Jacques & Hay est une entreprise d'ébénisterie et de décoration d'intérieur fondée à Toronto au Canada en 1835 par les ébénistes John Jacques et Robert Hay.
En 1835, les ébénistes John Jacques et Robert Hay s'associent pour créer une manufacture de fabrication de meubles à Toronto au Canada. En 1872, à la retraite de John Jacques, Robert Hay s'associe à Charles Rogers et George Craig, et l'entreprise est renommée Robert Hay and Company. À la retraite de Robert Hay en 1885, Charles Rogers reprend la direction de l'entreprise qu'il renomme Charles Rogers & Sons. L'entreprise cesse ses activités définitivement en 1922.
Histoire
En 1835, John Jacques et Robert Hay s'associent et achètent l'atelier de fabrication de meubles de William Maxwell, alors employeur de John Jacques. L'entreprise se développe au cours des décennies suivantes, profitant de l'essor régional de la fabrication de meubles au milieu du XIXe siècle.
Vers 1851, l'entreprise emploie entre 90 et 100 hommes de divers spécialités dont des sculpteurs, ébénistes, tapissiers, vernisseurs, teinteurs et peintres. Elle produit alors annuellement, entre autres, 1 000 lits et 15 000 chaises Windsor, vendus dans des points de vente ouverts dans plusieurs villes du Haut et Bas-Canada.
En 1853, l'entreprise fait ériger un nouvel édifice de cinq étages en briques jumelé à l'achat de nouveaux équipements afin d'augmenter leur production annuelle. Cependant, le , un incendie se déclare dans la manufacture et la réduit en cendres, une perte alors évaluée à GB£24 000. Suite à cet incendie, des torontois fortunés vont leur offrir un prêt à intérêts de GB£10 000 afin de reconstruire leur manufacture. Vers 1856, ils vont même ouvrir un atelier à Hamilton. Cependant, le , un nouvel incendie va détruire la manufacture de Toronto, tuant 9 personnes et blessant un «certain nombre». De plus, d'autres bâtiments sont incendiés au passage dont la brasserie adjacente, la maison de John Jacques, trois maisons louées à des travailleurs de l'usine ainsi que la résidence de Charles Rogers, sculpteur en chef de l'usine. Dès 1857, la manufacture est reconstruite à la fine pointe de la technologie, notamment en termes de protection contre les incendies. Malgré des difficultés financières entre 1857 et 1858, l'entreprise «semble s'être complètement remise de ses pertes» dès la fin de 1858. D'ailleurs, en 1857, l'entreprise achète une forêt de feuillus de 100 acres (environ 404 686 m2) proche d'une scierie à New Lowell afin d'assurer son approvisionnement en bois de qualité. Elle en achète 100 autres acres en 1866.
En 1860, à l'occasion de la visite royale du prince de GallesAlbert Édouard au Canada, l'entreprise conçoit et fabrique le mobilier destiné à la résidence de l'Honorable John Rose qui est utilisée à titre de résidence temporaire du prince à Montréal,. Elle conçoit également le mobilier des résidences temporaires du prince des villes d'Ottawa, Toronto et Niagara Falls.
En 1867, l'entreprise s'agrandit avec la construction d'un nouvel entrepôt de quatre étages en briques à l'intersection des rues Jordan et Melinda à Toronto.
En 1872, lors du départ à la retraite de John Jacques, Robert Hay s'associe son sculpteur en chef, Charles Rogers, ainsi que son tourneur sur bois en chef, George Craig, pour créer la Hay & Co.. En 1885, à la retraite de Robert Hay, Charles Rogers reprend la direction de l'entreprise et s'associent à ses fils pour créer la Charles Rogers & Sons.
Finalement, sous le nom de Charles Rogers and Sons Company, l'entreprise fut dissoute en 1922.
Expositions et distinctions
Voici ci-dessous une liste non exhaustive d'expositions dont les entreprises Jacques & Hay, Hay & Co. ou encore Charles Rogers and Sons Co. ont exposé des œuvres:
«Une magnifique armoire en érable moucheté, sculptée et polie avec soin, a suscité l'admiration de tous. On y trouve également un élégant lit, une coiffeuse, des chaises de chambre et un lavabo du même matériau. Cette entreprise présente aussi une vaste gamme de splendides meubles en noyer noir et un superbe buffet en chêne sculpté et poli, témoignant du savoir-faire des artisans canadiens qui savent tirer le meilleur parti des magnifiques essences de bois que la nature nous offre.».
«Leur ensemble de meubles de chambre, qui a remporté le premier prix, était en noyer noir poli. Le matériau et les riches sculptures qui l'ornaient lui conféraient une allure imposante. Le pied de lit était orné d'une sculpture centrale représentant le fleuve Saint-Laurent et le pont Victoria, finement ciselée. La tête et le pied de lit étaient plaqués sur les deux faces et présentaient des surfaces magnifiquement polies.»;
«L'armoire était également un très beau meuble. Chaque piédestal comportait des étagères en érable ondé poli. Les portes des piédestaux étaient polies à l'intérieur comme à l'extérieur. Derrière le verre se dévoilait un travail de menuiserie finement exécuté.»;
«Une armoire en noyer noir était doublée d'érable poli, les étagères étant du même matériau, créant un contraste saisissant avec le noyer noir. Les fermes et les corniches étaient richement sculptées. Cette armoire a été vendue pour 350 $ et doit être expédiée en Angleterre.»
↑«L'Exposition Universelle: Liste des récompenses décernées par le Jury international de l'Exposition Universelle de Paris aux Exposants Canadiens», L'Ordre: union catholique, Plinguet & Laplante, vol.9, no95, , p.2 (lire en ligne)
↑(en) «Improvements: Drug store on St. Lawrence Street», Canadian illustrated news, Geo. E. Desbarats, vol.4, no12, , p.7 (lire en ligne)
↑(en) «Montreal's Buildings: The mansion of Mr. Geo. Stephen, President of the Canadian Pacific Railway», Montreal weekly witness commercial review and family news paper, vol.38, no11, , p.1 (lire en ligne)
Sources
Ouvrages
(en) C. Blackett Robinson, History of Toronto and County of York, Ontario: pt. 1., Toronto, Ontario, C. Blackett Robinson,
Benjamin Sulte, Mélanges historiques: George-Étienne Cartier, Montréal, Canada, Gérard Malchelosse; G. Ducharme, libraire-éditeur,1918-1934, (lire en ligne)
J. Keith Johnson, «Hay, Robert», dans The Canadian Directory of Parliament, 1867–1967, Queen's Printer,
(en) Joan MacKinnon, A checklist of Toronto cabinet and chair makers, 1800-1865, Ottawa; Ontario, National Museums of Canada, , 206p. (lire en ligne)
(en) Robert Hamilton-Hubbard, Rideau Hall: an illustrated history of Government House, Ottawa, from Victorian times to the present day, Montréal; Québec, McGill-Queen's University Press, , 284p. (ISBN0-7735-0337-4, lire en ligne)
(en) Ruth Cathcart, Jacques & Hay: 19th Century Toronto Furniture Makers, Boston, Boston Mills Press,
Peter Allan Baskerville (dir.), «Managing Jacques and Hay's New Lowell operations, 1853–1873», dans Canadian Papers in Business History, vol.1, Victoria, Public History Group, University of Victoria, (ISBN9780921278023)
(en) Loren Ruth Lerner et Mary F. Williamson, Art Et Architecture Au Canada, vol.1, Toronto, Ontario, University of Toronto Press, coll.«Art and Architecture in Canada: A Bibliography and Guide to the Literature to 1981», (ISBN9780802058560, lire en ligne)
Gregory S. Kealey, «Toronto's industrial revolution», dans Toronto Workers Respond to Industrial Capitalism, 1867–1892, Toronto, Ontario, University of Toronto Press, coll.«Reprints in Canadian history», (ISBN9780802068835)
John R. Porter (dir.), Un art de vivre: le meuble de goût à l'époque victorienne au Québec, Montréal; Québec, Musée des beaux-arts de Montréal; Musée de la civilisation de Québec, (ISBN2-89192-160-7)
Ben Forster, «Finding the right size: Markets and competition in mid- and late- nineteenth-century Ontario», dans Patterns of the Past: Interpreting Ontario's History, Dundurn, (ISBN9781554882649)
(en) Elizabeth Bloomfield et Gerald Bloomfield, Material Culture Review, vol.25, noSpring«Mills, Factories and Craftshops of Ontario, 1870: A Machine-Readable Source for Material Historians», (lire en ligne).
(en) Journal of the Board of Arts and Manufacturers of Upper Canada«Jacques and Hay's Cabinet Factory», , p.193–196.
(en) Phil Dunning, Canadian Antiquities Collector, vol.9, no6«The Jacques and Hay Styles: Canadian Cabinet Makers and Victorian Style», , p.14–17.
Articles de périodique
«Véritable esprit national: Fabrique de meubles des MM. Jacques et Hay incendiée», Le pays, Montréal, Canada, [Le pays],1852-1871, vol.4, no8, , p.2 (lire en ligne)
(en) «From our Toronto Correspondant.: Destruction of Jacques and Hay's Factory», The Montreal witness, Montréal, Canada, [The Montreal witness] (1845-1938), vol.11, no30, , p.5 (lire en ligne)
(en) «Special Telegrams (Specially Reported for the Montreal Herald.): Lastest from Toronto», Montreal herald and daily commercial gazette, Montréal, Canada, Robert Weir,[183-]-1885, vol.59, no111, , p.1 (lire en ligne)
(en) «Improvements: Drug store on St. Lawrence Street», Canadian illustrated news, Geo. E. Desbarats, vol.4, no12, , p.7 (lire en ligne)
«L'Exposition Universelle: Liste des récompenses décernées par le Jury international de l'Exposition Universelle de Paris aux Exposants Canadiens», L'Ordre: union catholique, Plinguet & Laplante, vol.9, no95, , p.2
(en) «Montreal's Buildings: The mansion of Mr. Geo. Stephen, President of the Canadian Pacific Railway», Montreal weekly witness commercial review and family news paper, vol.38, no11, , p.1 (lire en ligne)