive, traitement émotionnel, mémoire de travail et mémoire spatiale) ; le temps de latence et les erreurs augmentent dans les tests ; et des symptômes de panique apparaissent (avec troubles de la pression artérielle et de la fréquence cardiaque systolique).
En plongée, l'hypercapnie peut devenir dangereuse car l'hyperventilation et la sensation d'oppression poussent le plongeur à « cracher » son détendeur pour reprendre son inspiration, ce qui conduit inévitablement à la mort par noyade.

Traitement

Ils relèvent souvent de la médecine d'urgence et consistent à fournir à nouveau de l'oxygène au patient, mais aussi à traiter les symptômes et dégâts éventuels induits par le manque d'oxygène d'une part (hypoxie), par l'excès de CO2 d'autre part, et, dans certains cas (immersion, séjour sous la neige à la suite d'une avalanche, par les effets de l'eau éventuellement ingérée ou du froid (hypothermie,,,).

Notes et références

  1. ↑ Grissom, C. K., Radwin, M. I., Scholand, M. B., Harmston, C. H., Muetterties, M. C., & Bywater, T. J. (2004). Hypercapnia increases core temperature cooling rate during snow burial. Journal of Applied Physiology, 96(4), 1365-1370.
  2. ↑ Xavier Woorons, L'entraînement en hypoventilation, repoussez vos limites!, Arpeh, 2014, 176 p. (ISBN 978-2-9546040-0-8)
  3. ↑ Radziszewski E. (1987). Effets physiologiques chez l'Homme du confinement de longue durée en atmosphère enrichie en dioxyde de carbone thèse d'État, Fac. Sc. Lyon, no 87-11, 329 pp.
  4. ↑ (en) K.E. Schaefer « Preventive aspects of submarine medecine » Undersea Biomedical Research 1979, vol.6, 246p.
  5. ↑ (en) R. Guillerm et E.Radziszewski « Effects on man of 30-Day exposure to a PiCO2 of 14 torr (2 %): Application to exposure limits » Undersea Biom. Res. 1979, Vol. 6, K.E. Schaefer, éd., S91-S114
  6. ↑ E. Radziszewski et al. « Effets physiologiques chez l'homme du confinement de longue durée en atmosphère enrichie en dioxyde de carbone » Proceedings of a colloquium on Space and Sea, Marseille, France, 24-27 novembre 1987, ESA SP-280 edit., mars 1988, 19–23
  7. ↑ Savulich, G., Hezemans, F. H., van Ghesel Grothe, S., Dafflon, J., Schulten, N., Brühl, A. B., ... & Robbins, T. W. (2019). Acute anxiety and autonomic arousal induced by CO2 inhalation impairs prefrontal executive functions in healthy humans. Translational psychiatry, 9(1), 1–10.
  8. ↑ Brugger H, Sumann G, Meister R, Adler-Kastner L, Mair P, Gunga HC, Schobersberger W, and Falk M. (2003), Hypoxia and hypercapnia during respiration into an artificial air pocket in snow: implications for avalanche survival. Resuscitation 58: 81-88, .
  9. ↑ Grissom CK, McAlpine JC, Harmston CH, Radwin MI, Scholand MB, Morgan JS, and Bywater TJ (2004), Hypothermia during simulated avalanche burial and after extrication (Abstract). Wilderness Environ Med 15: 59.
  10. ↑ Bullard RW and Crise JR (1961), Effects of carbon dioxide on cold-exposed subjects. J Appl Physiol 16: 633-638
  11. ↑ Brugger H and Durrer B (2002), On-site treatment of avalanche victims ICAR-MEDCOM-recommendation. High Alt Med Biol 3: 421-425
  12. ↑ Brugger H, Durrer B, and Adler-Kastner L. 1996), On-site triage of avalanche victims with asystole by the emergency doctor. Resuscitation 31: 11-16.

Annexes

Articles connexes

Liens externes