Kenyapithecus wickeri
Kenyapithecus est un genre fossile de grands singes de la famille des Hominidae, qui aurait vécu en Afrique de l'Est et au Proche-Orient au cours du Miocène moyen, d'environ 15 à 14 millions d'années (Ma). Il s'agit d'un genre basal, antérieur au groupe-couronne des Hominidae, composé des Homininae et des Ponginae.
Les premiers fossiles ont été découverts en 1961 par Heselon Mukiri, membre de l'équipe du paléontologue kenyo-britannique Louis Leakey, sur le site de Fort Ternan (en), dans l'ouest du Kenya. Ils étaient constitués d'un fragment de maxillaire (KNM-FT 46) et de dents isolées. Le genre Kenyapithecus et l'espèce Kenyapithecus wickeri ont été décrits en 1961 par Louis Leakey,,. Par la suite ont été trouvés d'autres fossiles, dont un fragment de mandibule (KNM-FT 45) et quelques os postcrâniens.
Des fossiles apparentés ont été découverts en Turquie de 1983 à 1996, sur le site fossilifère de Paşalar, en Anatolie occidentale. Ils comprennent un fragment de maxillaire avec deux dents et plus de 70 dents isolées. L'espèce Kenyapithecus kizili a été décrite en 2008 par Jay Kelley et al..
L'épithète spécifique wickeri rend hommage à Fred Wicker, le fermier qui a aidé à identifier le site fossilifère de Fort Ternan.
L'épithète spécifique kizili est tirée du turc kızıl, qui signifie « rouge ». Ce nom fait référence au Kızıl Tepe (la « montagne rouge »), qui domine le site de Paşalar.
Le genre Kenyapithecus est identifié par des caractères dentaires et mandibulaires. Les molaires possèdent un émail nettement plus épais que chez beaucoup d’autres singes du Miocène inférieur et moyen, ce qui laisse supposer une alimentation plus abrasive ou plus dure. Les molaires ont des couronnes relativement basses avec des cuspides épaisses et arrondies (bunodontes). Les fragments de mandibules montrent un corps mandibulaire relativement épais et robuste. Le cingulum des molaires est réduit par rapport aux hominoïdes plus basaux. Les proportions des prémolaires et molaires rapprochent les deux espèces du genre, surtout dans la largeur des molaires et la robustesse des prémolaires. Celles-ci montrent des caractères de broyage plus développés que chez les formes plus frugivores.
Les deux espèces sont interprétées comme capables d’exploiter des aliments plus coriaces et, en conséquence, peut-être comme davantage terrestres que les Hominoidea basaux.
Les fossiles de Fort Ternan (Kenya) ont été datés de 14 millions d'années par plusieurs équipes successives, qui ont trouvé par différentes méthodes les mêmes résultats. Les fossiles de Paşalar (Turquie) ont été datés d'environ 15 millions d'années par la biostratigraphie.
Le genre Kenyapithecus compte deux espèces :
Kenyapithecus fait partie du groupe-souche des Hominidae, apparus dès 20 à 21 millions d'années, et qui ont donné les Ponginae et les Homininae il y a 16 à 17 millions d'années.
Phylogénie des Hominoidea d'après Al-Ashqar et al. 2026 et Begun 2015 :
| Hominoidea |
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C’est surtout l’analyse comparative des dents de Paşalar par Jay Kelley et al. qui a conduit à attribuer une partie du matériel fossile turc au genre Kenyapithecus plutôt qu’à Griphopithecus alpani, autre espèce proche également trouvée sur le site. Cependant, cette attribution reste discutée. Plusieurs chercheurs considèrent que Kenyapithecus kizili pourrait en réalité appartenir au genre Griphopithecus ou représenter une variation locale proche de ce genre, car les différences morphologiques sont subtiles et largement fondées sur les seules dents.
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