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| Décès | |
| Surnom |
Iacobi Bessoni |
| Nationalité |
français |
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Jacques Besson (né vers 1530 à Colombières et mort en 1572 à Paris) est un mathématicien, ingénieur et écrivain technique français. Ce calviniste dauphinois qui enseignait les mathématiques, appliquait son savoir géométrique pour trouver des solutions efficaces à la conception et à l'amélioration de machines diverses, comme des appareils à distiller, tours, machines à élever l'eau, moulins, grues et treuils. Il publia le premier « théâtre de machines », livre imprimé, illustré de nombreuses figures de machines.
La vie de Jacques Besson, assez mouvementée, est assez mal connue. Il se dit lui-même, dans son premier écrit, Dauphinois français. Il serait né à Colombières, vallée d'Oulx, aujourd'hui en Italie, un peu à l'est de Briançon dans les années 1530. À l'époque le Dauphiné de Viennois était un État féodal du Saint-Empire romain germanique, qui fut rattaché à la France en 1349. Il était de religion protestante dans une période de virulents conflits religieux.
La première mention historique de sa personne date de 1557 et fait référence à l’installation de pompes pour les fontaines publiques de la ville de Lausanne. Comme Galilée, il aurait été fontainier.
Après Lausanne, il paraît séjourner à Zurich en 1559. Il est possible qu'il soit allé en Suisse pour fuir la politique sévère à l'égard de la réforme protestante menée par le roi de France, Henri II.
Il connait le polygraphe Conrad Gesner et ses travaux majeurs sur la distillation. Il publie d'ailleurs dans un volume commun avec Gesner, De absoluta ratione extrahendi olea, e aquas e medicamentis simplicibus à Zurich, ouvrage dans lesquels il décrit la façon de construire des fourneaux et des alambics pour distiller des « eaux » et « huiles » médicinales et des gommes.
La même année, il déménage à Genève, y est marié par Jean Calvin et demande à y résider, exerçant alors comme professeur de mathématique. Aussitôt reçu bourgeois de Genève en 1561, il obtient son congé du Conseil « pour se pouvoir retirer en France où il est appelé pour servir au ministère de la Parole de Dieu ».

En 1562 il devint pasteur de l’Église protestante réformée en France à Villeneuve-de-Berg (en Ardèche), communauté à laquelle appartenait Olivier de Serres qui avait été chargé de se rendre à Genève pour chercher un « fidelle ministre pour les enseigner en la parolle de Dieu ». Il est logé et nourri par Olivier de Serres, jusqu'en 1564, période qui correspond à la mise en valeur du domaine de ce dernier, auteur d'un Théâtre d'Agriculture au début du XVIIe siècle. Mais deux ans plus tard, la rupture est consommée avec l'agronome protestant: « Ils se sont fâchés de mon incapacité, et mêmement de ce que je tenais un peu la bride trop courte à leur chair », écrit Besson.
En 1564-1565, alors qu'Olivier de Serres lui retire son soutien il quitte la ville, affamé pour venir à Lyon, où il utilise vraisemblablement ses talents de distillateur en pharmacopée. Après six mois, il part pour Orléans, ville où le parrain de sa fille François Beraud est professeur de grec. Il enseigne alors les mathématiques sur la place publique. Il écrit son second livre, Le Cosmolabe, édité à Paris en 1567. Dédié à la reine, ce livre est une réponse à un plagiat, un de ses élèves ayant publié un an plus tôt son propre Cosmolabe. Cet ouvrage, qui présente la description d’un instrument destiné à la navigation, la cartographie et l’astronomie, contient une liste d’inventions qu’il souhaite pouvoir décrire dans un prochain ouvrage.
À partir de 1569, il est installé à Montargis, où il reçoit la protection de Renée de France, duchesse de Ferrare et protestante. Il fait aussi de fréquents séjours à Paris, où il loge chez l'apothicaire Lo. C'est l'époque de la troisième guerre entre catholiques et protestants de 1568 à 1570, qui voit la défaite des protestants à Jarnac et l'assassinat de leur chef, le prince de Condé en 1569. À Montargis, il entre en contact avec le célèbre graveur et architecte Jacques Androuet du Cerceau. Il fait sans doute plusieurs allers-retours entre Paris et Montargis.
Il donne les premières descriptions des tours irréguliers (avec les premières représentations d’engrenages irréguliers), après les dessins probablement sans suite de Léonard de Vinci. L’occasion lui fut donnée de présenter son travail à Charles IX lorsque celui-ci vint à Orléans en 1569, ce qui lui permit de l’accompagner à Paris avec le titre de Maître des machines du roi.
Besson obtient le soutien financier du roi pour mener à bien le projet qu'il avait de décrire plusieurs machines de son invention. Son objectif est d'obtenir des commandes royales et de se placer sous la protection du souverain.
Une première version manuscrite de son travail, peut-être de 1569 est connue, mais c'est vraisemblablement un exemplaire d'une version imprimée, parue peu après sous le titre de Livre premier des instruments mathématiques et mechaniques que Besson donne au roi le en échange 560 livres tournois, une somme importante. Le manuscrit intitulé Livre de la plupart des Instrumens et machines / Inventées par Jaques Besson Dauphinois;... est conçue comme une œuvre unique qui n'appelle pas de suite alors que le livre imprimé, intitulé Livre premier..., appelle manifestement d'autres tomes. Enfin le manuscrit n'est qu'en français quand l'imprimé est bilingue. Il semble que cet ouvrage ait été publié dans l’urgence, sans doute du fait des troubles liés aux guerres de Religion.
Œuvre de sa vie, il ne profitera sans doute pas beaucoup de l'avantage que lui apporte la publication, puisqu'il meurt entre 1572 et 1573, peut-être lors du massacre de la Saint-Barthélemy en . Sa femme rentre à Lausanne, puis de là gagne Genève où elle fait réimprimer l'ouvrage de son mari par Jean de Laon, avec le soutien financier de Claude Juge et l'appui financier de François Beroad en 1578. De nombreuses autres éditions et traductions paraitront jusqu'en 1602, chez divers libraires genevois.


Les traités de distillation de la Renaissance sont :