Jingi-kan

Le Jingi-kan (神祇官?, « département des Divinités »), aussi connu comme le département des Affaires shinto, est une bureaucratie du Japon impérial instituée au VIIIe siècle dans le cadre des réformes ritsuryō et dans l'Engishiki.

Histoire

Cette hiérarchie administrative shinto est un miroir intentionnel de son homologue chinois, le ministère des Rites (禮部). Le Jinji-kan est créé pour être fonctionnellement distinct de son corollaire administratif plus développé, le Daijō-kan.

Le département perd un considérable pouvoir au cours de l'époque féodale mais est rétabli en 1869 avec le début de l'ère Meiji. Au XVe siècle, pendant les guerres, son bâtiment est détruit par un incendie et n'est pas reconstruit avant la restauration de Meiji. Les familles de cour Shirakawa et Yoshida (jingidō-ke) continuent d'exercer une responsabilité particulière dans les questions rituelles et les affaires des sanctuaires, et désignent leurs propres résidences comme Jingikan-dai. La salle des huit divinités tutélaires de l'empereur (hasshinden), abandonnée après la guerre d'Ōnin (1467-1477), est remplacée à l'époque d'Edo par deux substituts, l'un dans l'enceinte du sanctuaire Yoshida, l'autre dans la résidence des Shirakawa. Avec l'essor du kokugaku, des lettrés soutiennent que le rétablissement du Jingi-kan incarnerait l'idéal du saisei itchi, l'union du rite et du gouvernement en la personne de l'empereur ; à la fin de l'époque d'Edo, courtisans, partisans du kokugaku et prêtres de sanctuaire réclament avec insistance sa renaissance.

Le gouvernement de la Restauration crée au premier mois de 1868 une section chargée des rites et des sanctuaires (Jingi jimuka), transformée le mois suivant en bureau (Jingi jimukyoku), puis, lors de la réforme du quatrième mois intercalaire, en l'un des sept départements du Daijō-kan. Sous la pression des partisans du kokugaku et des courtisans, un nouveau Jingi-kan est institué au septième mois de 1869 comme organe indépendant placé au-dessus du Daijō-kan, à l'image de son prédécesseur antique; il a la charge des rites, des mausolées impériaux, de la propagande et du clergé. Il est dirigé par Nakayama Tadayasu, avec Shirakawa Sukenori pour adjoint et Fukuba Yoshishizu sous leurs ordres, et la propagande est confiée au Senkyōshi, un bureau d'endoctrinement placé en son sein. Ces deux attributions, les mausolées et une propagande d'État notamment antichrétienne, le distinguent de l'institution antique. Au douzième mois de 1869, un sanctuaire provisoire est édifié dans le Jingi-kan; on y vénère les huit divinités, les divinités du ciel et de la terre (tenjin chigi) et les esprits des empereurs défunts.

En août 1871, le Jingi-kan devient le Jingi-shō, un ministère intégré au Daijō-kan et chargé de la seule propagande et des sanctuaires, les questions rituelles étant confiées au Shikibu-ryō. Le mois suivant, les esprits des ancêtres impériaux sont transférés au Kashiko-dokoro du palais impérial. À la suppression du Jingi-shō en mars 1872, remplacé par le Kyōbushō, les tenjin chigi et les huit divinités sont transférés au palais impérial; le hasshinden, rebaptisé shinden, est depuis 1889 l'un des trois sanctuaires du palais (kyūchū sanden).

Il connaît des formes et des noms différents au cours des XIXe et XXe siècles puis est dissous le . Le , l'Association des sanctuaires shinto prend en charge l'administration des sanctuaires.

Fonctions

Le Jingi-kan est responsable de la surveillance du clergé et des rites shinto dans tout le pays. À sa tête se trouve le 神祇伯 (Jingi-haku?). Du Xe au XVe siècle, la famille Shirakawa Hakuo occupe sans interruption cette fonction.

Un système d'offrandes régulières (奉幣、ほうへい : hōhei) à 3 132 kamis vénérés dans le pays est institué.

Source de la traduction

Notes et références

  1. ↑ John Breen et Mark Teeuwen, 2000, Shinto in History: Ways of the Kami, p. 47 sur Google Livres.
  2. ↑ Isaac Titsingh, 1834, Annales des empereurs du Japon, p. 425-436 sur Google Livres.
  3. 1 2 3 4 5 (en) Sakamoto Koremaru, « The Meiji Jingikan », sur Encyclopedia of Shinto, Université Kokugakuin (consulté le )
  4. 1 2 (it) Marco Milone, Lo scintoismo, Naples, Guida Editori, (ISBN 9788868667603), p. 156
  5. ↑ (it) Marco Milone, Lo scintoismo, Naples, Guida Editori, (ISBN 9788868667603), p. 152
  6. 1 2 3 (it) Marco Milone, Lo scintoismo, Naples, Guida Editori, (ISBN 9788868667603), p. 154
  7. 1 2 (en) « Jingikan, Dajōkan », sur Basic Terms of Shinto, Université Kokugakuin (consulté le )
  8. ↑ (en) Ueda Kenji, « Concepts of Emperor and the State », sur k-amc.kokugakuin.ac.jp (consulté le ).

Voir aussi

Bibliographie