
Dans la mythologie grecque, Iros ou Irus (en grec ancien : Ἶρος / Îros) — de son vrai nom Arnée (en grec ancien : Ἀρναῖος / Arnaîos) — est un mendiant d'Ithaque. Il apparait dans l’Odyssée, où il affronte Ulysse devant les prétendants de Pénélope.
Son véritable nom, donné par sa mère, était Arnée,. De stature imposante, il était le mendiant attitré de l'île d'Ithaque, et il apparait dans l’Odyssée. Les prétendants (ceux qui voulaient épouser Pénélope) l'appelaient « Iros », car il leur servait de messager, en échange d'un peu de pain. Ce nom, Iros, lui avait été donné par dérision : il était créé sur « Iris », l'équivalente féminine d’Hermès dans l'Illiade — celui-ci étant le messager de Zeus, et Iris, celui de Héra. Or voici qu'arrive Ulysse, qui vient mendier auprès des prétendants. Iros craint pour son gagne-pain et provoque Ulysse (qu'il ne connaît pas), voulant lui défendre l'entrée du palais. Un duel s'engage, suivi par les prétendants « mour[ant] de rire » (γέλῳ ἔκθανον / légoi ékthanon). Mais Ulysse l'abat de quelques coups de poing, préférant toutefois le laisser en vie, pour ne pas attirer par trop l'attention des prétendants sur sa force,. Il le traîne à l'extérieur, l'adosse à un mur et lui lance : « Reste là maintenant pour chasser les chiens et les porcs, / et ne fais plus la loi aux mendiants ni aux hôtes, / piteux comme tu l'es, ou tu auras double ration ! »

Iros figure dans des épigrammes de l'Anthologie grecque, moins pour son rôle dans l'Odyssée que comme figure de la pauvreté :
« Je fus l'esclave Épictète, au corps tout estropié, pauvre comme Iros et cher aux immortels. (Anonyme, VII, 676)
Même si tu empiètes sur le terrain d'autrui et t'en va ainsi jusqu'aux Colonnes d'Hercule, ce qui t'attend c'est un lopin de terre égal à celui de tous les humains. Et tu seras là gisant, pas plus riche qu'Iros, n'ayant rien de plus qu'une obole, à te dissoudre dans une terre qui ne sera plus à toi ! (Ammien l'épigrammatiste, XI, 209)
Philostrate aimait Antigone, mais le malheureux était de beaucoup plus pauvre qu'Irus. Il trouva cependant par le froid un soulagement à sa passion : ayant plié ses genoux, il posa sur eux sa tête, et s'endormit avec Antigone. (Marcus Argentarius, XI, 320) »
Cette même image de la pauvreté se trouve dans les Épigrammes de Martial :
« Trente fois, dans le cours de cette année, Carinus, tandis que tu écrivais tes dernières volontés, je t'ai envoyé des gâteaux dorés avec le miel de l’Hybla. Je suis ruiné; prends pitié de moi, Carinus. Teste moins souvent, ou accomplis une bonne fois ce que ta toux mensongère semble nous promettre. Ma bourse et mon petit sac sont à sec. Lors même que j'eusse été plus riche que Crésus, je serais aujourd'hui plus pauvre qu'Irus, si tu avais mangé seulement mon plat de fèves, autant de fois que tu as fait ton testament. »
Le mendiant a donné son nom à l'astéroïde (13387) Iros.