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Ilaria Alpi, née le à Rome et morte le à Mogadiscio, est une journaliste et photojournaliste italienne, assassinée à Mogadiscio, avec son caméraman Miran Hrovatin alors qu'elle travaille comme correspondante pour Telegiornale 3 (TG3).
Les circonstances n'ont jamais été élucidées. Cependant, en 2009, Francesco Fonti, un ancien membre de la 'Ndrangheta, affirme qu'Ilaria Alpi et son caméraman ont été assassinés parce qu'ils ont vu des déchets toxiques expédiés par la 'Ndrangheta être déchargés à Bosaso, en Somalie.
Au moment de son assassinat, elle suit une affaire de trafic d'armes et de déchets toxiques illégaux dans laquelle elle soupçonne que l'armée italienne et d'autres institutions sont impliquées.
Ilaria Alpi naît le à Rome. Elle est diplômée du lycée Tito Lucrezio Caro de Rome. Elle obtient une licence en langues et littératures arabes à l'Institut des langues orientales de l'université La Sapienza de Rome. Grâce à sa maîtrise de l'arabe, du français et de l'anglais, elle obtient ses premières collaborations journalistiques au Caire pour le compte de Paese Sera et de L'Unità. Elle obtient ensuite une bourse pour être embauchée à la Rai.
Ilaria Alpi arrive en Somalie pour la première fois en pour couvrir, en tant que correspondante de TG3, la mission de paix Restore Hope, coordonnée par les Nations unies pour mettre fin à la guerre civile qui a éclaté en 1991, après la chute de Mohamed Siad Barre. L'Italie participe également à la mission, en dépit des réserves de l'envoyé spécial pour la Somalie, le diplomate américain Robert B. Oakley (en), liées aux relations ambiguës du gouvernement italien avec Barre au cours des années quatre-vingt.
Elle se rend sept fois en Somalie entre 1992 et 1994. Les investigations de la journaliste se concentrent à cette époque sur des soupçons de trafic d'armes et de déchets toxiques avec la complicité, entre autres, des services secrets italiens et des hautes institutions italiennes,,,,,. Alpi aurait découvert un trafic international de déchets toxiques issus des pays industrialisés vers certains pays africains, et échangés auprès de groupes politiques locaux contre des pots-de-vin et des armes. Au mois de novembre précédant l'assassinat de la journaliste, le sous-officier du SISMI, Vincenzo Li Causi, informateur d'Alpi sur ce trafic est tué, également en Somalie, dans des circonstances mystérieuses.
Alpi et Hrovatin sont tués près de l'ambassade d'Italie à Mogadiscio, à quelques mètres de l'hôtel Hamana, dans le quartier de Shibis - à l'intersection de la Via Alto Giuba et du Corso Somalia (également connu sous le nom de Strada Jamhuriyada, Corso Repubblica ).

La journaliste et son opérateur reviennent de Bosaso, une ville du nord de la Somalie. Là, Ilaria Alpi interviewe le soi-disant sultan de Bosaso, Abdullahi Moussa Bogor. Celui-ci fait état des relations étroites entretenues par certains responsables italiens avec le gouvernement de Siad Barre, vers la fin des années 1980. Dans les cinq dernières minutes de l'interview, à la demande explicite d'Alpi, il parle de la société de pêche italo-somalienne Shifco. L'État italien aurait fait don à cette dernière de quelques bateaux de pêche qui servaient probablement également au transport de déchets. La durée de l'interview est estimée à 2 heures, mais un peu moins de 15 minutes sont parvenues à la rédaction de la RAI,.
Ilaria Alpi est tuée à Mogadiscio, avec l'opérateur Miran Hrovatin, le , dans des circonstances qui n'ont jamais été élucidées.
Après plusieurs enquêtes pénales, en 2000, Hashi Omar Hassan, citoyen somalien, est condamné à 26 ans de prison pour le double meurtre. En , un tribunal de Pérouse, en Italie, annule la condamnation et Hassan reçoit plus de trois millions d'euros pour la condamnation injustifiée et les presque 17 ans qu'il a passés en prison.
Une commission d'enquête parlementaire est lancée en pour tenter de faire la lumière sur le lien entre ce double meurtre et un trafic illégal d'armes et de déchets toxiques entre l'Italie et la Somalie.
Le , 20 ans après la mort d'Alpi et Hrovatin, le gouvernement italien autorise la déclassification de dossiers secrets sur leur mort,.