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Jamyang Kyi (tibétain : འཇམ་དབྱངས་སྐྱིད་, Wylie : ´jam dbyangs skyid) est une chanteuse tibétaine de nationalité chinoise, née en 1965 dans la province du Qinghai (l'Amdo pour les Tibétains). Célèbre en tant que chanteuse, elle est aussi écrivaine, journaliste, présentatrice de la chaîne Qinghai Télévision et féministe.
En avril 2008, elle est arrêtée et détenue sans motif officiel, peut-être dans le cadre d'une série d'interrogatoires visant des Tibétains ayant voyagé à l'étranger avant les troubles au Tibet en 2008. Libérée à la suite d'une mobilisation médiatique, elle est placée sous surveillance pendant plusieurs années.
Jamyang Kyi est née au Qinghai, province qui se trouve au nord-est de la région autonome du Tibet et abrite plusieurs ethnies, dont des Tibétains. Elle est issue d'une famille rurale tibétaine de la préfecture autonome tibétaine de Tsolho (Hainan).
Elle habite la ville de Xining. Mariée à Lhamo Kyab (tibétain : ལྷ་མོ་སྐྱབས, Wylie : lha mo skyabs), elle a (en 2008) deux filles, l’une âgée de 17 ans, qui suit sa scolarité à Pékin, et la plus jeune, 5 ans, qui vit à Xining.
Chanteuse d'expression tibétaine, elle compose elle-même les chansons qu’elle interprète. Depuis les années 1990, elle a enregistré plusieurs albums dont Prière, Karma et Amant lointain. Elle est très prisée au Tibet depuis la sortie de son album Message du cœur en 1997. La musique de Jamyang Kyi est influencée par la musique folklorique moderne et traditionnelle des différentes régions du Tibet.
Jamyang Kyi est aussi journaliste de télévision et écrivaine. Elle a présenté des programmes en tibétain de la chaîne Qinghai Télévision pendant plus de 20 ans. Depuis 2005, elle a composé des essais sur le sort des femmes tibétaines. Au nombre de ses articles publiés figure un article sur le trafic de jeunes filles (Qinghai Daily (Les Nouvelles du Qinghai), édition en langue tibétaine, 11/30/05) et le statut des femmes dans la société tibétaine. Elle a décrit notamment l’existence de mariages forcés. Elle a aussi publié des articles sur l'éducation et les relations inter-ethniques.
Après son voyage aux États-Unis en 2006, elle s’est aussi intéressée à la protection de la culture et à l'égalité entre hommes et femmes, et a publié des textes sur ces sujets sur son blog. Pour la journaliste Ursula Gauthier, « Elle ne conteste pas l’appartenance du Tibet à la Chine, son combat est féministe ». Elle a écrit un livre en tibétain sur le sort des femmes et la préservation de la culture tibétaine, Heurs et malheurs des femmes – Neige et pluie mêlées, qui aurait dû paraître en 2007 aux Éditions des nationalités du Gansu. Féministe, on peut supposer qu’elle a été influencée par la lecture du livre Le Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir, traduit en chinois,.
Dans le contexte des troubles au Tibet en 2008, Jamyang Kyi a été arrêtée le par la police chinoise sur son lieu de travail, à la chaîne d'État Qinghai Television,, ce qui laisse penser que la répression menée par le gouvernement chinois à la suite des troubles survenus au Tibet et dans les régions avoisinantes s'est poursuivie.
Le Centre culturel tibétain Khawa Karpo, une association tibétaine en exil en Inde, a confirmé son arrestation.
Selon Radio Free Asia, Jamyang Kyi pourrait avoir été interrogée sur un voyage aux États-Unis en à New York, où elle s’est produite avec d’autres artistes tibétains. Des policiers se sont également présentés à son domicile pour y saisir des documents et son ordinateur.
Reporters sans frontières a lancé le un appel à l'Union européenne et demande la libération immédiate de Jamyang Kyi.
Libérée vers le sous caution en attente d'un procès, Jamyang Kyi est depuis sous la surveillance des autorités qui la harcèle, elle et sa famille.
Elle était accusée d'avoir envoyé des SMS à 17 de ses amis, dont Tsering Woeser, interceptés par les services secrets chinois et comportant des informations sur les troubles et les massacres de Tibétains à Ngaba en 2008. L'une des principales accusations portées contre Jamyang Kyi lors de ses interrogatoires concerne son amitié avec Woeser et son mari, Wang Lixiong.
Bien qu'elle ne fut pas condamnée, Jamyang Kyi, a été licenciée de son poste au service de télévision provincial du Qinghai. Elle livre le témoignage de sa détention et de ses interrogatoires dans un livre intitulé A Sequence of Tortures: A Diary of Interrogations, publié en 2010 à Dharamsala (Inde) par The Tibetan Women's Association.