| Règne | Plantae |
|---|---|
| Division | Pinophyta |
| Classe | Pinopsida |
| Ordre | Pinales |
| Famille | Cupressaceae |
| Genre | Juniperus |
Le Genévrier commun ou Genièvre (Juniperus communis L.) est une espèce d'arbuste de la famille des Cupressacées, à cônes bleu violacé ressemblant à des baies (cônes bacciformes), et aux feuilles épineuses. Il est parfois appelé Peteron ou Petrot.


La taille de cet arbuste ou arbrisseau peut varier de 4 à 10 mètres de hauteur.
Les feuilles sont des aiguilles persistantes verticillées par trois, très piquantes, qui présentent une carène sur la face supérieure et une épaisse bande blanche de stomates sur la face inférieure.
Cette espèce produit des cônes mâles très petits et des cônes femelles constitués d'écailles charnues qui se soudent au cours de leur développement (concrescence). Le cône femelle, une fois fécondé et développé, a l'apparence d'une baie. D'abord vert, il devient sombre et bleuâtre en mûrissant. Il est indifféremment appelé « genièvre », « baie de genièvre » ou « baie de genévrier ». Il se développe durant deux ans.
Le genévrier commun se distingue du genévrier cade (Juniperus oxycedrus) par ses aiguilles n'ayant qu'une seule large bande blanche (alors que les aiguilles du cade ont deux bandes parallèles plus étroites), et par des cônes plus petits et plus sombres.

Le genévrier commun est présent sur des aires très étendues de l'hémisphère Nord, en Amérique comme en Eurasie.
Cette espèce pionnière pousse dans les landes sableuses et sur les pentes rocheuses à sols acides comme sur les sols calcaires. Elle est fréquente sur les stations arides et ensoleillées.
Elle est commune en France où elle est disséminée de l'étage collinéen à l'étage subalpin.
On la trouve en Suisse dans différents milieux naturels : buissons thermophiles sur sol acide (Sarothamnion), lande continentale à Genévrier sabine en Valais (Juniperion sabinae), chênaies buissonnantes (Quercion pubescenti-petraeae), ostryaie buissonnante du sud des Alpes au Tessin et au sud des Grisons (Orno-Ostryon), ainsi que dans les pinèdes continentales basophiles (Erico-Pinion sylvestris). La sous espèce naine Juniperus communis nana pousse dans la lande subalpine xérophile (Juniperion nanae), la lande subalpine méso-hygrophile sur sol acide (Rododendro-Vaccinion) et dans les forêts de mélèzes et d’aroles (Larici-Pinetum cembrae).
On trouve le genre Juniperus au Tibet jusqu'à 4550 mètres d'altitude. Il ne s'agit toutefois pas de Juniperus communis mais d'une autre espèce du genre.
Le terme genévrier dérive de genièvre et du suffixe -ier. Il est issu du latin classique juniperus « genévrier » devenu *jeniperus.

On appelle également genièvre une eau-de-vie (appelée peket en wallon) proche du gin britannique que l'on parfume comme cette dernière à l'aide de ces baies. Ces dernières entrent aussi dans la composition du gin, du sahti scandinave, du borovička d'Europe centrale ou de l'aquavit.
Les baies de genévrier parfument la choucroute et les pâtés, et entrent dans la recette de certains plats de gibier ou viandes grasses, notamment en raison de leurs propriétés digestives.
Pour utiliser le calcium, les Navajos brûlent les branches pour manger la cendre riche en calcium.[réf. nécessaire]
Dans toutes les Alpes on faisait couramment un estre de genièvre (extrait de genièvre). Il donnait beaucoup de travail au cours du mois de décembre. Les graines étaient cuites à l'eau puis pressées avec une presse puissante. Détail des opérations :
Cet estre se conserve très longtemps. Il s'utilise dans du lait chaud, sur des tartines avec un peu de crème fraîche, ou comme sucre doté d'un goût particulier.
Le genévrier est utilisé pour réaliser des haies en raison de sa robustesse. Il peut également être utilisé dans l'art du bonsaï.

Les baies et les jeunes pousses, préparées en infusion, ont des effets diurétiques, stomachiques et digestifs. Dans la médecine traditionnelle des Alpes occidentales, elles sont préparées sous forme d'une confiture amère appelée dzenevrà, terme dérivant du nom de cette plante en valdôtain, dzenévro. Dans la haute vallée du Lys, ce remède naturel est appelé räcketrò ou reckelti dans les deux dialectes locaux de la langue walser (le titsch et le töitschu, respectivement).
Plus qu'un traitement des digestions difficiles et des gaz intestinaux, les baies de genièvres sont ajoutées préventivement lors de la préparation de plats un peu lourds afin de faciliter leur digestion.
Un usage abusif du genévrier peut provoquer des troubles rénaux ; de ce fait, il ne doit pas être utilisé durant les grossesses. Des empoisonnements de chèvres dus à une consommation trop importante de rameaux de ce genévrier ont été rapportés.
Une huile essentielle de genévrier commun est produite par distillation à la vapeur d'eau des baies et des rameaux, il faut environ 100 kg de baies pour espérer obtenir 1,5 kg d'huile essentielle.
Dans sa monographie de 2010, l'Agence européenne des médicaments retient, au titre de l'usage traditionnel, l'emploi oral de l'huile essentielle de genévrier pour le soulagement des troubles digestifs tels que la dyspepsie et les flatulences. Elle mentionne également son utilisation pour augmenter la diurèse lors de troubles urinaires mineurs et, par voie cutanée, comme traitement complémentaire des douleurs musculaires et articulaires mineures. Ces indications reposent sur l'ancienneté de l'utilisation.
Un essai randomisé en double aveugle publié en 2025, portant sur 76 adultes atteints de dyspepsie fonctionnelle, compare une préparation standardisée d'huile essentielle de genévrier, administrée par voie orale à raison de 100 mg par jour pendant 28 jours, à un placebo. Les auteurs rapportent une diminution plus importante d'un score combinant inconfort abdominal, sensation de pression et de plénitude, ainsi qu'une amélioration de la qualité de vie. L'étude est financée par le titulaire de l'autorisation de mise sur le marché du produit étudié.
La monographie européenne contre-indique l'utilisation orale de cette huile essentielle en cas de maladie rénale sévère.
Les musées du genièvre d'Hasselt (nl), de Schiedam (nl) et d'Eeklo (nl) à Hasselt, Schiedam et Eeklo sont consacrés au genévrier en général, au genévrier commun en particulier ainsi qu'à leurs cônes et à l'utilisation qu'il est possible d'en faire en particulier dans l'eau de vie.
Le genièvre est célébré le 9 frimaire ou jour du genièvre du calendrier républicain, chaque 29 ou du calendrier grégorien selon les années.
En Cerdagne, le genévrier était traditionnellement cloué sur les portes pour se protéger du mauvais sort et des voleurs. Un brin dans la poche permettait également de se prémunir des accidents et des attaques d'animaux sauvages. Enfin, les sorcières elles-mêmes l'utilisaient comme encens pour jeter des mauvais sorts.