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Gabriel María Aresti Segurola |
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Gabriel Aresti Segurola, né le et mort le à Bilbao, est un écrivain, poète et académicien basque espagnol de langue basque. Il est considéré comme l’une des figures majeures de la littérature basque du XXe siècle, notamment pour son rôle dans le renouveau de la création littéraire en langue basque.
Gabriel Aresti grandit dans un environnement où le castillan était dominant et l’euskara n'était pas sa langue maternelle. Il commence à apprendre cette langue de manière autodidacte à l'âge de 12 ans, dans une famille peu attachée à l'euskara. À 21 ans, il publie ses premiers poèmes dans la revue guatémaltèque Euzko-Gogoa et commence ainsi à se faire connaître dans les milieux euskaltzales.
Ses débuts poétiques sont notamment marqués par Maldan behera, œuvre symboliste dont la première publication remonte à la fin des années 1950. L'œuvre témoigne notamment de l'influence de Nietzsche et de T. S. Eliot. Iñaki Aldekoa souligne en particulier que le protagoniste de Maldan behera hérite de l'esprit de Zarathoustra et se présente comme une figure appelée à réfléchir au devenir de l'homme après la « mort de Dieu ». L'œuvre, caractérisée par son symbolisme et sa difficulté, passa relativement inaperçue lors de sa première période de réception.
Gabriel Aresti fut également profondément marqué par la poésie de Blas de Otero. Selon la biographie publiée par Auñamendi, il découvre en 1955 Pido la paz y la palabra, œuvre qui le marque fortement ; il traduira par la suite plusieurs poèmes de Blas de Otero dans la revue Egan.
Ses œuvres les plus importantes sont celles qui composent la série Harria (La pierre) : Harri eta herri (Pierre et Peuple, 1964), Euskal harria (La Pierre basque, 1968) et Harrizko herri hau (Ce peuple de pierre, 1971), liées notamment au courant du réalisme social, cependant la dernière œuvre qu'il écrivit fut Azken harria (La Dernière Pierre). Dans celles-ci, on voit apparaître la création d'un imaginaire individuel et collectif lié à l'histoire et à l'anthropologie basques, avec des symboles clés comme l'arbre (Zuhaitza), la maison (Etxea) ou la pierre (Harria), qu'il partage avec d'autres artistes basques comme Jorge Oteiza. Un de ses poèmes les plus connus s'appelle justement Nire aitaren etxea defendituko dut (La Maison de mon père je défendrai),.
Il pratiqua tous les genres littéraires: poésie, nouvelle, conte et théâtre. Il fut très influencé par Bertolt Brecht et on le considéra comme l'un des pères du mouvement théâtral au Pays basque. Il fut un excellent traducteur vers le basque; parmi les œuvres traduites, on retrouve celles d'auteurs comme Federico García Lorca, T. S. Eliot ou Boccace. Une anecdote raconte que, durant une fouille de sa maison, la garde civile espagnole lui confisqua un manuscrit de la traduction d'Ulysse de James Joyce. Parmi ses disciples, on peut compter aussi les poètes Joseba Sarrionandia, Jon Juaristi et Bernardo Atxaga.
En tant que membre de l'Académie de la langue basque, Aresti participa activement aux débats sur la langue littéraire et sur l'unification de l'euskara, notamment au congrès d'Arantzazu. Il défendit une langue accessible et proche de l'usage vivant, position qui s'opposait notamment à certaines tendances puristes de la littérature basque de son époque. Ses réflexions sur la langue et la poésie témoignent de cette volonté de rapprocher la littérature de la langue réellement parlée.
Aresti fut également associé à la nouvelle génération d'écrivains réunie autour de Lur, maison d'édition et espace éditorial auquel il contribua à donner une place importante dans le renouvellement de la littérature basque des années 1960. La collection Euskal elerti 69, publiée sous son impulsion, présentait notamment des textes de jeunes écrivains comme Ramón Saizarbitoria, Arantxa Urretabizkaia, Xabier Lete, Mikel Azurmendi, Patri Urkizu et Xabier Kintana.
Il fut parolier pour des chanteurs comme Mikel Laboa ou le groupe de musique folk Oskorri. Polémiste acerbe, il a publié de nombreux articles dans des périodiques.
Plusieurs articles dans la presse, et plus particulièrement dans les magazines Zeruko Argia et Anaitasuna.