Jean-Marie Fonlupt

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Jean-Marie Fonlupt
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 50 ans)
FournolsVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Autres informations
Distinctions

Jean-Marie Fonlupt est un officier supérieur et résistant français, exécuté sommairement par les Allemands à Fournols, le .

Croix de guerre lors des deux guerres mondiales et officier de la Légion d'honneur, il est l'un des militaires les plus haut gradés morts au sein de la Résistance auvergnate.

Biographie

Jean-Marie Fonlupt est né le à Fournols. Fils de Jean Fonlupt et de Marguerite Genestier, il se marie avec Antoinette Visse.

Avec le 16e Régiment d'Infanterie, il participe aux combats de la Première Guerre mondiale, à l'issue de laquelle il accède au grade de sous-lieutenant. Ses actions d'éclat au cours du conflit lui valent d'être décoré de la Croix de guerre et d'être nommé chevalier de la Légion d'honneur le , à 28 ans seulement.

Au lendemain de la guerre, le jeune sous-lieutenant épouse la carrière militaire. En tant qu'officier, il participe notamment, en 1925, à l'intervention française en Syrie et au Liban. En 1936, alors capitaine au 38e Régiment d'Infanterie de Saint-Étienne, il est promu au grade d'officier de la Légion d'honneur. Ainsi Jean-Marie Fonlupt est-il déjà, au commencement de la Seconde Guerre mondiale, un officier expérimenté.

En mai et , faisant face à l'inéluctable avancée allemande, le commandant Fonlupt reçoit plusieurs citations en récompense de son commandement vigoureux (dans le secteur de la Meuse notamment). Tombé aux mains de l'ennemi en , il est ensuite relâché, et se voit confier le commandement de la place d'armes de Lapalisse. Il quitte toutefois son poste au sein de l'armée de Vichy en 1942, car ses discrètes manœuvres anti-allemandes (dissimulation d'armes ou de biens) commençaient à être suspectées.

En , le commandant Fonlupt, 11 fois cité, rejoint le Comité de Résistance de son village natal, Fournols. Là, l'officier de carrière met son expérience au service de la Résistance, en assurant la formation des jeunes hommes désireux de combattre, et en participant à des opérations dans le secteur du Livradois.

À partir d', il intègre les FFI, et tente de faire venir à lui les sous-officiers et les officiers d'active ayant continué de servir dans l'armée de Vichy. Durant le mois de , en réponse à l'appel du colonel Gaspard, Jean-Marie Fonlupt est chargé d'organiser le départ d'une colonne de résistants vers les maquis du Cantal.

Le rendez-vous est fixé au . Trois camions doivent passer prendre les résistants de Fournols pour les amener au Chambon-sur-Dolore, d'où ils rejoindront les résistants venus d'Ambert. Le départ connaît cependant un contretemps, et les maquisards préfèrent s'égayer en l'attendant. Or, le à 4h30 du matin, un détachement de trois camions allemands venus d'Issoire, certainement avertis du projet des résistants, s'arrête à Fournols et occupe les carrefours.

Le commandant Fonlupt, inquiet par la tournure que prennent les événements, décide de sortir et d'aller avertir ses hommes. Alors qu'il croise deux individus au niveau de la boulangerie, il les confond avec des jeunes réfractaires, et leur conseille de rentrer chez eux en raison de l'arrivée des Allemands. Il vient en fait de s'adresser à deux sentinelles allemandes. Sommé de s'expliquer, le commandant Fonlupt n'a d'autre choix que de prétexter devoir se rendre à l'école récupérer des enfants. C'est alors qu'il tente de prendre la fuite, mais, trébuchant dans la pénombre, il est rattrapé et abattu par trois coups de feu, avant qu'une grenade ne déchiquette son corps.

Après avoir identifié la victime, les Allemands se rendent le lendemain matin pour interroger sa femme. Cette dernière, ne pouvant nier l'évidence, est déportée en Allemagne, à Belzig, où elle mourra deux jours avant la libération de son camp. Antoinette Fonlupt, née Visse, recevra la médaille de la Résistance au même titre que son mari, reconnu mort pour la France.

Hommages

Une stèle a été érigée à Fournols en l'honneur du commandant Fonlupt et de son épouse. Elle fait l'objet de commémorations régulières.

En 2021, la municipalité de Fournols a financé la restauration de la stèle.

Références

  1. 1 2 3 4 5 6 Eric Panthou, « FONLUPT Jean, Marie », dans Le Maitron, Maitron/Editions de l'Atelier, (lire en ligne)
  2. ↑ « 6 E 2099 - N. ; M. 1893-1898. - 1893-1902 - Archives départementales du Puy-de-Dôme », sur Archives départementales du Puy-de-Dôme (consulté le )
  3. 1 2 « Recherche - Base de données Léonore », sur leonore.archives-nationales.culture.gouv.fr (consulté le )
  4. ↑ « FONLUPT Jean, Marie - Maitron », sur fusilles-40-44.maitron.fr (consulté le )
  5. ↑ SHD Vincennes. GR 16 P 227380, dossier Jean Fonlupt
  6. ↑ « Accueil - Mémoire des hommes », sur www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr (consulté le )
  7. ↑ Centre France, « Mémoire - Le monument à la mémoire du commandant Fonlupt rénové à Fournols (Puy-de-Dôme) », sur www.lamontagne.fr, (consulté le )

Voir aussi

Bibliographie

Liens externes