Kalsilite

Kalsilite
Catégorie IX : silicates
Image illustrative de l’article Kalsilite
Cristaux hexagonaux prismatiques de kalsilite, provenant de Löhley, à Üdersdorf en Allemagne (plan très rapproché)
Général
Symbole IMA Kls
Classe de Strunz
Classe de Dana
Formule chimique KAlSiO4
Identification
Masse formulaire 158,16 uma
Couleur incolore, blanc, gris
Système cristallin hexagonal
Classe cristalline et groupe d'espace 6 2 2 - trapézoédrique

P63 2 2.

Clivage mauvais/Indistinct. Mauvais sur {1010}, {0001}
Jumelage omniprésent à l’échelle microscopique, sur {10-10}, {33-65} et {11-22}
Échelle de Mohs 6
Trait blanc
Éclat vitreux, gras
Propriétés optiques
Indice de réfraction nω = 1,538 - 1,543, nε = 1,532 - 1,537
Biréfringence δ = 0,006 - uniaxe(-)
Transparence oui, translucide
Propriétés chimiques
Densité 2,59 - 2,62 (mesurée)
Solubilité par acide chlorhydrique dilué donnant un liquide gélatineux.

Unités du SI & CNTP, sauf indication contraire.

La kalsilite est une espèce minérale de la famille des silicates, et de formule chimique KAlSiO4. C'est un feldspathoïde, rare sous forme concentrée, mais commun en tant que composant de certaines roches ignées riches en potassium et déficientes en silice. Elle se présente généralement sous forme de grains incolores, d'une taille jusqu'à 0,1 mm, intégrés dans des laves sous-saturées en silice et des roches ignées contenant de la néphéline.

Découverte dans la zone du cratère de Kamengo, dans le district de Gomba, en Ouganda, elle a été décrite par Bannister et Hey en 1943, validée à postériori par l'IMA qui lui attribue le symbole Kls. Elle est baptisée en fonction de sa composition chimique : potassium (latin, kalium), aluminium et silicium.

Membre du groupe des feldspathoïdes avec le groupe de la cancrinite (aluminosilicates à la structure complexe), la carnégiéite, la davidsmithite, la leucite, la métaleucite, la néphéline, le groupe de la sodalite (caractérisé par un empilement de type sodalite d’unités constitutives d’aluminosilicates souvent cubiques), la trikalsilite, la trinéphéline et la yoshiokaïte, elle a pour synonymes parakalinéphéline et parakaliophilite.

Structure et classification

La kalsilite est de structure hexagonale décrite dès 1943, et de classe cristalline 6 2 2. Le groupe d'espace validé P63 2 2, a été précédé de plusieurs versions : P63, P63mc et P31c.

Dans la classification de Strunz recense le minéral dans le groupe des silicates, plus précisément des tectosilicates non-hydratés zéolithique, sans anions non-tétraédriques supplémentaires. Dans la classification de Dana, la kalsilite figure comme tectosilicate de structure Al-Si, feldspathoïdes et espèces apparentées.

Chimie et formation

La kalsilite a une masse molaire de 158,16 g/mol. Elle est fortement oxydée — l'oxygène en est l'élément principal — et l'oxyde le plus présent est le dioxyde de silicium (SiO2) à 37,99 %.

Composition
Potassium 24,72 %
Aluminium 17,06 %
Silicium 17,76 %
Oxygène 40,46 %

La kalsilite est un polymorphe de la kaliophilite (dimorphe), de la panunzite, et de la trikalsilite.

Plusieurs paragenèses peuvent expliquer l'apparition du minéral :

La kalsilite peut être formée par la décomposition de leucite riche en silice dans des roches ultramafiques alcalines à partir d'un dépôt d'émeri au faciès à granulite.

Elle possède une radioactivité, négligeable, provenant de la part de potassium dans sa formule.

Gîtologie et gisements

D'une manière générale, le minéral est trouvé dans la matrice de certaines laves et tufs riches en potassium et pauvres en silice.

Les gîtes minéraux de roche ignée cristalline à gros grains (« plutonique ») qui accueillent la kalsilite sont les syénites kalsilitiques (assez rares) et les pyroxénites kalsilite-biotite.

Dans la roche mélilitique à grains fins, on trouve une mélilitite, de type kalsilite-phlogopite (parfois nommée coppaélite), et 2 mélilitites à olivine (kalsilite-leucite-olivine ou katungite, et kalsilite-phlogopite-olivine à leucite ou euktolite). Dans les gîtes de roche ignée cristalline exotique, on la trouve à faible teneur dans la kamafugite, et dans la roche kalsilitique, elle se concentre à plus de 10 %.

La kalsilite est associée dans la localité type à la calcite, la diopside, les minéraux de la série fayalite-forstérite et la phlogopite.

La base de données minéralogiques Mindat.org recense 76 gisements sur tous les continents, même l'Antarctique (2), en 2025. La majorité se trouve en Europe (33). En France un seul site est connu : les abords du lac de la Cisba à Lapanouse-de-Sévérac, près de Rodez dans l'Aveyron.

Notes et références

  1. ↑ La classification des minéraux choisie est celle de Strunz, à l'exception des polymorphes de la silice, qui sont classés parmi les silicates.
  2. 1 2 H. Uchida, R.T. Downs et H. Yang, « Crystal-chemical investigation of kalsilite from San Venanzo, Italy, using single-crystal X-ray diffraction and Raman spectroscopy », Geochimica et Cosmochimica Acta, vol. 70, no 18,‎ , A677 (ISSN 0016-7037, DOI 10.1016/j.gca.2006.06.1267, lire en ligne, consulté le )
  3. 1 2 (en) « Kalsilite », dans J. W. Anthony, R. Bideaux, K. Bladh et al., Handbook of mineralogy, (lire en ligne [PDF]) (consulté le )
  4. 1 2 3 4 (en) « Kalsilite », sur Mindat.org (consulté le )
  5. ↑ (en) F. A. Bannister et Max H. Hey, « Kalsilite, a polymorph of KAlSiO4, from Uganda », Mineralogical Magazine and Journal of the Mineralogical Society, vol. 26, no 177,‎ , p. 218–224 (ISSN 0369-0148, DOI 10.1180/minmag.1942.026.177.02, lire en ligne, consulté le )
  6. ↑ (en) « The New IMA List of Minerals : A Work in Progress – Updated: July 2024 » [PDF], sur CNMNC, (consulté le )
  7. ↑ (en) Laurence N. Warr, « IMA–CNMNC approved mineral symbols », Mineralogical Magazine, vol. 85, no 3,‎ , p. 291-320 (DOI 10.1180/mgm.2021.43 Accès libre).
  8. ↑ (en) A. J. Perrotta et J. V. Smith, « The crystal structure of kalsilite, KAlSiO4 », Mineralogical Magazine and Journal of the Mineralogical Society, vol. 35, no 272,‎ , p. 588–595 (ISSN 0369-0148, DOI 10.1180/minmag.1965.035.272.02, lire en ligne, consulté le )
  9. ↑ (en) W. A. Dollase et W. P. Freeborn, « The structure of KAlSiO4 with P63 mc symmetry », American Mineralogist, vol. 62, nos 3-4,‎ , p. 336–340 (ISSN 0003-004X, lire en ligne, consulté le )
  10. ↑ (en) Daniela Cellai, Paola Bonazzi et Michael A. Carpenter, « Natural kalsilite, KAlSiO2, and P31c symmetry; crystal structure and twinning », American Mineralogist, vol. 82, nos 3-4,‎ , p. 276–279 (ISSN 0003-004X, DOI 10.2138/am-1997-3-405, lire en ligne, consulté le )
  11. 1 2 (en) « Kalsilite Mineral Data », sur www.webmineral.com (consulté le )
  12. ↑ François Permingeat, « Revue des espèces minérales nouvelles », Bulletin de Minéralogie, vol. 73, no 1,‎ , p. 93–131 (lire en ligne, consulté le )

Voir aussi

Liens externes