| Sénateur de la Vendée | |
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| Maire de Vendrennes | |
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| Naissance | |
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| Décès | |
| Nom de naissance |
Léopold Robert |
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Petit séminaire des Sables-d'Olonne (d) Université catholique de Lille Faculté de médecine de Paris |
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Médecin, homme politique, romancier, essayiste, dramaturge |
| Membre de |
Sénat républicain, Souvenir vendéen, Conseil National, Académie d'agriculture de France |
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| Distinctions |
Jean Yole, né Léopold Robert à Soullans (Vendée) le et mort à Vendrennes (Vendée) le , est un homme politique français, maire de Vendrennes et sénateur de Vendée de 1936 à 1944 et un écrivain, auteur de romans, théâtre et essais.
Léopold Marie Fidèle Robert est issu d'une lointaine famille de paysans mais, pour les trois dernières générations, il descend d'une lignée d'artisans charpentiers. Il est le fils de Philippe Antoine Robert (1841-1922) et de Rose Françoise Burgaud (1841-1923). Il suit des études au petit séminaire des Sables-d'Olonne puis à l'institution Richelieu de Luçon. Le baccalauréat obtenu, il poursuit des études de médecine à la faculté catholique de Lille puis à la faculté de médecine de Paris.
Devenu docteur en médecine en 1904, il revient exercer à Soullans, dans le marais vendéen, et se marie le avec Marie-Josèphe Boisdé (1885-1983), fille du notaire du Boupère, originaire du bocage vendéen. Il adopte alors Jean Yole comme nom de plume, car il se déplace en yole pour visiter ses malades.
Il commence son parcours d’écrivain en 1909, avec la publication des Arrivants, édité chez Grasset, où il décrit les évolutions de la société vendéenne de l’époque et les tensions entre foi et politique aux lendemains de la Séparation de l’Eglise et de l’Etat.
Il écrit ensuite La dame du bourg (1910) puis Les démarqués (1911), un livre qui sera couronné par l’Académie française sept ans plus tard. Ce dernier traite de l’immigration de nombreux vendéens vers la Garonne, phénomène relativement important à l'époque.
Lorsqu’éclate la Première Guerre mondiale, Léopold Robert est réformé mais il s’engage comme combattant volontaire.
A son retour, il reprend l’écriture et inaugure une série de romans d’un style différent, les “romans du renoncement”, au ton davantage tragique. Avec Sa Veuve (1918), il revient sur le drame de la disparition de tant de jeunes français pendant le conflit mondial et sur les tensions existentielles que leur mémoire soulève. Limogé (1921) a aussi pour contexte la guerre, mêlant drame sociétal, familial et personnel et recherche de rédemption. Progressivement, il abandonne son activité de médecin pour se consacrer intégralement à l’écriture. Dans La servante sans gages (1928), il met en lumière une figure archétypique de la société vendéenne : celle de la tante deumeurée célibataire et qui se dévoue humblement au service de la famille.
Jean Yole se fait le chantre de la paysannerie et rédige un plaidoyer pour la défendre, dans un contexte d’urbanisation de la société française et de marginalisation des activités agricoles : le Malaise paysan, publié en 1929 et analysant le passage du paysan à l'agriculteur, a un retentissement national. Il entreprend la même année l’écriture d’un autre essai historique, La population et l’habitation rurales, où il s’attache à saisir les besoins et caractéristiques de ses contemporains qui n’habitent pas en ville.
En 1925, suite au décès de ses deux parents, Jean Yole et son épouse quittent le marais poitevin pour aller s’installer au logis de la Noue, à Vendrennes.
Ses essais plus tardifs se concentrent davantage sur le cas particulier de la Vendée, région à laquelle Jean Yole est particulièrement attaché. Il s’engage notamment pour la mémoire des Guerres de Vendée, en co-fondant avec Louis Chaigne, Tony Catta et le Docteur Coubard l’association du Souvenir vendéen en 1932.
En parallèle, il se lance dans le théâtre, avec Le Capitaine de Paroisse, La Servante sans gage (une adaptation théâtrale du roman), Eve, qui seront joués sur les planches dans les années 1930, au théâtre de l’Odéon et au théâtre Antoine notamment. En 1934, il rédige aussi Le palais du paysan, qui sera publié de façon posthume.
Jean Yole est maire de Vendrennes de 1933 à 1945 et élu sénateur de Vendée le 14 janvier 1936. A l’échelle nationale, il s’engage principalement pour la défense de l’agriculture et des conditions de vie rurales. A Vendrennes, il installe l'électricité, ainsi que trois postes téléphoniques.
Après la débâcle, avec 568 autres parlementaires, Jean Yole vote les pleins pouvoirs au gouvernement de la République sous l’autorité du Maréchal Pétain le 10 juillet 1940. Nommé membre du Conseil national institué en 1941 pour remplacer le Parlement, et membre du conseil départemental de Vendée remplaçant le conseil général, il se rend une fois à Vichy pour travailler sur des questions agricoles. Cependant, il prend ses distances par rapport au régime de Vichy, critiquant notamment dès le début la Corporation paysanne, avant de quitter le Conseil National en mars 1943. Dès lors, il se consacre à sa commune, où il organise l’accueil de 38 réfugiés des Ardennes. Il loge aussi chez lui à La Noue, Daniel Halévy, écrivain et historien d’origine juive, avec lequel il entretient une amitié jusqu’à sa mort.
Il est déclaré inéligible par un jury d'honneur après la Libération, avant de redevenir à nouveau éligible un an après, en 1946. Cependant, blessé par les accusations adressées, il se retire de la vie politique jusqu’à sa mort, dix ans plus tard.
Il tient cependant une place encore importante dans la vie locale vendéenne, assurant par exemple le discours funèbre de l’abbé Pierre Arnaud, résistant déporté en camp de concentration, en 1945, ou celui de Raymond de Fontaines en 1949. En 1948, il est élu membre de l'Académie d'agriculture.
Il s'éteint à l'âge de 68 ans à La Noue en 1956.
Écrivain de la terre et défenseur de la foi catholique, il a surtout traité dans ses romans, ses pièces de théâtre et ses essais, de la Vendée et des enjeux politiques, sociaux et spirituels d'un monde rural affecté par des mutations venant bouleverser l'ordre traditionnel. Originaire du marais breton, il a utilisé comme nom de plume un emblème de ce pays : la yole.
Différents lieux portent son nom :