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Jacqueline de Groote, née Jacqueline Wigny le à Perwez, décédée le à Uccle, était une militante féministe belge. Active au niveau national, européen et international, elle a participé à plusieurs mouvements et organisations œuvrant pour l'égalité entre les femmes et les hommes.
Issue d’un milieu familial élitiste mais engagé dans la vie politique, elle est la fille de Pierre Wigny, docteur en droit, député et plusieurs fois ministre. Son père participe également à la construction européenne en étant membre de l’Assemblée commune de la Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA). Par l’intermédiaire de celui-ci, Jacqueline de Groote rencontre notamment Paul-Henri Spaak, considéré comme l’un des pères fondateurs de l’Europe.
Sa mère, Lily Wigny, également connue sous le nom de Juliette Borboux, est docteure en philosophie et lettres et présidente du Conseil des femmes francophones de Belgique. Elle transmet à sa fille une sensibilité aux questions féministes.
Elle grandit dans une famille de trois enfants, dont elle est l’aînée. Son grand-père et son arrière-grand-père maternels exercent des fonctions de député tandis que son grand-père paternel est avocat à la Cour d’appel de Liège et conseiller provincial.
Le milieu familial dans lequel elle évolue est marqué par la politique, les fonctions de son père vont d’ailleurs l’amener à voyager fréquemment à l’étranger, contribuant à son éducation et à l’apprentissage des langues.
Durant ses études secondaires, elle suit une formation comprenant le grec et le latin. Elle poursuit ensuite ses études à l’Université catholique de Louvain, où elle obtient une licence en sciences économiques avec une grande distinction.
En 1955, elle épouse Jacques de Groote. En raison de la carrière internationale de son mari, le couple voyage régulièrement. Les contraintes liées à cette situation rendent difficiles l’exercice d’une activité professionnelle rémunérée. Elle s’oriente alors vers l’engagement associatif et féministe. Elle fait la connaissance d'Altiero Spinelli, et de son épouse Ursula, grâce auxquels elle comprend qu'il faut passer par l'Europe pour le droit des femmes.
Elle est la mère de trois filles, Sophie, Victoire et Julie. Plusieurs femmes de sa famille poursuivent l'engagement de Jacqueline, notammentJulie de Groote comme députée bruxelloise Les Engagés et présidente du Parlement francophone bruxellois ; et sa petite-fille Caroline Glorie comme philosophe, professeure à l'ULiège, a écrit de nombreux textes féministes.
En 1954, à l’âge de 23 ans, Jacqueline aurait travaillé au comité de rédaction « La nation belge », qui est un journal nationaliste belge, fondé en 1918 par Fernand Neuray à Paris, journal qui cessa de paraître fin 1956 .
Après cela, Jacqueline de Groote, s’est lancée dans un parcours de militante. Elle a apporté un soutien essentiel à la cause féministe, à divers niveaux, ce à fin de garantir l'égalité des sexes et pour la lutte pour cette égalité, dans le monde, en transmettant aux femmes les informations nécessaires pour qu’elles puissent au mieux atteindre leurs droits.
Elle a été une pionnière de nombreux combats dont la lutte pour la criminalisation du viol, la conciliation vie professionnelle et familiale, la place des femmes aux postes de décision, ou encore, la place des hommes dans les combats féministes. Cette femme s’étant inspirée de sa mère, était engagée dans la sphère féministe tant au niveau national, européen et international. Au niveau belge et international, elle s'est particulièrement illustrée dans sa participation aux Cahiers du GRIF.
En Belgique, Jacqueline de Groote a contribué à diverses associations féministes. Elle a notamment été l’une des fondatrices de l’association SOS VIOL en 1977, grâce à laquelle, les fondatrices ont pu obtenir une modification de la loi pénale sur le viol, notamment la criminalisation du viol conjugal. Cela a contribué à conscientiser les autorités sur le viol.
De 1987 à 1993, elle a également participé au Conseil des femmes francophone de Belgique, qui est une association de lobbying consistant à influencer les décideurs politiques en défendant leurs principaux intérêts étant les droits des femmes et l’égalité entre les femmes et les hommes. Cette organisation avait été fondée par Marie Popelin en 1892 sous le nom de la Ligue du droit des femmes dans le but de combattre la pression et les discriminations faites à l’égard des femmes.
Elle préside le Centre féminin d'éducation permanente, élus de 1977 à 1994, comme sa mère, Lily Wigny. Elle ouvre le CFPE aux plus jeunes et aux femmes précarisées, ce qui était l'objectif majeur de tout son combat.
Jacqueline de Groote a fortement impacté le développement de la place des femmes au sein des institutions européennes. Elle s’est investie dans la promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes à travers plusieurs organisations européennes, mais elle s’est aussi intéressée à l’histoire de la construction européenne grâce à son amitié avec Altiero Spinelli, père fondateur de l'Europe, auteur du Manifeste pour l'Europe unie. Elle comprend que la voix des femmes passe par la voie de l'Europe et que leur émancipation est un combat qu'elles doivent aussi mener au niveau européen.
À partir de 1970, elle a participé au Mouvement européen de Belgique. L’objectif de cette organisation, créée après la Seconde Guerre mondiale, était d’unifier l’Europe politiquement et démocratiquement. Par son implication dans ce mouvement, Jacqueline de Groote nous montrait que la construction européenne permettait aux femmes d’avoir une meilleure place dans la vie quotidienne, mais aussi dans le domaine politique.
Ensuite, elle a aussi été engagée au sein de la Commission féminine du Mouvement européen international, dont la mission était de réfléchir à la place des femmes. Dans cette commission, Jacqueline de Groote a joué un rôle très important, car c’est elle qui a intégré la question féminine dans les politiques européennes.
De plus, Jacqueline de Groote avait également participé au développement du mouvement Femmes pour l’Europe, visant à renforcer la coopération entre les associations de femmes européennes. L’objectif de ce mouvement était de sensibiliser les institutions européennes à la discrimination envers les femmes, mais aussi de créer un lien entre les femmes des pays européens dans le but de défendre leurs droits.
En 1990, Jacqueline de Groote a créé le Lobby européen des femmes, dont elle a été vice-présidente. Le lobby est devenu la structure principale représentant les associations féminines au sein des institutions européennes. Cette organisation a énormément impacté la défense de l’égalité des sexes en Europe, car elle a fortement influencé les politiques européennes au sujet des droits et de la discrimination des femmes.
Jacqueline de Groote a pu participer à divers projets internationaux grâce à son multilinguisme car elle parlait trois langues : le français, l’anglais et l’italien. Elle s’est aussi lancée dans des projets d’écriture, faisant d’elle une autrice d'écrits féministes.
La féministe a en effet contribué à la création de la célèbre revue thématique francophone nommée « Les Cahiers du Grif » en publiant une dizaine d'articles, entre 1974 et 1985, dont certains rédigés en italien (et le reste en français). Cette œuvre intellectuelle et politique fondée par Françoise Collin en 1973 a été initiée par le Groupe de recherche et d’information féministes qui a publié plusieurs numéros ayant pour but d’aborder divers sujets sociaux touchant les femmes. Les Cahiers sont dès lors une œuvre créée par des femmes et pour les femmes qui a dépassé la dimension nationale en se répandant à l’international avec Joan Wallach Scott, une historienne américaine étudiant le féminisme, qui y a contribué en publiant un article sur le genre.
En 1994, Jacqueline de Groote participe à un groupe de travail auprès de l’Institut international des sciences administratives.
En 1995, celle-ci a représenté la Belgique à l’historique Conférence de Pékin sur les droits des femmes en militant pour la mise en place des solidarités avec à ses côtés des femmes du continent africain.
Jacqueline de Groote a également été membre du conseil de l’Administration de l’Association internationale des femmes francophones dont la présidente a été Aïssata Kane, qui était une activiste et la première femme devenue ministre en Mauritanie de 1975 à 1977. Cette organisation d’amitié a été fondée en 1987 et elle représente un symbole de la dimension féminine au sein de la francophonie. Elle permet de regrouper toutes les femmes qui parlent français dans le but d’obtenir des échanges culturels, de solidarité et une meilleure reconnaissance de leurs identités universelles en tant que femme.
Active tout le long de sa vie dans la défense des droits de femmes, au niveau national mais aussi européen. Jacqueline de Groote joue un rôle important dans plusieurs initiatives transnationales liées à l’égalité entre les femmes et les hommes. Elle décède à l’âge de 87 ans, le 30 octobre 2018 à Uccle.
Militante active, elle disait : « Je suis féministe, ... sans « mais » »!