Jean Eladas

Jean Éladas ou Jean Helladas (en grec : Ἰωάννης ὁ Ἐλαδᾶς ; mort en 914) est un haut dignitaire de la cour byzantine et un régent du début du Xe siècle, au début du règne de Constantin VII Porphyrogénète.

Biographie

Sur son lit de mort après son règne bref, Alexandre concède le pouvoir à son jeune neveu Constantin, chronique de Skylitzès de Madrid.

Il est mentionné pour la première fois sous le règne de Léon VI le Sage (886-912), alors qu'il porte le titre de patrice et qu'il est chargé de collecter de l'argent dans les thèmes européens, peut-être en contrepartie d'une exemption du service militaire.

Sous Alexandre (912-913), frère et successeur de Léon VI, il porte la dignité de magistros, la plus élevée parmi celles qui ne sont pas réservées aux membres de la famille impériale. Il est toutefois possible qu'il l'ait reçue dès le règne de Léon VI. Il pourrait par conséquent être identifié au magistros anonyme qui, à la fin de l'année 912, transmet des lettres de l'empereur et du patriarche Nicolas Ier Mystikos au pape Anastase III à propos de la controverse de la tétragamie, soit le scandale qui éclate dans l'Eglise byzantine à propos du quatrième mariage de l'empereur Léon. Les historiens ne s'accordent toutefois pas sur l'identité de ce magistros, qui pourrait être Grégoire Ibéritzès par exemple.

Follis représentant l'impératrice-régente Zoé et son fils Constantin VII.

En juin 913, peu avant sa mort, Alexandre le désigne comme tuteur du jeune Constantin VII (913-959), fils mineur de Léon VI, et membre du conseil de régence. Celui-ci comprend également le patriarche Nicolas Mystikos, le magistros Étienne, le rhaiktor Jean Lazanes, un certain Euthyme, par ailleurs mal connu, ainsi que Basilitzès et Gabrielopoulos, deux hommes de confiance d'Alexandre,. Dans cette fonction, Éladas joue un rôle déterminant dans l'échec de la tentative de coup d'État du général Constantin Doukas. Il mobilise la garde du palais et fait armer les rameurs de la flotte impériale. Ses forces affrontent les partisans du rebelle à la porte de la Chalkè et, au cours des combats qui s'ensuivent, Constantin Doukas est tué.

En août 913, avec deux autres membres de la régence, le patriarche Nicolas Mystikos et le magistros Étienne, il reçoit les fils du tsar bulgare Siméon au palais des Blachernes. Éladas et Étienne commencent cependant rapidement à s'opposer à la prépondérance du patriarche au sein du conseil de régence. Cette opposition conduit, en mars 914, à l'éviction de Nicolas de la régence et à la prise en main de celle-ci par Zoé Carbonopsina, veuve de Léon VI. Sur les conseils d'Éladas, elle écarte du conseil de régence les hommes de confiance d'Alexandre, en particulier Basilitzès et Gabrielopoulos. Éladas tombe toutefois malade peu après et quitte le Grand Palais de Constantinople pour le palais des Blachernes, où il meurt,.

Dans un article de 2014, Anthony Kaldellis et Ilias Anagnostaskis ont émis l'hypothèse que Jean Eladas appartienne à une famille du Péloponnèse, du nom d'Helladikos ou Eladikos, un patronyme qui rattacherait l'activité de cette lignée au commerce de l'huile d'olive. Cette même famille serait l'objet d'un certain mépris de Constantin VII à son encontre, peut-être la trace d'un mauvais souvenir de l'empereur à l'égard de son ancien tuteur. Néanmoins, il ne peut s'agir que de suppositions.

Notes et références

  1. 1 2 3 4 5 6 PmbZ, Ioannes Eladas (#22909).
  2. ↑ PmbZ, Gregoras Iberitzes (#22328).
  3. ↑ Runciman 1988, p. 47–48.
  4. ↑ Garland 1999, p. 119-120.
  5. ↑ Runciman 1988, p. 51–52.
  6. ↑ (en) Ilias Anagnostakis et Anthony Kaldellis, « The Textual Sources for the Peloponnese, A.D. 582–959: Their Creative Engagement with Ancient Literature », Greek, Roman and Byzantine Studies, vol. 54, no 1,‎ , p. 133-134

Sources