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Jean Gigoux, né Jean François Gigoux le à Besançon et mort à Paris le , est un peintre, dessinateur, lithographe, illustrateur et collectionneur d'art français.
Jean Gigoux est né dans une maison située au n°2 de l'actuelle place Jean Gigoux à Besançon. Son père, Claude Étienne Gigoux (parfois orthographié Gigout) est maréchal-ferrant. Originaire de Seveux (Haute-Saône), il a épousé à Besançon le 20 frimaire de l'an V () Jeanne Françoise Lamarche, elle aussi originaire de Haute-Saône. Trois filles naissent de leur union avant la naissance de Jean et de sa sœur jumelle Élise, le . Jean Gigoux étudie à l'École des beaux-arts de Besançon, puis à l'École des beaux-arts de Paris en 1828.
En 1833, il collabore au Magasin pittoresque. En 1835, il illustre de 850 gravures sur bois le Gil Blas de Lesage, ce qui lui vaut une grande notoriété.
Il est nommé chevalier de la Légion d'honneur le , puis est promu officier le .
Il publie en 1885 une série de Causeries sur les artistes de son temps.
Octave Mirbeau, dans La mort de Balzac, prête à Gigoux, selon ses propres confidences, une liaison avec Éveline Hanska durant l'agonie de Balzac.
Il vécut avec la comtesse Hańska, la veuve d'Honoré de Balzac.

À sa mort en 1894, il lègue plus de 3 000 dessins et 460 tableaux des écoles espagnole, nordique, allemande et anglaise au musée des Beaux-Arts et d'Archéologie de Besançon, dont il devint ainsi l'un des quatre principaux donateurs. Parmi les peintures se trouvent Le Christ par Filippino Lippi, L'Ivresse de Noé par Giovanni Bellini, un Portrait d'homme par Titien, Voyageurs dans une forêt par Dosso Dossi, un Portrait de femme par Dirck Jacobsz, La Nymphe à la source par Lucas Cranach l'Ancien, Anges portant les instruments de la Passion par Simon Vouet, Le Ravissement de sainte Madeleine par le même, Deux Jeunes Phoques sur un rivage par Paul de Vos, Saint Roch par Giambattista Tiepolo, Cannibales contemplant des restes humains et Cannibales préparant leurs victimes par Francisco de Goya, le Portrait de Jean-Baptiste Desdéban par Jean-Auguste-Dominique Ingres, Portrait d'homme en Oriental par Théodore Géricault, Jeune Fille dans une vasque par Paul Delaroche. Les catalogues de la collection et des œuvres de Gigoux ont été publiés l'année suivant sa mort par Alexandre Estignard. Une tombe-monument lui est consacrée au cimetière des Champs Bruley de Besançon.
Une exposition lui a été consacrée au musée des Beaux-Arts de Rouen en 2007-2008.

Jean Gigoux reçoit en 1838 la commande des décors de la chapelle Sainte-Geneviève dans l'église Saint-Germain l'Auxerrois à Paris. La commande lui est passée par le ministère de l'Intérieur le 9 juillet 1838 pour la somme de quatorze mille francs.
La chapelle se situe dans le bas-côté gauche de l'édifice. Elle présente un espace assez simple, composé de trois pans de murs éclairés par un large vitrail central. Les deux parois latérales sont ornées de toiles de forme ogivale mesurant cinq mètres de hauteur sur trois mètres de largeur. La partie inférieure est garnie de motifs quadrilobés et de médaillons. Sous le vitrail sont figurés les portraits de sainte Geneviève (à droite) et saint Germain (à gauche). Sur la paroi de droite est représenté Saint-Germain évêque d’Auxerre passant à Nanterre et consacrant sainte Geneviève à Dieu. En dessous du tableau monumental, deux médaillons quadrilobés illustrent des épisodes de la vie de la Sainte, à savoir : Sainte Geneviève rendant visite aux prisonniers et Sainte Geneviève priée par les parisiens devant sa chasse. L’épisode de la visite aux prisonniers renvoie à un épisode survenu entre la sainte et le roi Childéric, fondateur supposé de Saint-Germain-l’Auxerrois.
Sur la paroi opposée, Jean Gigoux représente Sainte-Geneviève soutenant le courage des habitants de Paris. Dans les médaillons inférieurs sont représentées Sainte-Geneviève gardant ses moutons et Sainte Geneviève rendant la vue à sa mère.
Jean Gigoux réalise les deux scènes principales à l'huile sur toile et le reste des décors muraux à la peinture à la cire. Le décor de Saint-Germain-l’Auxerrois est la première commande que le peintre reçoit pour une église parisienne, mais aussi sa première commande de décor monumental. On ne conserve de son travail que quelques esquisses dont une de format carré de la consécration de la sainte, conservée dans une collection privée bisontine, et une aquarelle conservée au musée des Beaux-Arts de Rouen.
Les peintures sont des objets mobiliers classés au titre des Monuments historiques en 1905.


