Kanzashi

Un tsumami kanzashi de janvier porté par une maiko.

Les Kanzashi (簪?) sont des ornements traditionnels japonais, portés dans les cheveux pour agrémenter les coiffures des femmes. Certains modèles, comme les longues épingles en métal, pouvaient aussi être utilisés comme armes d’auto-défense.

Dans le monde occidental, le terme kanzashi désigne aussi les fleurs de tissu plié appelées au Japon tsumami kanzashi, ou les techniques utilisées pour confectionner ces fleurs.

Histoire

Les kanzashi apparaissent au Japon durant l’ère Jomon. À cette période, un fin bâton ou une épingle étaient supposés posséder des pouvoirs mystiques, et ils étaient utilisés pour éloigner de leur porteur les esprits maléfiques. Cette époque voit aussi l’apparition de l’ancêtre du peigne ornemental japonais.

Sous l’ère Nara, de nombreux éléments de la culture chinoise sont importés au Japon, comme le zan (qui s’écrit avec le même caractère chinois que kanzashi) et d'autres ornements de coiffures. Au cours de la période Heian, le style traditionnel de coiffure évolue : alors que les cheveux étaient auparavant attachés en chignon sur le haut de la tête, ils sont désormais portés longs, et éventuellement attachés plus bas. Le terme kanzashi commence alors à être utilisé comme mot générique pour tous les ornements de coiffure, dont les peignes et les épingles. Puis, durant la période Azuchi-Momoyama, les coiffures changent à nouveau, passant de la taregami (垂髪?), consistant à arborer de longs cheveux raides, à la plus grande variété de styles, désignée sous le nom de « coiffure japonaise » (日本髪, nihongami?) qui emploie de plus en plus d’ornements.

L’usage des kanzashi se généralise au cours de la période d'Edo, alors que les coiffures deviennent plus imposantes et plus complexes et arborent un plus grand nombre d’ornements. Les différents corps d’artisanat produisent des ouvrages finement décorés, dont certains peuvent être utilisés comme armes défensives (comme des épingles en métal sculpté). L’art des kanzashi culmine à la fin de cette période, avec la création de nombreux styles et modèles d’ornements.

De nos jours, les kanzashi sont le plus souvent portés avec des costumes traditionnels par les mariées, les femmes portant quotidiennement ces costumes, comme les geishas, les tayū et les yujo, ou encore les pratiquantes de la cérémonie du thé japonaise et de l'ikebana. Cependant, certaines jeunes femmes japonaises souhaitant ajouter une touche d’élégance et d’originalité à des tenues professionnelles peuvent opter pour les kanzashi.

Les types et styles de kanzashi possèdent chacun des significations, ce qui permet à un connaisseur de déduire de la coiffure d’une geisha son statut et d’autres informations, à partir des ornements choisis et de leurs positions. Les maiko (apprenties geishas) portent généralement des kanzashi plus nombreux et plus élaborés que leurs aînées et leurs coiffures suivent des traditions strictes, avec des motifs précis formés par ces ornements.

Le tsumami kanzashi a été officiellement désigné comme un artisanat traditionnel de la région de Tokyo en 1982. Les artisans professionnels initiés selon les traditions passent par une période d’apprentissage pouvant durer de cinq à dix ans. Leur nombre dans le pays a fortement diminué, passant de quinze à cinq de 2002 à 2010 selon des estimations,. Cependant, les techniques de pliage servant à créer les fleurs du tsumami kanzashi se sont répandues, grâce à des livres d’explications, des kits et des tutoriels proposés par exemple par le Musée du tsumami kanzashi du quartier de Shinjuku. Certains élèves ont contourné le système d'apprentissage traditionnel et se sont établis comme artisans professionnels indépendants de tsumami kanzashi au Japon.

Types de kanzashi

Épingles en laiton plaqué or, broche kanzashi, période inconnue.

Les matières premières pour la fabrication de kanzashi sont nombreuses ; on compte parmi elles le bois laqué, des métaux plaqués d’or ou d’argent, l’écaille de tortue ou la soie, et plus récemment des matières plastiques. Les premiers kanzashi en bakélite sont désormais des pièces de collection prisées.

Il existe plusieurs styles de kanzashi, qui peuvent être combinés dans des arrangements traditionnels représentant des fleurs ou des saisons. Aujourd'hui, seules les maiko portent encore ces arrangements complexes.

Styles de kanzashi

Ogi-bira kanzashi.
Un kogai et un kushi.

Hana kanzashi

Le hana kanzashi est la cascade de fleurs caractéristiques des maiko. Les fleurs sont construites par la technique du tsumami, qui consiste à plier et pincer à l’aide de pinces fines des carrés de soie, qui forment les pétales. Ceux-ci sont ensuite assemblés pour former les fleurs, qui comportent entre 5 et 75 pétales ou plus, selon la fleur reproduite. Un hana kanzashi est un assemblage de ces fleurs, et peut parfois inclure des bira-bira ou de longues chaînes de pétales, conçues pour ressembler aux fleurs pendants de la glycine. Généralement, ils se portent par paires, avec un kanzashi de chaque côté de la tête, souvent avec un kushi assorti et/ou plusieurs fleurs supplémentaires éparpillées sur les cheveux. Les fleurs sont munies de supports de métal ou de carton, attachés à un fil et regroupés pour créer des bouquets ou des arrangements floraux. Des étamines peuvent être ajoutées par souci du détail, grâce à l’utilisation de mizuhiki, une ficelle fine mais solide fabriquée à partir de papier washi, souvent colorée, et utilisée pour les travaux décoratifs.

Les geishas, et plus encore les maiko, portent des hana kanzashi différents selon le mois de l'année.

Kanzashi des saisons

Exemples de kanzashi portés par les maiko selon les différents mois de l'année.

Les traditions japonaises préconisent d’adapter le type de kanzashi à la saison. Cela concerne principalement les geishas et maiko, qui sont les seules femmes japonaises à porter des kanzashi assez souvent pour que les motifs saisonniers soient significatifs. Comme les maiko portent des coiffures et des kanzashi plus élaborés que les geishas, les arrangements saisonniers sont encore plus importantes pour elles.

Références

  1. 1 2 (en) Serge Mol, Classical Weaponry of Japan : Special Weapons and Tactics of the Martial Arts, Kodansha International, , 217 p. (ISBN 978-4-7700-2941-6, lire en ligne).
  2. ↑ « Tsumami Kanzashi Museum », www.gotokyo.org (consulté le 19 mars 2019).
  3. ↑ Nakata Hiroko.
  4. ↑ "Photos: La traditionnelle touche décorative" « Copie archivée » (version du sur archive.org), Le Mainichi Daily News, le 10 juillet 2010, consulté le 14 février 2012.
  5. ↑ Ryoko, traduction anglaise par Kevin Mcgue.

Voir aussi

Articles connexes