| L'Avare | |
Harpagon et sa cassette. | |
| Auteur | Molière |
|---|---|
| Genre | Comédie |
| Nb. d'actes | 5 |
| Durée approximative | 2 h 30 min |
| Dates d'écriture | 1668 |
| Sources | Source latine, une pièce de Plaute, Aulularia (La Marmite) |
| Date de parution | 1668 |
| Date de création en français | |
| Lieu de création en français | Théâtre du Palais-Royal |
| Rôle principal | Harpagon |
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L'Avare est une comédie de Molière en cinq actes et en prose, inspirée par La Marmite (Aulularia) de Plaute et représentée pour la première fois sur la scène du Palais-Royal le . Il s'agit d'une comédie de caractère dont le personnage principal, Harpagon, est caractérisé par son avarice caricaturale. Harpagon tente de marier sa fille de force, tout en protégeant obstinément une cassette pleine d'or. Les cinq actes comportent respectivement cinq, cinq, neuf, sept et six scènes.
Cette pièce s'inscrit dans le projet de Molière de dépeindre en les caricaturant les travers de ses contemporains. Elle se situe après Tartuffe de la même veine. Durant l'année 1668, c'est la pièce Amphytrion qui a les honneurs de la scène.
En choisissant de dénoncer l'avarice, Molière sait trouver un sujet plus consensuel. Condamné par l'église comme un des sept péchés capitaux, ce défaut est aussi mal vu par la bonne société de l'époque, pour qui l'honnête homme se doit d'être libéral. En choisissant de camper un usurier, il sait qu'il aura l'aval de tous ceux qui ont eu à souffrir des conséquences d'un emprunt imprudent. La pratique des prêts avec taux d'intérêt, pourtant désapprouvée par l'église, est tellement répandue à cette époque, que Colbert est amené à légiférer sur le montant d'usure.
Le personnage du vieil homme près de ses sous est un ressort comique puissant très courant dans les comédies satiriques à l'époque. Molière, qui connait les œuvres de Plaute, trouve ainsi dans la pièce L'Aulularia l'argument principal et les meilleurs épisodes comiques.
Molière reprend les meilleures scènes de Plaute:
Mais il en modifie l'intrique pour l'adapter aux mœurs de son siècle. Pour ce faire il emprunte d'autres ressorts dramatiques à la comédie italienne à tel point que Luigi Riccoboni remarquera, dans ses Observations sur la comédie et sur le génie de Molière, qu'il n'y a pas « quatre scènes qui soient inventées par Molière ».
Le viol de la fille par le fils du voisin est remplacé par une intrigue amoureuse qui se noue à l'insu de l'avare. L'amoureux s'introduisant dans la famille en tant qu'homme de confiance, est emprunté à la pièce Il Tradito de Basilio Locatelli, jouée à Paris sous le titre Lélio et Arlequin, valets dans la même maison qui met également en scène la rivalité des deux serviteurs. On retrouve une trame analogue dans la pièce I Suppositi (de) de L'Arioste, où un amoureux transi s'est fait serviteur pour courtiser sa belle et se révèle être in fine, un fils de haute naissance. Puisque la cassette ne sert plus de monnaie d'échange, Molière ajoute une autre rivalité amoureuse, attribuant un fils à l'avare et les faisant désirer la même fille. Il introduit également une entremetteuse flattant son égo, ficelle que l'on trouve également dans les amours malheureuses de Pantalon dans Le Case Svaliggiate ou Gli interompimenti di Pantalone, joué à Paris sous le titre de Arlequin, dévaliseur de maisons.
Les stratégies caricaturales d'Harpagon pour conserver son argent sont inspirées d'un texte italien de Francesco Maria Vialardi traduit en français sous le titre La Fameuse Compagnie de la Lésine,.
D'après Grimarest dans sa Vie de Molière, la pièce aurait d'abord été jouée en sans grand succès, mais cette version est mise en doute. Georges Forestier, quant à lui, confirme une élaboration de la pièce durant la première partie de l'année 1668 et une première présentation de la pièce le avec une distribution classique.
| Personnages | Comédien |
|---|---|
| Harpagon, père de Cléante et d'Élise, et amoureux de Mariane | Molière |
| Mariane, amante de Cléante et aimée d'Harpagon | Armande Béjart, dite Mlle Molière (ou Mlle de Brie) |
| Cléante, fils d'Harpagon, amant de Mariane | La Grange (ou Du Croisy) |
| Valère, fils d'Anselme, amant d'Élise | Du Croisy (ou La Grange) |
| Élise, fille d'Harpagon et amante de Valère | Catherine Leclerc, dite Mlle de Brie (ou Armande Béjart) |
| Anselme, alias Dom Thomas d'Alburcy, père de Valère et de Mariane | De Brie[réf. nécessaire] |
| Frosine, femme d'intrigue | Madeleine Béjart, dite Mlle Béjart |
| Maître Simon, courtier | La Thorillière[réf. nécessaire] |
| Maître Jacques, cuisinier et cocher d'Harpagon | André Hubert (ou La Thorillière) |
| La Flèche, valet de Cléante | Louis Béjart |
| Dame Claude, servante d'Harpagon | (?) |
| Brindavoine et La Merluche, laquais d'Harpagon | Molière[réf. nécessaire] |
| Un commissaire et son clerc | La Thorillière[réf. nécessaire] |
Quelques représentations suivent , avant une disparition dès le , puis une présentation aux fêtes organisées par le roi début novembre à Saint-Germain-en-Laye qui rencontre un bon succès et une demi-douzaine de représentations fin décembre. On attribue en général ce début un peu lent au fait que le public aurait été déconcerté par une grande comédie écrite en prose. Mais la pièce finit par trouver son public puisqu'on compte pas moins de 155 représentations à la Comédie Française entre 1680 et 1700, la classant troisième dans les comédies de Molière les plus jouées après Le Tartuffe et Le Misanthrope.
Harpagon est omniprésent dans cette comédie qui traite sous une forme burlesque de sujets au premier abord guère amusants : l'avarice en premier lieu, mais aussi la tyrannie domestique, l'égoïsme et ce qu'aujourd’hui on nomme le sexisme. Étant devenu veuf, il pense pouvoir s'acheter une douceur conjugale pour ses vieux jours, au mépris des désirs des uns et des autres, même de ses propres enfants. Malgré son mode de vie très chiche, dont témoignent ses habits, et les critiques qui lui sont faites sur son train de vie tout au long de la pièce, Harpagon est un bourgeois ambitieux : il compte marier sa fille au seigneur Anselme, noble et gentilhomme. Il se livre à la profession d'usurier, mais en secret puisque c'est incompatible avec son rang, et doit pour cela utiliser un prête-nom. Au prix d'un coup de théâtre moliéresque, ses projets sont ruinés et la seule consolation qui lui reste est enfermée dans une cassette. En grec ancien, ἁρπαγή / harpagế signifie au sens actif « rapacité » ou « avidité » et ἅρπαξ / hárpax « rapace » ou « pillard ».
De nombreuses adaptations de la pièce ont été faites pour le cinéma et la télévision :