Le kamakizu (窯傷, litt. blessure de four) désigne, dans la céramique japonaise, une fissure ou une crevasse provoquée par les contraintes de la cuisson. Considéré comme un défaut dans la production industrielle, il peut au contraire être apprécié dans la céramique traditionnelle japonaise, où il participe à l'esthétique du keshiki (« paysage ») de la pièce.
Le terme kamakizu désigne les fissures qui apparaissent au cours de la cuisson, sous l'effet des tensions thermiques ou du refroidissement de la pièce. Elles peuvent prendre la forme de larges crevasses ou de fissures plus fines. Dans la littérature technique, les kamakizu sont distingués des nyū (貫入), qui correspondent à un réseau de fines craquelures de la glaçure,.
Dans les céramiques destinées à la cérémonie du thé, le kamakizu peut être perçu comme une qualité esthétique plutôt que comme une imperfection. Les crevasses profondes contribuent au keshiki, c'est-à-dire au « paysage » visuel de la pièce, en révélant les effets du feu et de la cuisson.
Un bol de thé Seppō attribué à Hon'ami Kōetsu présente ainsi une profonde crevasse verticale interprétée comme un kamakizu. Restaurée selon la technique du kintsugi, cette fissure est devenue l'un des principaux éléments esthétiques de l'œuvre, la réparation soulignant plutôt qu'effaçant l'histoire de l'objet,.
Dans la céramique industrielle, le kamakizu est considéré comme un défaut de fabrication. Les contraintes de cuisson peuvent provoquer des fissures (hibiware) ou des kamakizu, que les procédés modernes cherchent à éviter par un contrôle précis des cycles thermiques.