Le terme immigrationnisme est un néologisme péjoratif apparu dans les années 1980-1990, utilisé principalement dans le discours politique de l'extrême droite française pour désigner une idéologie favorable à l'immigration.
L'immigrationnisme est un néologisme péjoratif utilisé principalement dans le discours d'extrême droite français pour désigner une prétendue idéologie favorable à l'immigration.
Le terme trouve ses origines dans les milieux d'extrême droite français des années 1980-1990, notamment utilisé par Jean-Marie Le Pen, Jean-Yves Le Gallou et Guillaume Faye,. Dès 1993, il est également utilisé par l'écologiste australien Mark O'Connor (en) et le sociologue français Paul Yonnet.
Le politologue et philosophe Pierre-André Taguieff propose en 2006 dans une tribune parue dans Le Figaro intitulée « L'immigrationnisme, ou la dernière utopie des bien-pensants », une définition du concept comme « la thèse selon laquelle l'immigration serait un phénomène à la fois inéluctable et positif »,,. Selon lui, cette vision repose sur « une utopie messianique » d'unification de l'humanité, et considère l'immigration comme « un processeur salvateur » pour les populations européennes vieillissantes. Taguieff estime lui-même que ce qu'il qualifie d'immigrationnisme serait un dogme fermant le débat à propos de l'immigration en moralisant toute critique.
Ce néologisme fait ensuite l'objet d'une utilisation notable par Marine Le Pen dès 2010 puis lors des campagnes présidentielles de 2012 et 2017 pour qualifier ses adversaires,. L'usage du terme se développe considérablement sur Internet, via les blogs et sites identitaires ainsi que les réseaux sociaux,.
En 2024, il est repris par le président Emmanuel Macron pour qualifier le programme du Nouveau Front populaire,.
Ce terme a généré des dérivés comme « anti-immigrationniste » ou « pro-immigrationniste ». Il s'inscrit dans une prolifération lexicale caractéristique du discours populiste contemporain. Le mot et son dérivé « immigrationniste » ont acquis une fonction polémique. Le terme s'inscrit dans une stratégie discursive opposant un « nous » national à un « eux » mondialiste. Le suffixe « -isme » confère au mot une dimension doctrinale négative, associant l'immigration à une menace pour la nation française. Dans les contextes d'usage, « immigrationnisme » est systématiquement couplé à d'autres termes critiques comme « mondialisme », « européisme » ou « mercantilisme », et présenté comme une politique suicidaire imposée par les élites contre l'intérêt du peuple.
D'après la linguiste Camille Bouzereau, s'opposant conceptuellement aux valeurs de « nation » et de « patriotisme » revendiquées par le Front national, ce néologisme participe ainsi d'un discours de haine dissimulée qui évite la condamnation juridique tout en véhiculant des idées discriminatoires.
Pour l'anthropologue Michel Agier, le terme renvoie à « une représentation ethnonationale de la France ».