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Jean-Baptiste Joseph Gastaldy |
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Joseph Gastaldy (1741-1805) est un médecin, un aliéniste et un gastronome français.
Né le 9 avril 1741 en Avignon, Jean Baptiste Joseph Gastaldy est le petit-fils du médecin Jean-Baptiste Gastaldy (1674-1747), professeur à la faculté d'Avignon, et le fils de Jean-Baptiste Gastaldy II (1707-1766), exerçant la même fonction, et de Thérèse Justine de Pezenas du Pluvinal, issue d'une famille de juristes locaux.
En 1755, il reçoit sa maîtrise es arts libéraux et entre à la Faculté de médecine d'Avignon, formé auprès d'Esprit Calvet. En septembre 1758, il est certifié docteur en médecine.
Entre 1759 et 1762, il se forme à Paris, auprès de Verdelhan, premier médecin du prince de Condé, qu'il remplace ensuite. C'est à cette époque qu'il croise pour la première fois Donatien Alphonse François de Sade, nommé capitaine au Bourgogne-cavalerie auprès du prince de Condé
Son père le rappelle en 1765 en Avignon pour qu'il exerce à l'hôpital Sainte-Marthe. Son père meurt l'année suivante et en 1767, Joseph devient premier médecin officiel de l’Œuvre des Pénitents noirs de la Miséricorde d’Avignon. Il est par la suite en charge de la « maison des Insensés » puis est nommé en 1773 médecin-chef de l'hôpital de Villeneuve-lès-Avignon. Il gère les soins relatifs à l'épidémie de choléra qui frappe le Comtat Venaissin.
En août 1776, il est élu correspondant à la Société royale de médecine. La même année, il acquiert un château et un domaine, et devient seigneur de Tavel.
Dans les années 1780, il soigne entre autres le duc de Cumberland, venu en Avignon se refaire une santé : celui-ci l'initie à la franc-maçonnerie et ensemble, ils fondent la loge de la Parfaite Union.
Peu avant la Révolution, Joseph se sépare de son épouse, une des filles de Joseph François Parrocel, vend son domaine de Tavel et achète une terre à Montfavet. De cette époque date son grand portrait (1787, musée Calvet), exécuté par un membre de la famille d'artistes des Gautier-Dagoty.
Au cours de la Révolution, il est élu lieutenant colonel des gardes bourgeoises avignonnaises en novembre 1789. Il quitte le Comtat en juillet 1790 pour s'enfuir à Paris puis en Angleterre, où il se réfugie auprès du duc de Cumberland. Il est admis comme membre correspondant au sein de la Medical Society of London (en).
Il rentre à Paris en 1796, puis est rayé de la liste des immigrés sur l'intervention de Cambacérès. En décembre 1797, il est nommé médecin-chef de la Maison nationale de Charenton, asile nouvellement rouvert, et placé sous la tutelle du ministère de l’Intérieur. Il y retrouve le marquis de Sade, admis dans cet établissement à compter du 27 avril 1803.
Dans l'intervalle, Joseph Gastaldy rejoint la confrérie des Gourmands, initiée par Grimod de La Reynière. Il participe aux nombreuses agapes chez le restaurateur Le Gasque rue de Rivoli, en tant que juré, et rédige sans doute des critiques pour l'Almanach des gourmands publié à partir de 1803 : il est en effet élu président des Gourmands en 1805.
Il meurt le 22 décembre 1805 à Paris, après semble-t-il un dîner où fut servi du saumon chez l'archevêque de Paris, Jean-Baptiste de Belloy. Grimod rédige sa nécrologie et lui dédie la quatrième livraison de l'Almanach de 1806 en ces mots :
« Il étoit depuis plus de dix ans Médecin en chef de l’Hospice de Charenton, qui renferme tant d’aliénés, surtout depuis une Révolution, qui a fait perdre, tourner et couper tant de têtes ; et l’on peut dire qu’il a déployé dans cette place des talens inconnus jusqu’à lui, puisqu’il est parvenu à rendre la raison à un grand nombre de ces infortunés, regardés jusqu’à ce jour comme incurables. Son esprit observateur, et l’emploi de moyens moraux sagement combinés, ont plus servi le docteur Gastaldy dans ces cures admirables, que tous les secours de la pharmacie. »
Antoine-Athanase Royer-Collard lui succède à Charenton.