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Jean-Marie François Revol |
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Jean Revol est un peintre, graveur, essayiste et écrivain français né à Lyon le , et mort le à Troyes.
C'est Jean Revol lui-même qui évoque son enfance: « Je n'ai pas oublié ces nuits de mon enfance où j'allais régulièrement entrouvrir les volets de ma chambre ». Lui savoir ce "besoin de nuit" initial permet d'entrer fondamentalement dans son œuvre "expressionniste dès l'origine", dans sa prédilection pour les paysages (la fenêtre au feu en 1964, l'Ile de la Cité en 1967, les buildings de West-Broadway à New-York en 1969) peints la nuit, habités de formes hantées, hallucinés.


Jean Revol commence à dessiner et à peindre en 1942 (Autoportraits) et à produire ses premiers écrits et critiques d'art en 1945.
Critique d’art à la NRF à partir de 1959 (il le restera jusqu'en 1988), il rencontre aussi bien Jacques Villon, Henri Matisse, Jean Dubuffet (qu'il rejoindra au sein de la Compagnie de l'Art brut), que Marc Chagall, Georges Braque, Yves Klein, ou encore Pablo Picasso, Salvador Dalí, et Max Ernst. Il rencontre également de grands noms de la littérature, en particulier André Gide, André Malraux et Jean Paulhan, et est l'ami du philosophe Gaston Bachelard qui le considère « vraiment » comme son fils spirituel et qui le définit ainsi : « c'est une poigne qui peint, c'est un artiste dont l'érudition est belle, le jugement remarquable ». Jean Revol rencontre également les différents présidents de la République française depuis Charles de Gaulle.
Invité par Gaëtan Picon, Jean Revol s’installe en 1966 aux États-Unis où il enseigne l’Histoire de l’art au Middlebury College. Habitant New York, son ami Michael Lonsdale évoque la visite de son atelier situé dans le bas de Manhattan, à proximité du quartier chinois : « c'était un foutoir génial, il fallait se battre pour arriver à voir quelque chose. Déplacer, accrocher, se pencher, hisser, il était nécessaire de tout essayer pour avoir une vision claire d'une toile ou d'un dessin. Dans une mauvaise lumière, y arrivait-on que l'on devinait plus qu'on ne voyait des choses somptueuses. Une grande toile de New York, des cimetières, des avenues, des autoroutes de feu ».
Jean Revol devient membre de l'American Society of Psychopathology of Expression et est chargé de recherches sur les capacités artistiques des handicapés mentaux en 1972. Dans cet esprit, il fonde l'association « Personimages » et ses ateliers pour handicapés mentaux, affirmant que les tableaux de ses élèves lui offrent une nouvelle lecture de l'art contemporain: « Le travail de tous les grands noms, perçoit-il, se retrouve dans cet art primitif, non issu de la culture; c'est un art de progrès constant, d'élan continu ».
De retour en France, il reçoit en 1977 le prix de la Critique lyonnaise. Dans la continuité de sa vocation new-yorkaise, il fonde l'association Art-Crise et y reprend son travail de rapprochement des handicapés mentaux et de la création artistique, les accueillant dans son atelier de Ménilmontant. « Si vous cherchez la thérapie, vous n'aurez rien ; si vous cherchez l'art, vous aurez la thérapie » répète-t-il alors.
« Je suis comme l'Angleterre, je gagne toujours mes guerres » disait le volontiers pamphlétaire Jean Revol. La longue et pénible maladie contre laquelle il eut à lutter ne lui donna hélas pas raison. Il mourut en l'hôpital de Troyes le . C'est au cimetière d'Ervy-le-Châtel, au cœur du Pays d'Armance où il avait finalement choisi de s'installer, qu'il repose. Rendons lui justice en nous souvenant que Gérard Xuriguera, évoquant « les personnages et les paysages chaotiques et révulsés de Revol », l'avait situé aux côtés de John Christoforou, Bengt Lindström, Maurice Rocher, Roger-Edgar Gillet, Jean Rustin, Michel Aubert et Marcel Pouget parmi « les expressionnistes à part entière ».
En l'absence de précision, il s'agit d'expositions personnelles.

