Joseph (Camille Joseph ou Corneille Joseph) Bal, né à Berchem le , est le fils de Guillaume Bal (1783-1859), cordonnier, et de Marie Jeanne Raeymaeckers.
En France, il grave La Tentation de Saint-Antoine d'après Louis Gallait, qui établit sa réputation et obtient la médaille d'or au Salon de Bruxelles de 1854. En 1862, il revient en Belgique et s'établit à Anvers, où il vient d'être nommé professeur de gravure au burin de l'Académie de la ville, le , en remplacement du défunt Erin Corr.
Élevé au rang de chevalier de l'ordre de Léopold (1858), Joseph Bal devient un graveur de renom et expose régulièrement aux salons triennaux belges, aux Salons de Paris et à l'Exposition universelle de 1862 à Londres. Il devient membre résidant de la Société royale pour l'encouragement des beaux-arts. Lors de l'Exposition universelle de 1867 de Paris, le jury international des récompenses lui décerne le second prix.
Sa santé déclinant depuis quelque temps, Joseph Bal meurt, à l'âge de 47 ans à Anvers, le . Ses funérailles, le suivant à Berchem, sont présidées par le peintre Nicaise De Keyser, en présence de Louis Gallait, de Théodore Canneel, de ses amis intimes Lievin De Winne et Antoine-Félix Bouré, de représentants académiques et de nombreux artistes.
Œuvre
Caractéristiques
En dépit de la lenteur de la procédure, Joseph Bal grave un nombre assez important d'ouvrages. Nicaise de Keyser retient comme ses gravures principales: La Tentation de Saint-Antoine, d'après Louis Gallait (1853), La Belle jardinière d'après Raphaël (1856), Jeanne la Folle, d'après Gallait (1860) et La Monténégrine et son enfant d'après Jaroslav Čermák (1867). La mort vient le surprendre alors qu'il souhaitait graver L'Abdication de Charles Quint d'après Gallait.
L'historien Émile de Laveleye estime que Joseph Bal, élève de Martinet, avait les qualités et les défauts de son maître: «Ce que l'on admire surtout dans ses œuvres, c'est la perfection des tailles, qui ne laissent rien à désirer. Mais le mérite de la reproduction est plus inégal parce qu'il dépend de l'habileté du dessinateur qui a fait le dessin d'après le tableau. Le Raphaël, dessiné par Joseph-Gabriel Tourny [également élève de Martinet], est une œuvre excellente sous tous les rapports. Jeanne la Folle, dessinée par Bal lui-même, est moins bien réussie. Les mains de Philippe le Beau sont d'un dessin peu correct et la draperie coupe le pied de Jeanne d'une façon trop dure; néanmoins, ces deux planches font honneur à notre école».
Expositions
Belgique
Salon d'Anvers de 1843: Figure d'après l'antique (gravure) et Le Moine quêteur de l'ordre des Trinitaires d'Espagne (dessin d'après un tableau de Nicaise de Keyser).
Salon d'Anvers de 1846: Le Moine quêteur (gravure d'après un tableau de Nicaise de Keyser).
Salon de Bruxelles de 1851: La Madone de Foligno (dessin d'après Raphaël), La Vision d'Ezéchiel (dessin d'après Raphaël), Portrait de D.R.S., conseiller privé d'Henry VIII, roi d'Angleterre (dessin d'après Holbein) et Gravure d'après l'antique.
Salon de Gand (XXII) de 1853: La Tentation de Saint Antoine (gravure d'après le tableau de M. Gallait).
Salon de Gand (XXV) de 1862: Jeanne la Folle, gravure d'après Gallait.
Salon d'Anvers de 1864: La Vision d'Ezéchiel, dessin d'après Raphaël.
Salon d'Anvers de 1867: La Monténégrine, gravure au burin.
France
Salon de Paris de 1853: La Tentation de saint Antoine, d’après M. Louis Gallait (gravure) (médaille de 3e classe).
Salon de Paris de 1859: La Belle jardinière, d’après le tableau de Raphaël de la galerie du Louvre (médaille de 2e classe)(gravure).
Salon de Paris de 1861: Jeanne la folle, d’après M. Gallait (gravure).
Exposition universelle de 1867 de Paris: Jeanne la folle, d’après M. Gallait et La Belle jardinière, d’après le tableau de Raphaël de la galerie du Louvre second prix.
↑Rédaction, «Arts, sciences et lettres», L'Écho du Parlement, no95, , p.2 (lire en ligne, consulté le ).
↑Émile de Laveleye, Essais et études, vol.1, Gand, J. Vuylsteke, , 412p. (lire en ligne), p.72-73.
↑Société royale pour l'encouragement des arts, Catalogue du Salon d'Anvers, Anvers, H.P. Vander Hey, , 81p. (lire en ligne), p.24.
↑Catalogue, Exposition nationale des Beaux-Arts: explication des ouvrages de peinture, sculpture, gravure, dessin et lithographie exposés au Salon de 1845, Bruxelles, Demortier frères, , 136p. (lire en ligne), p.14.
↑Société royale pour l'encouragement des arts, Catalogue du Salon d'Anvers, Anvers, Henri Verbeckt, , 84p. (lire en ligne), p.30.
↑Catalogue, Exposition nationale des Beaux-Arts de 1851, catalogue explicatif, Bruxelles, G. Stapleaux, , 145p. (lire en ligne), p.22.
↑Lucien Hochsteyn, L'ordre de Léopold: Liste de tous les dignitaires depuis la fondation de l'ordre jusqu'au 31 décembre 1886, Bruxelles, Lucien Hochsteyn, , 221p. (lire en ligne), p.95.
Henri Hymans, Annuaire de l'Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique: Notice sur Joseph Franck, vol.54, Bruxelles, Palais des Académies, , 496p. (lire en ligne), p.275-296.