| SAS | |
Des romans de SAS. | |
| Auteur | Gérard de Villiers |
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| Pays | |
| Genre | Aventures Espionnage |
| Date de parution | 1965-2013 |
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Cette page présente les 200 romans de la série SAS, créée par Gérard de Villiers et mettant en scène le héros Malko Linge.
« Gérard, qui avait été transporté par notre reportage, me contacta dès mon retour à Paris : « Ma prochaine histoire se passera à Sarajevo ! ». Et il m'emprunta toutes mes cartes d'état-major de la ville et de la région. Son ouvrage, Mission Sarajevo, le numéro 109 de la collection des SAS, demeure un livre de référence sur l'ambiance de la capitale bosniaque au début de son siège. »
« Mais ce n'était ni son talent de reporter ni son flair de géopoliticien que j'admirais le plus chez lui. C'était son génie de la dramaturgie. Gérard savait mieux que quiconque construire une histoire. Je me souviens l'avoir interrompu en plein shopping le : Fonce regarder la télévision, il s'est passé quelque chose qui dépasse tout ce tu as jamais osé imaginer ! Une semaine plus tard, il s'envolait pour new York. Quelle histoire allait-il trouver ? Appliquant le vieux proverbe qu'on ne trahit dans le monde du renseignement que pour quatre raisons (MICE, soit money, ideology, compromission, ego), Gérard choisit la dernière et mit en scène un ancien agent frustré de la CIA, qui avait accepté d'aider Ben Laden à préparer ses attentats, simplement parce que le milliardaire saoudien lui avait offert le thé avec respect et avait donc flatté son ego. Comme il n'était pas question de confier l'enquête au FBI, on envoya le prince Malko enquêter… Mille péripéties s'ensuivirent. Lorsque, attablé au sushi-bar, Gérard m'exposa cette intrigue, je fus profondément bluffé. Avec gourmandise, nous trouvâmes ensuite ensemble le titre : Le Sabre de Bin Laden. Pour moi, cela reste un joyau des romans d'espionnage. »
« Parmi les photos de lui [Gérard de Villiers] avec divers seigneurs de la guerre et des soldats en Afrique, en Asie et au Moyen-Orient, je remarquai une lettre encadrée de Nicolas Sarkozy, datant de 2006, faisant l'éloge du dernier roman SAS et disant que cela lui avait appris beaucoup de choses sur le Venezuela. Il fait semblant de me lire me dit de Villiers d'un air dédaigneux. Mais il n'a rien lu. Chirac me lisait. Et Giscard aussi. »
« (...) un ami m'a invité à consulter La Liste Hariri, l'un des nombreux romans de Gérard de Villiers qui se déroule au Liban et dans la région. Le livre, publié au début de 2010, concerne l'assassinat de Rafic Hariri, l'ancien Premier ministre libanais. J'avais passé des années à enquêter sur la mort de Hariri et j'étais curieux de savoir ce que de Villiers avait écrit sur le sujet. J'ai trouvé que les descriptions de Beyrouth et de Damas étaient d'une précision impressionnante, tout comme le nom des restaurants, l'atmosphère des quartiers et les descriptions de certains des chefs de la sécurité que je connaissais depuis que j'avais été chef du bureau de Beyrouth pour le Times. Mais une vraie surprise m'attendait. La Liste Hariri fournit des informations détaillées sur le complot élaboré pour assassiner Hariri, commandité par la Syrie et exécuté par le Hezbollah. Ce complot est l'un des grands mystère du Moyen-Orient, et j'ai trouvé des informations particulières qu'à ma connaissance aucun journaliste ne possédait au moment de la publication du livre, y compris la liste complète des membres du commando et une description de l'élimination systématique des témoins potentiels par le Hezbollah et ses alliés syriens. J'ai été encore plus impressionné quand j'ai parlé à un ancien membre du Tribunal spécial des Nations unies, siégeant aux Pays-Bas, qui a mené une enquête sur la mort de Hariri. « Quand La Liste Hariri est sorti, tous les membres de la commission étaient stupéfaits, m'a-t-il dit. Ils se demandaient tous qui dans l'équipe pouvait avoir vendu ces informations à de Villiers - car il était très clair que quelqu'un lui avait montré les rapports de la commission ou les rapports originaux des services de renseignement libanais ». Quand j'ai posé la question à de Villiers, un discret sourire de triomphe s'est dessiné sur son visage. »
« Il m'a immédiatement parlé de sa dissection aortique. Il avait failli mourir et avait dû passer trois mois sur un lit d'hôpital. (...) Il est arrivé à maintenir son rythme de publication habituel même à l'hôpital. Il n'y a eu qu'une seule véritable conséquence : il avait utilisé le vrai nom du chef de la CIA en Mauritanie dans son manuscrit et, dans la confusion après l'accident, il a oublié de le changer dans la version finale. Il m'a dit : La CIA était furieuse. J'ai dû m'expliquer. Mes amis à la DGSE ont aussi présenté leurs excuses de ma part. »
« J'ai demandé à de Villiers ce qu'il en était de son prochain roman et ses yeux se sont illuminés. « Je reviens sur une vieille histoire », dit-il. « Lockerbie ». Le livre est fondé sur l'hypothèse que c'était l'Iran et non la Libye qui était responsable du fameux attentat contre l'avion de ligne en 1988. Les Iraniens se sont beaucoup démenés pour convaincre Muammar al-Kadhafi d'endosser la responsabilité de l'attaque, perpétrée pour se venger du fait qu'un avion de ligne iranien avait été abattu par des missiles américains six mois plus tôt, raconte de Villiers. Il s'agit là d'une théorie du complot de longue date encore non avérée, mais lorsque je suis rentré aux États-Unis, j'ai appris que de Villiers n'avait peut-être pas tout à fait tort. J'ai parlé à un ancien agent de la CIA, qui m'a dit que « les meilleures sources de renseignement » sur l'attentat de Lockerbie indiqueraient l'implication de l'Iran. C'est un sujet de controverse intense à la CIA et au FBI, m'at-il dit, en partie parce que les preuves contre l'Iran sont classées secret défense et ne peuvent pas être présentées au tribunal, mais de nombreuses personnes à l'agence pensent que c'est l'Iran qui a orchestré l'attentat. »
« Je fais feu de tout bois ; et je suis comme une éponge, j'enregistre tout, m'a-t-il un jour confié à Peshawar. De Villiers ne laissait jamais très longtemps en jachère une anecdote piquante, car il réutilisait systématiquement tout ingrédient littéraire un tant soit peu goûteux. Dans son dernier livre consacré à l'Afghanistan (Sauve-qui-peut à Kaboul), dans lequel il raconte de manière prophétique une « manip » foireuse des Américains pour se débarrasser du président Hamid Karzaï, Malko passe trois jours enfermé au fond d'un puits. Cette histoire est réelle : elle est arrivée à un grand ami de Gérard, le prince Homayoun Assefi, cousin germain de l'ancien roi Zaher Shah, gentleman diplômé de Sciences Po sous Charles de Gaulle, et homme politique ami des Français. Mais ce n'était ni son talent de reporter ni son flair de géopoliticien que j'admirais le plus chez lui. C'était son génie de la dramaturgie. »