Jon Juaristi

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Jon Juaristi
En .
Fonctions
Directeur général des Universités de la communauté de Madrid
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Rocío Albert López-Ibor (d)
Directeur de l'Institut Cervantes
-
Fernando Rodríguez Lafuente (d)
Directeur de la bibliothèque nationale d'Espagne
-
Luis Alberto de Cuenca (d)
Lluís Racionero i Grau (en)
Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (75 ans)
BilbaoVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
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Genres artistiques
Distinctions

Jon Juaristi Linacero, né le à Bilbao, est un poète, romancier, essayiste et traducteur basque espagnol. Son œuvre, marquée par l'étude des mythes fondateurs et des traditions nationales, se distingue notamment par son analyse critique du nationalisme basque, au croisement de la philologie, de l'histoire des idées et de la réflexion sur l'identité collective

Biographie

Jon Juaristi est l'aîné d'une fratrie de sept enfants au sein d'une famille de la classe moyenne (son père est chef d'entreprise). Sa famille est sympathise avec le nationalisme basque. Il étudie au collège San Nicolás de Bilbao où est créée la première ikastola dans les années 1950. Il étudie ensuite dans une école de l'Opus Dei à Leioa. À l'âge de onze ans, il commence à apprendre l'euskera de sa propre initiative, car à la maison ces parents ne parlent pas cette langue. À l'âge de treize ans, il part vivre avec ses grands-parents paternels,.

À l'âge de seize ans, Jon Juaristi rejoint l'ETA, notamment sous l'influence de ses cousins et après avoir lu Vasconia. Análisis dialéctico de una nacionalidad, ouvrage de Federico Krutwig publié sous le pseudonyme de Fernando Sarrailh de Ihartza. Au cours de son engagement au sein de l'organisation, il contribue à établir des contacts entre ETA et une branche du carlisme devenue antifranquiste, dans un contexte de radicalisation politique et d'opposition au régime franquiste.

Fiché par la police, Jon Juaristi quitte Bilbao pour étudier la philologie romane à Séville, puis revient à Bilbao et obtient son doctorat à l'université de Deusto. En 1972, il est temporairement exclu de l'université, avant d'y être réadmis l'année suivante. Durant cette période, il effectue plusieurs séjours en prison et est condamné par le Tribunal d'ordre public franquiste.

Durant ses études universitaires, Jon Juaristi rejoint ETA-VI Asamblea, une scission ouvriériste et marxiste-léniniste d'ETA. À la suite de divergences internes, le mouvement se divise en deux courants, les « mayos » et les « minos » : en 1973, les premiers se rapprochent de la Liga Comunista Revolucionaria (LCR), organisation trotskiste, tandis que les seconds refusent cette orientation. Juaristi appartient au courant des « minos » et abandonne progressivement le militantisme d'extrême gauche en 1974. Il se consacre ensuite à l'enseignement, d'abord dans une ikastola, puis comme professeur de lycée à partir de 1977.

En 1980, éloigné du nationalisme de son adolescence, il adhère au Parti communiste d'Euskadi (PCE-EPK), alors engagé dans un processus de rapprochement avec Euskadiko Ezkerra (EE). En 1982, une partie du PCE-EPK fusionne avec EE, contribuant à la formation d'une organisation de gauche basque qui rejette la violence politique. Juaristi quitte cette formation en 1986, déçu par l'absence d'accord électoral entre Euskadiko Ezkerra et le Parti socialiste d'Euskadi (PSE) à la suite des élections autonomiques de cette année-là. En 1987, il adhère au Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), une décision qu'il présente rétrospectivement comme un engagement éthique, en réaction à l'attentat incendiaire perpétré le 25 avril contre la Maison du peuple socialiste de Portugalete par des individus associés par la police au collectif Mendeku. L'attaque provoque la mort de deux personnes, María Teresa Torrano Francia et Félix Peña Mazagatos, brûlés vifs et qui succombent à leurs blessures.

Jon Juaristi a reçu la Médaille de l'Ordre du Mérite constitutionnel, qui lui a été décernée en décembre 2003, ainsi que la croix de commandeur de l'Ordre d'Alphonse X le Sage. Selon une interview publiée en 2018 par le média M'Sur, il réside à Alcobendas, dans la communauté de Madrid.

Évolution politique

Jon Juaristi a souvent expliqué son évolution politique comme étant un processus parallèle à celui des gens de sa génération : « Mon évolution est similaire à celle des gens de mon âge. Nous étions nationalistes par tradition familiale, puis membres de l'ETA dans les années 1960, d'extrême gauche dans les années 1970, sociaux-démocrates dans les années 1980, et puis nous avons dérivés vers un libéralisme conventionnel. Je suis conservateur, mais pas favorable à une droite extrême, et je ne militerai plus dans aucun parti politique. Je suis immunisé. »

Son engagement contre le terrorisme et son soutien aux familles des victimes de l'ETA l'amènent à s'impliquer dans la création du Foro de Ermua en 1997, créé après l'enlèvement et l'assassinat à Ermua du conseiller municipal du Parti populaire, Miguel Ángel Blanco. Comme il l'explique dans son autobiographie, après les diverses expériences politiques, il ne lui restait « plus une seule goutte de progressisme dans le corps ». Dans diverses interviews, il se définit désormais comme « nationaliste espagnol ». Depuis la fin des années 1980, il vit sous la menace de l'ETA en raison de ses critiques contre le terrorisme basque ainsi que pour son soutien au mouvement ¡Basta Ya! et au Foro de Ermua. En 1999, les menaces pesant sur lui l'obligent à quitter son poste universitaire. Il quitte alors le Pays basque définitivement. En 2002, il est un des 42 professeurs basques qui dénoncent « le réseau mafieux qui soutient, justifie et exploite le terrorisme pour son propre bénéfice ».

Dans ses nombreux articles et essais, il critique l'ethnicisme, l'invention et la manipulation de mythes qui font partie du discours identitaire nationaliste, en particulier du nationalisme basque.

Dans les années 2000, il se convertit au judaïsme et critique la judéophobie dans laquelle il inclut l'antisionisme. Il défend le droit à l'existence d'Israël.

Parcours académique

Jon Juaristi occupe la chaire de philologie espagnole de l'université du Pays basque et il a été professeur titulaire à la Fondation Cañada Blanch de l'université de Valence. Il a aussi travaillé comme enseignant et chercheur à Austin (États-Unis) et au Colegio de México en 1985 et 1986.

De 1999 à 2001, il est directeur de la Bibliothèque nationale d'Espagne, poste qu'il quitte pour diriger l'Institut Cervantes à partir de 2001. Il est relevé de cette fonction après l'arrivée des socialistes au pouvoir le .

Depuis 2005, il enseigne la littérature espagnole à l'université d'Alcalá de Henares. Entre et , il est directeur général des universités de la communauté de Madrid.

Les travaux de Jon Juaristi portent sur la formation des identités collectives, l'histoire littéraire, la littérature de tradition orale, etc.

Œuvre littéraire

Poésie

Jon Juaristi fut membre du groupe littéraire d'avant-garde Pott (1977-1980) en compagnie de Bernardo Atxaga, Joseba Sarrionandia, Ruper Ordorika, entre autres. Sa poésie est influencée par le poète Gabriel Aresti et l'œuvre de Miguel de Unamuno et Blas de Otero, ainsi que par l'ironie du poète et essayiste américain Wystan H. Auden.

Essai

Dans ses essais, il analyse depuis une perspective psychologique et sociologique inspirée de Carl Gustav Jung et Léon Poliakov, la racine historique et mythique des nationalismes européens, en particulier du basque.

Autres

Récompenses

Notes et références

  1. ↑ (es) Arrien Berrojaechevarria, Gregorio, Bizkaiko ikastolak, 1957-1972 : beren hasiera eta antolaketa = Las ikastolas de Bizkaia, 1957-1972 : sus orígenes y organización, Donostia-San Sebastián, Eusko Ikaskuntza, (ISBN 84-87471-48-X, lire en ligne)
  2. ↑ (es) Núñez Díaz, Pablo, « «Spoon River, Euskadi»: Kipling, E. L. Masters, Juaristi y una misteriosa fuerza », Revista de Literatura, vol. 86, no 171,‎ , p. 1-18 (ISSN 0034-849X, lire en ligne, consulté le )
  3. 1 2 3 4 5 (es) Nazar Oliynyk, « Escuchando las voces ancestrales. La etapa patriótica de Jon Juaristi y su disidencia del nacionalismo vasco », Aportes, vol. 32, no 95,‎ , p. 47-81 (ISSN 0213-5868, lire en ligne, consulté le )
  4. 1 2 3 4 (es) Ministerio de Cultura de España, « Juaristi, Jon (1951-) », Madrid, Portal de Archivos Españoles (PARES) (consulté le )
  5. ↑ (es) Gaizka Fernández Soldevilla, Héroes, heterodoxos y traidores : Historia de Euskadiko Ezkerra (1974-1994), Madrid, Tecnos, , p. 65
  6. ↑ (es) Tonia Etxarri, « Fallece una de las mujeres heridas en el atentado contra la Casa del Pueblo de Portugalete », El País,‎ (lire en ligne, consulté le )
  7. ↑ (es) Radio Televisión Española, « María Teresa Torrano Francia », RTVE, Memoria de vida (consulté le )
  8. ↑ (es) Jefatura del Estado, « Real Decreto 1641/2003, de 5 de diciembre, por el que se concede la Medalla de la Orden del Mérito Constitucional a don Juan Juaristi Linacero », Madrid, Boletín Oficial del Estado (consulté le )
  9. ↑ (es) Fundación Formentor, « Jon Juaristi », Fundación Formentor (consulté le )
  10. ↑ (es) Alejandro Luque, « Jon Juaristi : « ETA tenía un trato reverencial con la Iglesia Católica » », M'Sur,‎ (lire en ligne, consulté le )
  11. ↑ Gómez Damborenea, « Kortazar hace un repaso desde la nostalgia de la Banda Pott », El País, el País,‎ 15 de abril de 2003 (lire en ligne)
  12. 1 2 3 4 5 6 7 (es) Ministerio de Cultura de España, « Jon Juaristi Linacero — Premios obtenidos », Madrid, Ministerio de Cultura de España (consulté le )
  13. ↑ (es) Ministerio de Educación y Cultura, « Orden de 17 de diciembre de 1998 por la que se concede el Premio Nacional de Literatura, en la modalidad de Ensayo, correspondiente a 1998 », Madrid, Boletín Oficial del Estado (consulté le )

Liens externes