Loi d'orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure

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Ne doit pas être confondu avec LOPSI.

LOPPSI 2
Présentation
Titre Loi d'orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure
Référence Loi n°2011-267
NOR: IOCX0903274L
Pays Drapeau de la France France
Langue(s) officielle(s) Français
Adoption et entrée en vigueur

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Texte de la loi sur Légifrance

La loi no 2011-267 du d'orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure est une loi française qui concerne la gestion de la Police nationale et de la Gendarmerie nationale pour la période 2009-2013. Ce texte, appelé LOPPSI 2 en référence à la LOPSI de 2002 qui avait le même objet et porte presque le même nom mais sans « performance », a été élaboré par les ministres de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie (UMP) puis Brice Hortefeux (UMP).

Le texte concerne en particulier la lutte contre la criminalité générale, la récidive, la délinquance routière, la « cyber-pédopornographie », l'instauration d'un couvre-feu pour les mineurs. Il donne également de nouveaux pouvoirs à la police et prévoit d'en déléguer aux polices municipales et aux entreprises de sécurité privée.

Le Conseil constitutionnel a invalidé, par sa décision du , 13 des 142 dispositions du texte adopté par le Parlement,.

Présentation

La loi loppsi 2 contient comme principales mesures,:

Budget

La LOPPSI prévoit un budget de 2,5 milliards d'euros réparti sur 5 ans :

Historique

Le projet de loi a été présenté par la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie le . Les mesures concernant la cybercriminalité ont été présentées le . Le mercredi , ce projet de loi est présenté au conseil des ministres.

Le , lors du Forum International Cybercriminalité, Michel Alliot-Marie présente Internet : « Criminels et délinquants ont compris qu'ils pouvaient, grâce au monde virtuel, reproduire et amplifier ce qu'ils faisaient dans le monde réel. » : escroqueries en ligne, des attaques racistes et antisémites, pédophilie, pédopornographie, espionnage industriel, terrorisme qui utilise Internet pour répandre sa propagande, diffuser des modes d'emploi d'explosifs ou pirater des sites stratégiques. « Le seul point commun aux formes diverses de la cybercriminalité est l'usage du réseau. »

Le texte a été adopté en première lecture le par l'Assemblée nationale. Les sénateurs ont examiné la loi en , lors de la session extraordinaire consacrée à Loppsi 2.

Le , le Conseil constitutionnel a censuré treize articles de la loi LOPPSI 2. Parmi les articles déclarés contraires à la Constitution : l'article 37 qui étendait aux mineurs l'application de peines minimales (« peines plancher »), l'article 41 qui autorisait le procureur de la République à faire convoquer directement un mineur par un officier de police judiciaire devant le tribunal pour enfants sans saisir au préalable le juge des enfants ou le paragraphe III de l'article 90 qui définissait une peine d'occupation illicite[pas clair][réf. nécessaire] du domicile d'autrui,.

La loi a été publiée au journal officiel du .

Critiques

Tim Berners-Lee a dénoncé « un fléau » en désignant cette loi parmi d'autres en France et à l'international en évoquant : « la vague de législations qui entendent donner aux gouvernements et aux fournisseurs d'accès le droit et le devoir de déconnecter les gens »".

Reporters sans frontières relaye ces inquiétudes en rappelant les possibilités de dérive.

Retard

Selon l'opposition, cette loi serait prête depuis . Elle dénonce, à demi-mot, un retard stratégique, car la plus grosse tranche du budget de cette loi sera en 2013, après l'élection présidentielle.

Problèmes de sécurité liés au mouchard

Le projet de loi n'explique pas ce que seront exactement les moyens techniques pour recueillir les données. Mais le FBI a déjà utilisé des programmes qui espionnent les frappes de touches, tel que Magic Lantern, utilisant les techniques des pirates informatiques pour l'installer dans l'ordinateur ciblé. L'utilisation de tels programmes pour ne pas être détectés nécessite la coopération des sociétés éditant les antivirus. Certains experts en sécurité redoutent que des pirates développent des programmes malicieux se faisant passer pour le logiciel du FBI.

Filtrage

Selon La Quadrature du net :

Une inquiétude majeure est également née du fait qu'un juge n'est pas nécessaire à la censure d'un site par la police, et qu'aucun appel n'est possible à la suite d'une telle censure.

Selon le rapport « Le commerce de la pédopornographie sur Internet de 2000 à 2010 », le filtrage favorisera les « professionnels de la distribution qui, eux, ont mis au point depuis longtemps des dispositifs technologiques et marketing parfaitement à l'abri [de ce] filtrage » :

« Au final, des sommes astronomiques vont être dépensées sans apporter l’ombre d’une solution au problème de la pédophilie. »

Usurpation d'identité

PC Inpact s'interroge sur l'utilité et l'interprétation de l'article concernant l'usurpation d'identité, car aucune plainte en ce sens n'a été enregistrée sur la plate-forme de signalement de l'Etat.

Critiques de la presse internationale

Selon Ars Technica, Der Spiegel et The Register, la France s'est dotée de la loi la plus répressive du monde en matière de cybercriminalité, passant devant l'Australie, déjà réputée pour sa sévérité en la matière.

Avis de la CNIL

La CNIL a rendu le son avis sur ce projet de loi :

«  Nous sommes inquiets par ce projet de loi. Nous redoutons une utilisation excessive de ce système d’espionnage par la police, qui pourrait mettre en danger la protection des sources journalistiques. Le cadre de mise en œuvre de la captation des données informatiques doit être plus clairement défini. Nous demandons aux parlementaires de présenter des amendements pour mieux encadrer ce projet. »

Notes et références

  1. ↑ Loi n° 2011-267 du 14 mars 2011 d'orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure
  2. ↑ Communiqué de presse du Conseil constitutionnel, « Communiqué de presse - 2011-625 DC », sur conseil-constitutionnel.fr, (consulté le ).
  3. ↑ Samuel Laurent, « LOPPSI : Sécurité : les sages enterrent le discours de Grenoble de Sarkozy », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  4. ↑ Eric Pelletier, « Le nouveau plan quinquennal de sécurité », L'Express,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  5. ↑ Le Sénat se penche sur la Loppsi 2, hétéroclite fourre-tout législatif, Le Monde, 6 septembre 2010
  6. ↑ LOPPSI. Dérive sécuritaire : quand la police veut pirater les ordinateurs..., Le Post, 28 mai 2009
  7. ↑ « La Loppsi présentée ce mercredi en conseil des ministres (MAJ) », sur Numerama, (consulté le ).
  8. ↑ « Vidéosurveillance : des « comités d’éthique » sans pouvoirs, sans budget et, parfois, sans activité », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  9. ↑ « L'État peut vendre les fichiers personnels des cartes grises », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  10. ↑ « Le projet de loi devrait être adopté fin 2009 », La Tribune,‎ (lire en ligne)
  11. ↑ Ministère de l'Intérieur. Discours de présentation des chiffres de la délinquance
  12. ↑ Intervention de Michèle Alliot-Marie, Ministre de l'Intérieur, de l'Outre-Mer et des Collectivités Territoriales - Forum International Cybercriminalité - Mardi - Lille
  13. ↑ « Décision n° 2011-625 DC du 10 mars 2011, Loi d'orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure », sur Conseil constitutionnel.
  14. ↑ (en) Conseil Constitutionnel, « Décision Nekkaz du 22 mars 2007 » [archive du ], sur conseil-constitutionnel.fr via Wikiwix.
  15. ↑ « Hadopi et les lois anti-piratage sont "un fléau", selon le père du web », Le Nouvel Observateur,‎ (lire en ligne)
  16. ↑ Lucie Morillon, « [INTERVIEW] Avec Loppsi, "la liberté d'expression sur Internet est en danger" », Le Nouvel Observateur,‎ (lire en ligne)
  17. ↑ Dephine Batho, « Un festival d'annonces, aucune doctrine, des reculs », Le Nouvel Observateur,‎ (lire en ligne)
  18. ↑ (en) « The FBI's "Magic Lantern" Shines Bright », sur kaspersky.com, (consulté le ).
  19. ↑ « LOPPSI : la protection de l'enfance prétexte à la censure du Net. », sur laquadrature.net, (consulté le ).
  20. ↑ « Principe, intérêts, limites et risques du filtrage hybride », sur laquadrature.net, (consulté le ).
  21. ↑ (en) « Des sites anti-censure retrouvés filtrés au nom de la lutte contre la pédopornographie en Finlande », sur wikileaks.org.
  22. ↑ (en) Asher Moses, « Des sites critiquant la censure de la même façon filtrés en Australie », The Sydney Morning Herald,‎ (lire en ligne Accès payant).
  23. ↑ « Analyse de la loi LOPPSI 2 » [archive du ], sur ziczaquons.fr via Internet Archive (consulté le ).
  24. ↑ pdf
  25. ↑ « La Loppsi fera la fortune des réseaux de pornographie infantile » [archive du ], sur Rue89 via Internet Archive.
  26. ↑ « Next INpact - Actualités informatique et numérique au quotidien », sur pcinpact.com (version du sur archive.org).
  27. ↑ https://www.internet-signalement.gouv.fr/.
  28. ↑ (en) « Move over, Australia : France taking 'Net censorship lead », sur Ars Technica, (consulté le ).
  29. ↑ (en) Stefan Simons, « France Moves Closer to Unprecedented Internet Regulation », Spiegel Online, Der Spiegel, (consulté le ).
  30. ↑ (en) « France leapfrogs past Australia in Big Brother stakes », The Register (consulté le ).
  31. ↑ « Big Brother et censure : la presse étrangère critique sur la Loppsi 2 », sur ZDNET, (consulté le ).
  32. ↑ « Des logiciels-espions qui menacent les libertés ? », sur rsf.org.

Liens externes