En syntaxe, la proposition incise est une proposition faisant partie d’une phrase complexe sans avoir de rapport syntaxique avec le reste de celle-ci. Cette proposition constitue une interruption dans l’organisation syntaxique dans laquelle elle apparaît, une intervention de l’énonciateur principal dans l’énoncé d’une autre personne ou dans son propre énoncé, à diverses fins,,.
L’incise est insérée parfois dans une autre proposition, d’autres fois entre deux propositions, et d’autres fois encore, elle est la première ou la dernière proposition de la phrase complexe. Dans la parole, elle se distingue du reste de la phrase par son intonation plus basse et sans variation de hauteur, parfois par son tempo, et elle est délimitée par des pauses. À l’écrit, cette délimitation est représentée par des parenthèses, des tirets (moyens ou longs) ou des virgules, parfois une combinaison des deux derniers signes,, ce qui dépend aussi des règles orthographiques de la langue en question.
Une catégorie de propositions incises, appelées « de narration », consiste en l’intervention de l’énonciateur principal, le plus souvent dans l’énoncé d’une autre personne, plus rarement dans son propre énoncé, pour le citer. On rencontre souvent ce genre d’incise dans les dialogues et les monologues rendus par l’énonciateur principal. Son prédicat est un verbe du type dire, répondre ou penser.
En français standard, l’ordre des mots dans l’incise de narration est prédicat + sujet, que ce dernier soit exprimé par un nom ou un pronom ; par exemple :
Dans le registre populaire du français, par contre, l’ordre des mots est sujet + prédicat, le premier étant un pronom personnel conjoint, ex. : Tu vois, il a dit à l’amoureux, ça c’est ma femme (Jean Giono). Dans ce registre, l’incise est souvent introduite par la conjonction que : Siècle de vitesse ! qu’ils disent (Louis-Ferdinand Céline).
Dans d’autres langues, comme le roumain, le hongrois ou le serbo-croate, l’ordre est toujours l’inverse de l’habituel, c’est-à-dire prédicat + sujet, quand ce dernier est exprimé par un mot à part, ce qui n’est pas toujours le cas. Exemples :
En anglais, avec un sujet pronom personnel, l’ordre est sujet + prédicat, ex. : ‘Nice to see you,’ he said « Content de te voir, dit-il ». Avec un nom, l’ordre peut être le même, mais aussi prédicat + sujet : ‘I’m afraid not,’ the woman replied / replied the woman « Je crains que non, répondit la femme ».
Surtout dans des œuvres littéraires, l’écrivain interrompt la communication centrale par des informations sur le comportement, les mouvements, les pensées des personnages, etc.. Exemples :
Parmi d’autres moyens, les propositions incises peuvent servir à exprimer la modalité, c’est-à-dire une large gamme d’attitudes cognitives, affectives ou volitives (certitude, incertitude, renforcement, atténuation, probabilité, possibilité, etc.) de l’énonciateur par rapport à ce qu’il communique ; ou bien le locuteur cherche, par de telles propositions, à convaincre, à s’allier, etc. le destinataire de son énoncé. Exemples :
Certaines propositions incises modalisatrices, en principe, perdent parfois complètement leur sens, y compris celui de modalisation, et ne servent éventuellement qu’à gagner du temps, devenant des tics de langage, par exemple :