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Jaak Nyssen (d) |
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Elza Nyssen-Vandenabeele (d) |
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Koen Nyssen (d) |
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Jan Nyssen (Fouron-Saint-Martin, 1957) est un professeur belge et géomorphologue. Depuis 2007 il travaille au Département de Géographie de l’Université de Gand.
Nyssen commence sa carrière atypique comme facteur (1977-1997) à la Grand Poste de Liège. En 1991, il suit en parallèle un programme universitaire en Géographie à l’Université de Liège, située en face. Il y obtient le diplôme de Licencié en Géographie en 1995, avec un mémoire concernant l’érosion des sols en Éthiopie. De 1998 à 2001 il entreprend une recherche doctorale à la KU Leuven, approfondissant le rôle des processus anthropiques et naturels contribuant à l’érosion des sols sur les Hauts-Plateaux Ethiopiens. Ses promoteurs sont les professeurs Jean Poesen, Seppe Deckers (tous deux à la KU Leuven), Jan Moeyersons (Musée royal de l'Afrique centrale à Tervuren) et Mitiku Haile (Université de Mekele en Éthiopie). Ensuite, il travaille plusieurs années dans des projets de coopération universitaire en Éthiopie. Depuis 2007 il est chargé de cours au Département de Géographie de l’Université de Gand en Belgique; en 2014 il devient Professeur et en 2022 Professeur ordinaire.
Ses recherches contribuent à l’identification et la quantification des changements dans le système couplé « humains – environnement » - focalisant sur les processus de pente, l’hydrogéomorphologie, la dégradation des terres et la conservation des sols. La plus grande partie de ses recherches on lieu en Éthiopie.
À travers de nombreuses études détaillées, Nyssen démontre que le haut taux d’érosion des sols en Éthiopie est dû à la combinaison de pluies érosives, fortes pentes (à la suite d'un soulèvement tectonique rapide lors du Pliocène et du Pléistocène), une déforestation ancienne, le surpâturage, un système agraire ou l’openfield domine, et les séquelles de la pauvreté induite par le système féodal. Il démontre aussi comment l’effort substantiel pour la conservation des sols dans cette partie du monde a mené à un renversement de tendance.
«Nos recherches en Éthiopie démontrent qu’il est possible qu’une telle sécheresse se reproduise, mais cela ne mènera pas à une famine comme en 1984. Les Ethiopiens ont été très actifs ces dernières décennies et ont reboisé les collines et conservé les sols; nous avons pu démontrer que cette terre pourra maintenant beaucoup mieux résister aux sécheresses».
En utilisant la re-photographie, Jan Nyssen lie en effet les changements dans les paysages éthiopiens à la dégradation et la résilience des terres.
Il se base largement sur les connaissances indigènes: “Les Ethiopiens travaillent les mêmes terres et les mêmes collines depuis des siècles, depuis déjà cinq cents avant notre ère. Ils connaissent parfaitement leurs sols et savent quand les pluies viennent et ce qu’il faut planter en cas de pluies tardives”. Au fil des ans, il vit les nombreux changements dans les conditions de vie : “Lorsque je venais pour la première fois au Tigré, beaucoup de ménages ruraux ne prenaient que deux repas par jour : vers 10 heures du matin et 5 heures de l’après-midi. On ne voit plus cela maintenant. Le niveau de vie général s’est fortement amélioré”. Lorsqu’éclate le Conflit de 2020 au Tigré, il s’engage dès le début en faveur d’un cessez-le-feu et l’aide humanitaire pour le Tigré,.
Les recherches que Nyssen mène en Belgique concernent également les conséquences des activités humaines sur les processus géomorphologiques : la réintroduction du castor, les terrils de l’activité minière, et les « rideaux » ou talus de culture résultant de l’agriculture dans sa région natale, le Pays de Herve, par analogie avec les terrasses traditionnelles actuelles en Éthiopie. Les barrages de castors attirent son attention car ils contribuent à la conservation de l’eau à l’amont des rivières. Il analyse notamment l’effet de ces barrages sur les débits du Ruisseau de Chevral, un affluent de l’Ourthe orientale. La recherche confirme que de tels barrages ont un effet tampon sur les débits ; plus particulièrement on mesure des débits de pointe moindres en aval des barrages. La fréquence des débits d’inondation dans le bassin de l’Ourthe est passé de trois ou quatre années avant la réintroduction des castors (vers l’an 2000) à cinq ou six années en 2012.
Nyssen est titulaire des cours de Géomorphologie, Hydrologie, Topoclimatologie, en Géomorphologie régionale à l’Université de Gand. Il est promoteur de dizaines de thèses de master et doctorat, principalement à UGent, KULeuven, et les universités de Mekele et Bahir Dar et Éthiopie.


2020
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2002
2001
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Nyssen a également contribué comme co-auteur à beaucoup de publications – voir la bibliographie académique sur le site de l’Université de Gand
Son intérêt pour la Géographie "était principalement motivé par la volonté de contribuer à résoudre les problèmes du développement inégal dans le monde. Nos recherches actuelles portent sur la dégradation et la remise en état des sols. Par exemple, en Éthiopie, nous avons suivi comment de vastes étendues de terres pouvaient être restaurées grâce aux activités de conservation par des millions d’agriculteurs. Avec nos collègues, nous soutenons également des projets de reboisement qui permettent de stocker 10 000 tonnes de carbone supplémentaires par an.
Il tient particulièrement compte des conséquences du réchauffement climatique pour les habitants des pays en développement, comme l’Éthiopie: “Il y pleut certainement plus et cela plaît beaucoup au paysan moyen. Mais nous n’y sommes pas encore. Les pluies ne sont pas bien réparties sur l’année; la majeure part tombe en deux mois, juillet et août. S’il pleut plus pendant ces mois-là, il y a des inondations catastrophiques.”
Nyssen cadre la problématique du réchauffement de la Terre également dans un contexte social: "Je vois beaucoup de consommation d’énergie inutile qui est stimulée par les autorités (les nombreuses voitures de société non taxées, les subventions pour le carburant ou les plans d’expansion des aéroports). Enfin, on a l’impression que le lobby du Pétrole est si fort – pouvons-nous avoir un impact du tout ? (…) La société devrait passer d’une croissance basée sur les combustibles fossiles à une décroissance verte socialement adaptée, ce qui est possible si l’économie n’a pas besoin de soutenir la cupidité des entreprises".
Dans les villages d’Éthiopie, où il réside plusieurs semaines par année, il soutient les habitants, notamment par des projets pour l’eau et l'assainissement, ainsi que le stockage de carbone dans les sols. Tout ceci a également résulté en un livre dans la langue locale, le Tigrinya.
Les liens avec le réchauffement climatique et la situation dans son propre pays ne sont pas loin; en 2019, Nyssen soulignait dans un message vidéo dans le cadre de la campagne “We Change for Life” que les habitants de neuf petits villages en Éthiopie, participants à leurs projets, réussissaient à séquestrer la moitié de la masse de carbone comparé à ce que l’entière Région flamande de Belgique séquestrait dans le cadre de l'Accord de Paris sur le climat (à peine 2,5% de objectifs).
Nyssen s'engage également en faveur de la mobilité douce dans la région de Vottem, Herstal et Liège.
Lors de la Guerre du Tigré en Ethiopie en 2020-2021, Nyssen a dénoncé la famine et autres souffrances civiles extrèmes, notamment les massacres dans sa ville d'adoption Hagere Selam par les armées éthiopienne et érythréenne,,.