Kostenki

Kostenki
Géographie
Pays
Oblast
District municipal
raïon de Khokholsky (en)
Établissement rural
commune rurale de Kostenki (d) (chef-lieu)
Coordonnées
Démographie
Population
1 438 hab. ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Identifiants
Code postal
396815Voir et modifier les données sur Wikidata
OKATO
20256824001Voir et modifier les données sur Wikidata
Indicatif téléphonique
47371Voir et modifier les données sur Wikidata

Kostenki, ou Kostionki (en russe : Костёнки), est un village de l'oblast de Voronej, en Russie. Il est situé sur la rive moyenne occidentale du Don, dans le raïon de Khokholski. Le mot kostenki signifie « petit os » en russe ; le mot russe костёнки (kostyonki) signifie « petit os » en français.

Le village est connu pour ses vestiges archéologiques (le complexe archéologique de Kostenki-Borshchevo) avec leurs restes fossiles d'Homo sapiens datés du début du Paléolithique supérieur.

Situation géographique

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Archéologie

Le village et ses environs montre une concentration particulière de riches sites paléolithiques. Au moins 26 sites ont ainsi été retrouvé sur les territoires de Kostenki et de Borshchevo, le bourg voisin. L'ensemble couvre une période allant de 42 000 à 20 000 ans BP.

L'éruption du volcan des Champs Phlégréens, en Italie, s'est produite il y a environ 39,28  ±  0,11 ka : une explosion de 500 km3 d'ignimbrite, la plus grande des 200 000 dernières années en Europe. Une couche de cendres volcaniques campaniennes datée de 39 000 ans recouvre certains vestiges, montrant que des humains non identifiés habitaient le site avant l'éruption,.

Les ornements perforés à la main par forages rotatifs, trouvés dans la couche II de Kostenki 17, datent d'avant l'éruption et suggèrent que la population était "technologiquement" prête pour l'hiver volcanique à venir. L'assemblage d'outils lithiques situé au-dessous de la couche volcanique CI tephra est attribué à la culture locale transitionnelle streletskienne (ou Sungir), analogue aux cultures paléolithiques d'Europe centrale à la même époque telles que le Bohunicien.

Les premiers restes humains analysés ont été datés de 32 600 ± 1 100 ans avant le présent par datation au carbone 14, et consistaient en un tibia et une fibula attribués à Homo sapiens.

Génétique

En 1954 a été découvert le squelette d'un jeune homme de petite taille, mort à l'âge de 20-25 ans. Il a été enterré dans une fosse ovale dans une position accroupie, recouvert d'ocre rouge. Ce squelette a été baptisé Markina Gora ou Kostenki 14, et fut daté dans un premier temps vers 30 000 ans avant le présent (AP), puis dans un deuxième temps entre 38 700 et 36 200 ans calibrés AP, donc plus vers le début du Paléolithique supérieur.

En 2009, de l'ADN mitochondrial (ADN-mt) a été extrait de ce fossile : Markina Gora (Kostenki 14) appartient par sa lignée maternelle à l'haplogroupe U2. L'haplogroupe U semble en effet apparaitre vers 50000 ans avant le présent, avant de se diversifier.

L'haplogoupe du chromosome Y (ADN-Y) appartient à l'Haplogroupe C variante M130 ou encore C1b (F1370), variante éteinte en Europe mais cousine de celles des chasseurs-cueilleurs européens postérieurs, tels les individus gravettiens de Dolní Věstonice (République tchèque) et l'individu mésolithique dit « La Braña » (Espagne, voir es:Hombre de La Braña).

Une étude de 2014 portant sur son ADN nucléaire autosomal (ADN-a) montre qu'il avait les yeux foncés et la peau sombre. L'analyse du génome de Markina Gora (Kostenki 14) montre aussi que :

L'analyse du génome de Kostenki montre que les origines des populations européennes actuelles « semblent être beaucoup plus complexes que la plupart des gens le pensaient », et que la dynamique des populations du Paléolithique supérieur (dispersion, mélange, remplacement) est élevée.

Schéma simplifié de la dynamique évolutive des populations du Paléolithique supérieur d'après le génome de Kostenki 14, schéma d'après l'article Seguin-Orlando et al. Science 2014.

Notes et références

  1. ↑ Andrei A. Sinitsyn, Figurative and decorative art of Kostenki: chronological and cultural differentiation, in : L’art pléistocène dans le monde, Actes du Congrès IFRAO, Tarascon-sur-Ariège, septembre 2010, J. Clottes (dir.), 2012.
  2. ↑ (en) B. De Vivo, « New constraints on the pyroclastic eruptive history of the Campanian volcanic Plain (Italy) », Mineralogy and Petrology, Springer Wien, vol. 73, nos 1-3,‎ , p. 47–65 (DOI 10.1007/s007100170010, Bibcode 2001MinPe..73...47D, lire en ligne, consulté le )
  3. 1 2 Mv. Anikovitch et al., « Early Upper Paleolithic in Eastern Europe and implications for the dispersal of modern humans », Science, vol. 315, no 5809,‎ , p. 223–6 (ISSN 0036-8075, PMID 17218523, DOI 10.1126/science.1133376, Bibcode 2007Sci...315..223A)
  4. ↑ pdf
  5. ↑ T. Higham et al., « Revised direct radiocarbon dating of the Vindija G1 Upper Paleolithic Neandertals », Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America, vol. 103, no 3,‎ , p. 553–7 (ISSN 0027-8424, PMID 16407102, PMCID 1334669, DOI 10.1073/pnas.0510005103, Bibcode 2006PNAS..103..553H, lire en ligne)
  6. 1 2 3 4 5 Ann Gibbons, « European genetic identity may stretch back 36,000 years », sciencemag.org, .
  7. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 Andaine Seguin-Orlando et al., « Genomic structure in Europeans dating back at least 36,200 years », Science, volume 346, numéro 6213, pages 1113-1118, .
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  10. ↑ V. G. Moiseev, V. I. Khartanovich, A. V. Zubova, « The Upper Paleolithic Man from Markina Gora : Morphology vs Genetics ? », Herald of the Russian Academy of Sciences, volume 87, numéro 2, pages 116-122, 2017.

Bibliographie

Articles connexes

Liens externes