| Centre de recherches historiques sur les sociétés méditerranéennes (d) | |
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Jean-Marcel Goger, né le à Nancy (Meurthe-et-Moselle) est un historien et universitaire français. Professeur honoraire à l’UPVD, Université de Perpignan, il est historien en histoire économique des époques contemporaine et moderne, spécialiste de l’histoire des routes à l’époque moderne.
Certains de ses travaux sont disponibles sous forme de présentations ou de podcasts sur la chaîne Youtube https://www.youtube.com/@JMG-histoire.
Après un baccalauréat au lycée Montesquieu du Mans et une khâgne au lycée Lakanal, Jean-Marcel Goger devient élève de l'École normale supérieure de Saint-Cloud - où il partage une année la chambre ("thurne") de Lionel Zinsou - de 1973 à 1977. Agrégé d'histoire en 1977, au 29e rang du concours, il est également Docteur ès lettres (Paris, École des hautes études en sciences sociales, 1988).
Son jury de thèse était composé des personnes suivantes :
Professeur honoraire à l’UPVD, Université de Perpignan-Via Domitia, il y a enseigné l’histoire contemporaine, mais aussi, accessoirement, celle de l’époque moderne. De 1999 à 2005, il reçoit la direction du CHRISM, Centre de Recherches sur l’Histoire des Sociétés Méditerranéennes (EA 2984). Jean-Marcel Goger contribue à y fonder la revue Domitia», dont 13 numéros papier paraissent de 1999 à 2014. Il est l’auteur en 1988 d’une thèse d’État de 2 504p. en 6 volumes, sur « La politique routière en France de 1716 à 1815 », une recherche dirigée par le Professeur Jean-Claude Perrot, et soutenue à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS) de Paris en 1988. Cette thèse est citée notamment dans le rapport "Pour un guide de l'histoire de l'administration de l'équipement", par Antoine Picon et Georges Ribeill, paru à l'École Nationale des Ponts et Chaussées, dans les travaux de Stéphane Blond dans ses travaux sur l'atlas des routes royales de Trudaine. Les travaux de Jean-Marcel Goger participent à la améliorer les connaissances portant sur le Réseau routier de la France au XVIIIe siècle et au XIXe siècle.
Dès 1985, Jean-Marcel Goger produit une communication au Séminaire de l'Institut Français d'Architecture, à Paris: « La constitution des grands réseaux: la route et ses enjeux de 1750 à 1850 ". Jean-Marcel Goger met en œuvre en cette même année 1985 un dossier cartographique pour dépeindre l'état de la voirie entre 1789 et 1815 et apprécier l'effet des changements multiples de politiques économiques sur le degré d'avancement du réseau.
En 1990, s’appuyant sur les exemples offerts par les départements de l’Aisne et de la Sarthe, Jean-Marcel Goger montre que, vers 1812-1815, la route française ne correspondait pas encore à la logique économique et qu’elle était « empiriquement vouée à la stratégie ».
En 1992, en association avec Bruno Georges & François Touzet, il publie un livre de 256 p. sur « La Compagnie des Landes, deux siècles d’aménagement d’une région, 19è & 20è siècles », un ouvrage dont il rédige le texte pour la Mission des Travaux Historiques de la Caisse des dépôts et consignations (CDC), où il exerce comme consultant historique de 1989 à 1991. L’ouvrage est publié à Luçon, aux Editions P.A.U.
En 1998, Jean-Marcel Goger parle du « grand chantier vicinal » dans la France du XIXe siècle et rappelle qu'en 1900 le réseau routier français est le plus dense du monde (par rapport à 1789, le poids relatif des routes royales-nationales dans l'ensemble du réseau est passé de 62% à 5,4%, celui des routes départementales de 38% à 4,3%). Ce réseau routiers local a pour mission essentielle d'assurer la continuité avec le rail (dont le réseau est fort de 36 000 km en 1900) qui a modifié la nature des flux routiers d'échelon supérieur. Malgré tout, Jean-Marcel Goger souligne qu'il ne saurait être question de se laisser aller à un enthousiasme excessif, car le réseau « demeure friable » : « En 1900, les nationales achevées absorbent toujours de grosses dépenses d'entretien ; en 1840, incapables d'absorber le flux croissant des diligences et fourgons, elles ont précipité l'urgence du programme ferroviaire ; un temps soulagée par les trains, la route française est ramenée vers l'infirmité technique par l'automobilisme ».
En 2006, en collaboration avec Nicolas Marty, il publie aux PUP, Presses Universitaires de l’Université de Perpignan, un livre de 422 p, « Cadres de vie, équipement, santé dans les sociétés méditerranéennes », dont il rédige la préface et 36 p de résumé final. L’ouvrage correspond aux Actes du colloque qu’il a organisé au CRHISM sur ce thème en , avec 20 contributeurs, dont lui-même.
À travers ses travaux, il développe une problématique sur l’enjeu des réseaux d’équipement, sans cesse tiraillés entre la demande des usagers et les programmes d’aménagement. Il s’intéresse entre autres aux effets sociaux des constructions liées aux relations, sans négliger leurs effets sur le développement durable. Au cours de sa carrière universitaire, il a fait soutenir sous sa direction 9 thèses & 117 mémoires de Maîtrise/Master 1 ou DEA/Master 2, dont la thèse de Nicolas Lebourg.
Le site Worldcat répertorie 88 travaux au sein de 113 publications, ainsi que 272 entrées dans des bibliothèques, pour les travaux de Jean-Marcel Goger.
Le , Jean-Marcel Goger publie aux Editions Honoré Champion son ouvrage "La politique routière en France de 1716 à 1815 - Dans le cadre des frontières actuelles " en compagnie de Martial Goger, ingénieur des travaux publics diplômé de l'ESTP et de l'ESSEC, et préfacé par Antoine Picon. Le Corps des Ponts-et-Chaussées, créé en 1716, était chargé du développement des routes dans l'intérêt du commerce. La réduction sous Louis XVI du coût des corvées et des expropriations et désormais la densité croissante du réseau facilitaient les approvisionnements dans tout le territoire. Une gestion centralisée autoritaire revint avec les guerres révolutionnaires. Pendant les années stables de l'Empire, les Ponts et chaussées purent reprendre les constructions d'ouvrages et lancer une politique durable d'extension des tracés. Ce tableau d'un siècle déterminant de l'institution des Ponts-et- Chaussées est la thèse d'État inédite de Jean-Marcel Goger. Elle constitue une contribution majeure à l'histoire de l'économie marchande, des relations sociales et des niveaux de vie des populations, qui sont tous soumis aux conditions de transport et de quadrillage du territoire. C'est aussi l'étude particulière du corps des ingénieurs, instance scientifique, élite spécifique, qui se trouvait investi de la maitrise de l'espace d'un pays. Le lecteur y reconnaîtra le rôle essentiel dans la structure de l'État de ces ingénieurs, experts de l'environnement géographique et responsables de son usage au service de la collectivité.
Les 9 thèses et 116 mémoires que Jean-Marcel Goger a dirigés abordent des thèmes catalans, audois et héraultais, pour ce qui concerne les 19 et 20e siècles: l'émigration vers les Amériques ou le Proche-Orient, les Catalans et Audois lors des trois guerres franco-allemandes, le camp du Barcarès, la Résistance autour du Canigou, la Libération de Perpignan par les FFI et les parachutés pradois du BCRA, les dispositifs de santé et d'assistance (contre les épidémies, pour recueillir les enfants abandonnés ou soigner les blessés de 14-18), la défense passive avant 1939, l'économie régionale, dont la viticulture, l'histoire des transports , l'étude de plusieurs personnalités politiques, la vie et le travail à Perpignan, la surveillance de la frontière, la gendarmerie, la présence de l'armée, la marine et la pêche, l'éducation, les stations de ski, le patrimoine religieux et maritime (thèse d'Émilie Gaborit-Sureau sur ce dernier aspect). D'autres mémoires se sont intéressés aux histoires espagnole et italienne, vues par la presse locale : l'Espagne a eu la primauté, de l'incursion napoléonienne à la Movida, en passant par l'opposition à Primo de Rivera, la Guerre civile, la Retirada et le franquisme. Il convient toutefois de remarquer la belle thèse de Sébastien Louis sur les Ultras du football italien. Plusieurs mémoires se sont consacrés à l'histoire régionale de l'extrême-droite, dans le sillage de la thèse de Nicolas Lebourg sur cet axe : Robert Brasillach étant né à Perpignan en 1909, l'Action française y a laissé des traces qui ont intrigué les étudiants (journal "Le Roussillon" entre autres).
L'histoire du Maroc et de ses migrations, a donné lieu à de nombreuses études, menées par des étudiants d'origine marocaine, dans le sillage cette fois de la thèse d'Elkbir Atouf sur l'immigration marocaine en France. Des mémoires ont concerné l'Afrique occidentale, dans l'axe tracé par Hassane Hamadou sur la démocratisation au Niger. Quelques mémoires ont concerné l'Algérie coloniale ou indépendante : entre les deux, l'arrivée des Rapatriés à Port-Vendres n'a pas été oubliée. Des mémoires ont étudié divers secteurs de la France d'Outre-Mer avant la décolonisation ou la départementalisation, des Comores ou de Mayotte jusqu'aux Antilles : ici, c'est la question de l'esclavage qui a motivé les recherches. Les mémoires sur l'Histoire des États-Unis ont été nombreux, à la suite d'un cours de licence consacré à ce thème. Le libéralisme brésilien a été analysé par une étudiante du professeur Chacon, (Université de Brasilia), invité par Jean-Marcel Goger en 2005. Enfin, de nombreuses études ont été menées par des étudiants chinois sur le passé de leur pays, en axant surtout sur les ouvertures vers les États-Unis, très à la mode à la fin de la dynastie Qing, ou avant l'exil de Tchang Kaï-chek à Taïwan. Au total, des recherches qui ont produit trois enseignants chercheurs: Nicolas Lebourg Maître de Conférence à Sciences-Po St Germain-en-Laye; Elkbir Atouf, professeur à l'Université d'Agadir; et Hassane Hamadou, sociologue chez Plan international, en lien avec l'Université Abdou-Moumouni de Niamey (Niger).
À partir de la rentrée 1999, Jean-Marcel Goger succède à Aline Rousselle à la direction du Centre de Recherches Historiques sur les Sociétés Méditerranéennes (CRHiSM, EA 2984) de l'université de Perpignan-Via Domitia (UPVD).
Sous son égide et avec le concours d'Aymat Catafau, il fonde en 2000 la revue scientifique universitaire Domitia, dont il assure la direction de publication dès le premier numéro en octobre 2001. Conçue comme un lieu de rencontre transfrontalier et un incubateur pour les jeunes chercheurs, la revue explore le « fait méditerranéen » au sens large (Europe méridionale, Proche-Orient, Maghreb, Amériques latines). Durant son cycle d'édition imprimée (2001-2014), la revue compte 13 numéros (dont un double) et 2 100 pages, publiant 93 articles scientifiques et permettant à 35 étudiants et doctorants de signer leur première publication académique, avant l'intégration du laboratoire au sein du CRESEM.
Au cours de sa carrière à l'université de Perpignan, Jean-Marcel Goger a dirigé (ou co-dirigé) dix thèses de doctorat en histoire contemporaine, portant sur l'histoire sociale, politique, économique et les migrations :
Parallèlement aux thèses de doctorat, Jean-Marcel Goger a encadré plusieurs dizaines de mémoires de maîtrise, de DEA et de master (Master 1 et Master 2) soutenus à l'université de Perpignan entre 2000 et 2007. Ces travaux s'articulent autour de cinq axes majeurs :
Jean-Marcel Goger a publié les ouvrages suivant :