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Jill Posener, née en , est une photographe et dramaturge britannique, connue pour son exploration de l'identité lesbienne et l'érotisme dans la photographie LGBT.
Posener est née à Greenwich, à Londres, au Royaume-Uni en . Elle suit une formation de régisseuse à la London Academy of Music and Dramatic Art. Son frère est le journaliste Alan Posener (en).
En 1976, Posener devient la première femme membre du Gay Sweatshop (en), la première compagnie de théâtre gay professionnelle d'Angleterre, pour laquelle elle écrit la pièce Any Woman Can. Le spectacle est une réflexion sur l'expérience de Posener faisant son coming out en tant que lesbienne, et est la première pièce écrite par une femme à être produite par la compagnie.
Dans les années 1980, Posener change de médium et se tourne vers la photographie. Ses images de graffitis aux thèmes politiques, féministes, lesbiens et anti-consuméristes sont rassemblées dans deux ouvrages : Spray it Loud (1982) et Louder than Words (1987). Avec le temps, son travail évolue vers des thèmes plus ouvertement érotiques et sexuels. En 1988 et 1989, Posener devient rédactrice photo du magazine érotique lesbien On Our Backs, reconnu pour son influence sur l’esthétique et le récit de la culture lesbienne américaine des années 1980,.
En 1996, Posener collabore avec l'autrice féministe Susie Bright pour publier Nothing but the Girl : The Blatant Lesbian Image, un recueil marquant de photographies érotiques lesbiennes. Ce portfolio, s'appuyant sur le travail de Posener et Bright au sein du magazine On Our Backs, présente 30 entretiens et photographies de lesbiennes et photographes influentes. Nothing but the Girl reçoit le Lambda Literary Award 1997 dans la catégorie Photographie/Arts visuels, ainsi que le Firecracker Alternative Book Award (en) 1997,.
Ses travaux sont publiés dans des revues telles que le New York Times Book Review et le Daily Mirror, et ont figuré sur les couvertures d'ouvrages de Dorothy Allison et Susie Bright. Elle a donné des conférences à CalArts et à l'Université de Californie à Santa Cruz.
La pièce Any Woman Can est considérée comme une étape importante du théâtre queer, marquant le « début du théâtre lesbien » et faisant partie d'un « canon lesbien en pleine expansion ». Première pièce sur les lesbiennes produite par une compagnie d'hommes gays, elle reconnait l'expérience lesbienne comme une composante authentique de l'identité homosexuelle, tout en illustrant les « alliances fragiles » entre les communautés lesbienne et gay. Selon le critique John Deeney, elle représente des positions alors populaires selon lesquelles « le personnel est politique » et que le coming out est une politisation nécessaire de soi.
La valeur politique de Any Woman Can est peut-être plus importante que sa valeur théâtrale : initialement rejetée par Gay Sweatshop pour « manque de tension théâtrale », la pièce a depuis été qualifiée de « didactique ou d’agitprop »,. Après la représentation de Any Woman Can, Posener elle-même a rejeté le qualificatif d’autrice dramatique, affirmant que la scène était simplement l’outil le plus accessible pour communiquer honnêtement l’expérience vécue des lesbiennes et dénoncer « l’oppression lesbienne » comme faisant partie de « l’oppression des femmes » plus large.
L’œuvre photographique de Posener est considérée comme s’inscrivant dans une ère « post-Stonewall » marquée par une visibilité accrue des artistes LGBTQ et de l’affirmation de leur identité publique. Nombre d’artistes de cette période ont produit des œuvres « résolument politiques » faisant référence aux modèles hétéronormatifs de genre, de sexualité et d’expression, et les remettant en question. L’œuvre de Posener explore plusieurs de ces thèmes, utilisant la photographie comme forme de commentaire critique et d’exploration de l’identité et de la représentation. Sa série Dirty Girls in London (1988), qui met en scène des femmes s’embrassant en public est qualifiée de « passionnée et crue » par la critique Elizabeth Ashburn.
Les sujets de Posener sont souvent des nus féminins, fréquemment dans des contextes ouvertement érotiques ou en pleine activité sexuelle. L'esthétique éditoriale d'On Our Backs et de Nothing But the Girl est qualifiée de « quelque peu crue, parfois transgressive et souvent provocatrice » par la photographe, auteure et critique Tee A. Corinne,. Posener et Tee ont toutes deux contribué à Femalia, un ouvrage de photographies de parties génitales féminines édité par Joani Blank (en),. Posener décrit son propre travail comme une forme d'action politique, visant à rendre visible la sexualité lesbienne dans l'espace public. Posener déclare « Si nous n'investissons pas l'espace public, personne ne nous entendra. ».
Avec Tessa Boffin et Ingrid Pollar elle fait partie des rares femmes queers et photographes qui documentent la vie des communautés lesbiennes et queers en en promulguant une image positive dans les années 1980, une période difficile en raison de la crise du sida et de l'existence de la section 28 sur l'interdiction de la promotion de l'homosexualité en Grande-Bretagne.
Ses photos sont reprises dans l'exposition du Tate Britain de 2023 à Londres intitulée Women in Revolt! qui explore les œuvres d'artistes sur le féminisme des années 1970 et 1980. Une partie de l'exposition est dédiée à des œuvres datant de la fin des années Thatcher et de leur réaction à la section 28, avec des œuvres de Del LaGrace Volcano, Tessa Boffin et Jill Posener,.