La Chasse au Snark (en anglais: The Hunting of the Snark), sous-titré Une agonie en huit chants (An Agony in 8 Fits, parfois transposé selon les traductions par «Crise en huit épisodes»), est un récit sous forme de poème écrit par Lewis Carroll et publié en 1876. «C’est une œuvre majeure de Lewis Carroll».
Résumé
C’est un parangon de l’absurde, ayant pour cadre la chasse d’un animal fantastique, le “Snark”.
Les personnages, menés par l’Homme à la cloche, sont eux aussi délirants (un boucher, un castor, un boulanger, etc.). C'est «un équipage improbable et hétéroclite, un animal fantastique, c'est un joyau de non-sens et nul ne sait à quoi ressemble le Snark».
L’histoire se clôt par la disparition du boulanger quand il se rend compte que le Snark qu’il a trouvé est en fait un “Boujeum” (en anglais: Boojum), animal apparenté au Snark et lui ressemblant, mais en version ou variante spécifique dangereuse puisque dès qu'on en voit un on disparaît immédiatement: au point que le boulanger n'a même pas le temps de prononcer son nom en entier et disparaît sur ce dernier fragment de mot: «Bou...», qui est également le dernier mot du poème.
De nombreux mots sont totalement inventés dans cette œuvre, comme c'est le cas dans d’autres récits-poèmes de l’auteur: le Jabberwocky par exemple, nom et mots diversement traduits en français et que l'on trouve dans son roman De l'autre côté du miroir, et ce qu'Alice y trouva.
Nombreux mots inventés, à commencer par celui de l'animal fantastique énigmatique dont le nom présent dans le titre de ce poème-ci:
«“Snark” est un mot-valise fait en anglais de “snake”, le serpent, et de “shark”, le requin. On aurait pu certes, précise Roger-Pol Droit, lui trouver une traduction en français, mais le mot est resté non traduit». Dans l'émission de Géraldine Mosna-Savoye: Le Souffle de la pensée (5 septembre 2025).
Illustrations
Le récit est accompagné de neuf illustrations d’Henry Holiday.
Les différentes traductions
Par son humour nonsense typiquement anglais, ses tournures idiomatiques, ses nombreux jeux de mots et de langage, la traduction de ce poème fleuve en français représente un défi auquel ont désiré s'affronter plusieurs poètes, écrivains et/ou philosophes. Ce qui a donné lieu à des traductions plus nombreuses que d'habitude, très différentes les unes des autres, sans qu'aucune d'entre elles puisse de ce fait être vraiment considérée comme une «traduction de référence». Ainsi on trouve dans l'ordre chronologique probable:
Commentaire de l'éditeur: «Le nonsense délirant de Lewis Carroll et le surréalisme rêveur d'Aragon: un classique d'hier réédité aujourd'hui pour la première fois en bilingue».
traduction publiée une première fois en 1945, suivie de Fantasmagorie et de Poeta fit non nasciture (ASIN: B0018GSN68), puis:
chez Jean-Jacques Pauvert-Montreuil en 1962, édition bilingue La Chasse au snark ― Crise en huit épisodes, avec neuf illustrations par Henry Holiday, 82 pages;
traduction reprise en compilation et en collection de poche GF-Flammarion n° 312, en 1979, sous le titre Tout Alice comprenant, outre La Chasse au Snark, les trois romans d'Alice (dont la première version inédite Les aventures d'Alice sous terre) et divers écrits ou adaptations autour du personnage d'Alice par Lewis Carroll, ainsi que les Lettres à Alice Liddell de Lewis Carroll, 446 pages; le tout traduit par Henri Parisot, avec chronologie, préface et bibliographie de Jean-Jacques Mayoux, et une postface d'Henri Parisot: Pour franciser les jeux de langage d'Alice. Réédition inchangée en 1992 (ISBN2-08-070312-9);
traduction reprise en compilation dans la collection Bouquins des éditions Robert Laffont, en 1989, sous le titre Œuvres - 2. Le coffret de deux volumes contient toutes les œuvres de Lewis Carroll en 1920 pages (ISBN2-221-05710-4), dont 920 pages pour ce volume 2 (ISBN2-221-06440-2) avec préfaces et de nombreux autres récits, poèmes et écrits de Lewis Carroll par d'autres traducteurs divers.
C'est la traduction préférée du philosophe Roger-Pol Droit. Elle est notamment connue par sa tentative de trouver des équivalences en français pour les nombreux jeux de mots en anglais chez Lewis Carroll.
réédition en coffret de 64 pages avec des illustrations d'Annie-Claude Martin chez Garance éditeur en 1981, pas d'ISBN,
réédition en collection de poche et en bilingue chez Folio en 2010 (ISBN978-2070436682), 144 pages.
Commentaire de l'éditeur: «En regard du texte anglais, [...], la traduction de l'oulipien Jacques Roubaud respecte l'oralité de ce long poème». Avec les illustrations de l'édition originale par Henry Holiday, dont certaines sont reproduites dans le présent article. Suivi de «À travers le “Jabberwocky” de Lewis Carroll»: onze mots-valises dans huit traductions, commentés par Bernard Cerquiglini, et avec une présentation d'Hervé Le Tellier.
Normand Baillargeon, chez Lux Éditeur (Montréal, 2007), La chasse au Snark ― Une agonie en huit chants, (ISBN978-2895960461), édition bilingue illustrée par Charlotte Lambert au format 18,5 x 18,5 cm, 111 pages.
Hydrologie: le poème de Lewis Caroll a été parodié dans un article publié dans une revue scientifique bien connue pour critiquer avec humour les rivalités existant dans la communauté scientifique.
Géographie: une île du Snark et un rocher Boojum existent dans les îles d'Andaman et Nicobar Islands dans la Baie du Bengale.
↑ Un mot-valise en français pour traduire “Snark” pourrait être par exemple le «Serquin» (serpent + requin) lequel reprendrait trois des quatre sons consonnes: la sifflante[s], la fricative[χ], et l'occlusive[k], toutes trois sourdes ici, à la tonalité inquiétante comme en anglais. Dans le même esprit, Ivan Riaboff propose, dans sa traduction du poème de Carroll publiée aux éditions Baleine (voir ci-dessous), une transposition en français de Snark par le mot «Scrapquin», mais qui n'est pas un mot-valise identifié. Ces transpositions en français sont donc des équivalents poétiques satisfaisants à la fois du point de vue du son et du sens, selon la définition de Paul Valéry: «Le poème — cette hésitation prolongée entre le son et le sens.» → Voir les références sur Wikiquote ici: Paul Valéry Œuvres II (1941), «Poésie», sur fr.wikiquote.org (consulté le ).
↑ Cet ordre chronologique des différentes traductions de La Chasse au Snark demande à être encore vérifié, car la première édition de chaque traduction n'a pas toujours pu être sourcée précisément pour l'instant.
↑Lewis Carroll, trad. Henri Parisot, «Tout Alice», sur noosfere.org/livres, 1979 / 1992 (consulté le ).
↑Lewis Carroll, trad. Henri Parisot et alii, «Œuvres - 2», sur noosfere.org/livres, (consulté le ).
↑Lewis Carroll, trad. Jacques Roubaud, «La Chasse au Snark», sur noosfere.org/livres, (consulté le ).
↑Lewis Carroll, trad. Bernard Hœpffner, «La Chasse au Snark», sur noosfere.org/livres, (consulté le ).
↑N. David Mermin, Boojums all the way through: Communicating science in a prosaic age, Cambridge University Press, (ISBN0-521-38880-5, lire en ligne), xii.
↑Vazken Andréassian, Nicolas Le Moine, Thibault Mathevet, Julien Lerat, Lionel Berthet et Charles Perrin, «The hunting of the hydrological snark», Hydrological Processes, vol.23, no4, , p.651-654 (DOI10.1002/hyp.7217).