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| Nom de naissance |
Ernest-Armand Huss |
| Pseudonyme |
John William |
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- |
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Ernest-Armand Huss dit John William est un chanteur francais né le à Grand-Bassam en AOF (aujourd'hui Côte d'Ivoire) et mort le à Antibes. Il a connu un certain succès dans les années 1960 et 1970 grâce à sa voix de baryton basse et un répertoire à la fois religieux et profane.
D'un père alsacien, Ernest-Charles Huss, colon en Côte d'Ivoire, et d'une mère ivoirienne, Henriette Amoussan, il est enlevé à sa mère dès 18 mois, puis confié, à l'âge de 8 ans, à sa cousine germaine, Eugénie Huss, à Couilly-Pont-aux-Dames, en Seine-et-Marne. Après avoir fait ses études dans un pensionnat français, il devient en 1939, à 17 ans, apprenti ajusteur-outilleur dans l'usine Renault de Boulogne-Billancourt.
En , réquisitionné pour le Service Civique Rural, afin de remplacer les paysans prisonniers, il est envoyé en Charente-Maritime jusqu'en . Il est ensuite engagé à Montluçon à l'usine Sagem qui fabrique des radars pour les avions allemands.
En , il couvre un jeune ouvrier dans la pose d'explosifs pour du matériel destiné aux nazis. La nuit suivante, l'atelier explose. Arrêté, puis incarcéré à la prison de Moulins, il est interrogé et torturé par la Gestapo. Il ne parlera pas.
En Côte d'Ivoire, sa mère est emportée par une épidémie de rougeole.
Déporté politique à 22 ans, Ernest-Armand Huss est envoyé au camp de concentration de Neuengamme, près de Hambourg (de à ) sous le numéro « 31103 ». Ses connaissances techniques lui sauvent la vie : capable de lire les plans de construction industrielle, il est envoyé dans une usine d'armement pour travailler comme ajusteur-outilleur. En , environ 10 000 déportés de ce camp sont acheminés vers le port de Lübeck d'où il est transféré sur le Thielbek, puis recueilli par la Croix-Rouge suédoise.
Ernest-Armand Huss est l'un des rescapés des camps nazis à qui Serge Bilé a donné la parole dans son documentaire Noirs dans les camps nazis (1995).
De retour à Paris, il retrouve son père sur le quai d'une station de métro, mais celui-ci ne survivra à la guerre que de quelques mois.
De son expérience de déporté, Ernest-Armand Huss retire une grande foi religieuse. En chantant pour réconforter ses camarades déportés, il a découvert la beauté et la musicalité de sa voix. À la Libération, incapable de retourner travailler à l'usine qui lui rappelle trop son labeur dans les camps nazis, il prend des cours de chant et prend le pseudonyme de John William.
John William enchaîne les succès avec des génériques de films qui feront le tour du monde : Alamo, Lawrence d'Arabie, Une île au soleil, Le Jour le plus long, La grande évasion, et surtout Le Docteur Jivago avec La Chanson de Lara. Il reprend également le titre Si toi aussi tu m'abandonnes du western américain Le train sifflera trois fois. Il enregistre aussi des chansons inspirées de feuilletons télévisés tels Thierry la Fronde.
Il meurt le à Antibes (Alpes-Maritimes), à l'âge de 88 ans, et est inhumé au cimetière communal des Semboules.
Le , il a été fait chevalier de la Légion d’honneur.
John William a enregistré plus de 350 titres parmi lesquels :