Laura Aguilar

Page d’aide sur l’homonymie

Pour les articles homonymes, voir Aguilar.

Laura Aguilar
une illustration sous licence libre serait bienvenue
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 58 ans)
Long BeachVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
East Los Angeles College (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Activité
Autres informations
Mouvements
Féminisme, LGBT, Lutte contre la grossophobie, féminisme intersectionnel (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Distinction

Laura Aguilar, née le 26 octobre 1959 à San Gabriel et morte le 25 avril 2018 à Long Beach, est une photographe lesbienne américaine.

Elle est largement autodidacte, bien qu'elle participe à quelques cours de photographie au East Los Angeles College, où elle expose ses photos, dans une exposition intitulée Show and Tell. Elle est connue pour ses portraits et surtout pour ses autoportraits. Elle se focalise sur la représentation de personnes de communautés marginalisées, explorant les thèmes LGBT et latinos, l'estime de soi et la stigmatisation sociale de l'obésité (grossophobie). Elle est reconnue comme une figure proéminente de la photographie LGBT.

Biographie

Laura Aguilar est la fille d'un père mexicain-américain de première génération. Sa mère est d'ascendance mixte mexicaine et irlandaise. Elle a une dyslexie auditive et développe très tôt un intérêt pour la photographie, et poursuit ses études secondaires à la Schurr High School (en) de Montebello, en Californie.

En 1987, pendant un cours de photographie à l'école, elle rencontre Gil Cuadros (es), un poète mexicano-américain séropositif. Cuadros accompagne Aguilar au downtown Los Angeles pour faire de la photographie,.

Laura Aguilar exerce comme photographe à partir des années 1980. Elle est principalement autodidacte, bien qu'elle étudie un temps à l'East Los Angeles Community College et participe aux ateliers The Friends of Photography Workshop et aux Santa Fe Photographic Workshop,.

Pionnière du féminisme intersectionnel, Laura Aguilar réalise principalement des portraits. Son travail se concentre sur des portraits humains et défie les constructions sociales contemporaines de beauté, en se focalisant sur les lesbiennes latinas, les Noirs et les personnes en surpoids. Selon les critiques, elle aurait souvent utilisé l'autoreprésentation pour accepter son propre corps en défiant les normes sociales de sexualité, de classe, de genre et de race. Elle intègre dans sa pratique artistique une représentation des vulnérabilités, du lesbianisme et de la condition chicana, qui forment sa propre identité multiforme. Elle se définit elle-même comme lesbienne, latina et pauvre. Dans sa série Stillness (1996–99), Motion (1999) et Center (2001), elle mélange le genre du portrait avec celui du paysage et de la nature morte, se mettant en scène nue dans le paysage. Aguilar déclare que son objectif artistique est de « créer des images photographiques qui représentent avec compassion l'expérience humaine, révélée à travers les vies d'individus des communautés de lesbiennes/gay et/ou personnes de couleur »,,,,.

Les œuvres d'Aguilar sont montrées dans plus de 50 expositions nationales et internationales, y compris à la Biennale de Venise de 1993, en Italie, la Bridge Gallery de la mairie de Los Angeles, Los Angeles Contemporary Exhibitions (LACE), au Los Angeles Photography Center, à la Women's Center Gallery de l'université de Californie à Santa Barbara, et à l'exposition Visibilities: Intrepid Women of Artpace. En 1995, elle reçoit le prix James D. Phelan pour la photographie, et en 2000, elle reçoit le prix Anonymous Was A Woman. Elle a sa première rétrospective au Vincent Price Art Museum (en) du East Los Angeles College, au sein de la série d'expositions Pacific Standard Time: LA/LA (en) en 2017-18. L'exposition est aussi montrée à Miami au Frost Art Museum et au Musée national d'art mexicain de Chicago. Elle est inaugurée dans le musée Leslie-Lohman de New York au printemps de 2021,,,,,,,,.

Postérité

Laura Aguilar est morte de complications dues au diabète dans la résidence Colonial Care Center de Long Beach en Californie, à 58 ans.

De nouvelles rétrospectives ont lieu après son décès, comme Laura Aguilar: Body and Landscape, The Huntington, en 2026 et Body, land, and lens: the photography of Laura Aguilar, jusqu'en 2027 au Victoria and Albert Museum de Londres.

Collections

Son œuvre fait partie de diverses collections publiques, comme l'Institut Kinsey de recherche sur le sexe, le genre et la reproduction de l'université de l'Indiana, à Bloomington, le musée d'art du comté de Los Angeles, le musée d'art contemporain de Los Angeles, le musée Whitney d'art américain de New York ou encore le Nouveau musée d'art contemporain de New York,,.

Œuvre

Réception et critique

Critiques et académiques associent l'œuvre d'Aguilar avec le féminisme chicana. Aguilar s'éloigne des images normatives des corps féminins chicanos. Chon Noriega (en), directeur du Centre de Recherche d'Études chicanos à UCLA, indique « Aguilar se distingue par la manière dont elle « collabore avec des sujets qui sont ses pairs, de sorte que ses œuvres ne traitent pas des rapports de pouvoir entre la photographe et le sujet, comme c'est souvent le cas, bien qu'implicitement, dans […] la tradition même du documentaire social »,.

À propos de l’œuvre d’Aguilar Three Eagles Flying, Charlene Villasenor Black, professeure à l’UCLA qui enseigne l’œuvre d’Aguilar tant dans ses cours d’histoire de l’art que dans ceux consacrés aux études chicanx, déclare : « [Aguilar] remet en question l’idée du nu féminin – l’un des genres les plus importants de l’art occidental – en tant qu’objet passif du regard masculin. Il est très clair qu’elle est consciente de la tradition, et qu’elle est capable de reprendre certains éléments du canon pour nous montrer à quel point cette signification est instable et à remettre en question ces idées essentialistes sur les femmes ».

Selon les critiques, ses autoportraits les plus récents explorent la manière dont s’entrecroisent ses identités de femme latino-américaine, lesbienne, dyslexique et en surpoids,. Sa série la plus connue est souvent considérée comme étant Latina Lesbians (1986-89), qu’elle a lancée afin de contribuer à donner une image positive des lesbiennes latino-américaines lors d’une conférence sur la santé mentale. Parmi ses autres œuvres populaires, on peut citer Clothed/Unclothed (1990-94), Plush Pony (1992) et Grounded (2006-07), cette dernière étant sa première œuvre réalisée en couleur. Le critique A. M. Rousseau note : « [Aguilar] rend public ce qui est le plus intime. Par cet acte audacieux, elle transgresse les images familières de la représentation du corps humain et remplace les stéréotypes par des images d’autodéfinition. Elle revendique son corps pour elle-même »,,.

Bibliographie

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Références

(es) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en espagnol intitulé « Laura Aguilar » (voir la liste des auteurs).
  1. 1 2 3 4 Dunster 2024, p. 227.
  2. ↑ « Laura Aguilar Paintings, Bio, Ideas », sur The Art Story (consulté le )
  3. ↑ (en-US) « Laura Aguilar », sur SPEEDWELL Contemporary (consulté le )
  4. 1 2 3 4 (en) Leimer, « Chicana Photography: The Power of Place », National Association for Chicana and Chicano Studies Annual Conference,‎ (lire en ligne, consulté le )
  5. ↑ (en-US) « Andy Campbell on Laura Aguilar », www.artforum.com (consulté le )
  6. ↑ (en) George E. Haggerty et Bonnie Zimmerman, Encyclopedia of Lesbian and Gay Histories and Cultures, (ISBN 9780815333548, lire en ligne), p. 65
  7. ↑ (en) « Aguilar, Laura », Social Networks and Archival Context Project (consulté le )
  8. 1 2 (en) « Body, land, and lens: the photography of Laura Aguilar · V&A », sur Victoria and Albert Museum (consulté le )
  9. ↑ (en-US) « Laura Aguilar », sur AWARE Women artists / Femmes artistes (consulté le )
  10. ↑ (en) Lopez, « Queer Arts in Los Angeles: Laura Aguilar », almalopez.com
  11. ↑ (en) Sidonie Ann Smith et Julia Anne Watson, Interfaces: Women, Autobiography, Image, Performance, (ISBN 0472068148, lire en ligne), p. 69
  12. ↑ (en) Maythee Rojas, Women of Color and Feminism, (ISBN 9781580053259, lire en ligne), p. 130
  13. 1 2 (en) « Laura Aguilar - Statement » [archive du 5 de marzo de 2019], www.cla.purdue.edu, sur cla.purdue.edu via Internet Archive (consulté le )
  14. 1 2 (en) « Biography of Laura Aguilar » [archive du 12 de abril de 2018], Susanne Vielmetter Los Angeles Projects, sur vielmetter.com via Internet Archive (consulté le )
  15. ↑ (en) Diana Burgess Fuller et Daniela Salvioni, Art, Women, California 1950-2000: Parallels and Intersections, University of California Press, (ISBN 9780520230668, lire en ligne), 254
  16. ↑ (en) Vicki L. Ruiz et Virginia Sánchez Korrol, Latinas in the United States: A Historical Encyclopedia, (ISBN 0253111692, lire en ligne), p. 64
  17. ↑ (en) « Virtual Tour – Visibilities: Intrepid Women of Artpace » Artpace », artpace.org (consulté le )
  18. ↑ (en-US) Martin, « Artpace in San Antonio devoting 25th anniversary to works by women. », ExpressNews.com, (consulté le )
  19. ↑ (en) Deborah Bright, The Passionate Camera: Photography and Bodies of Desire, Psychology Press, (ISBN 978-0-415-14582-4, lire en ligne)
  20. ↑ (en) « Laura Aguilar: Show and Tell », Vincent Price Art Museum, (consulté le )
  21. 1 2 (en-US) Durón, « Laura Aguilar's Lasting Legacy: How the World Caught Up to the Pioneering Photographer », ARTnews.com, (consulté le )
  22. ↑ (en) Cotter, « She Turned Her Audacious Lens on Herself, and Shaped the Future », The New York Times,
  23. ↑ Carolina A. Miranda, « Photographer Laura Aguilar, chronicler of the body and Chicano identity, dies at 58 », Los Angeles Times,‎ (lire en ligne)
  24. ↑ (en) « Laura Aguilar: Body and Landscape | The Huntington » [archive du ], sur www.huntington.org (consulté le )
  25. ↑ (en) « Laura Aguilar: LACMA Collections », collections.lacma.org (consulté le )
  26. ↑ (en) « Laura Aguilar », The Museum of Contemporary Art, Los Angeles (consulté le )
  27. ↑ (en) « Laura Aguilar: Whitney Museum of American Art », Whitney Museum of American Art
  28. ↑ (en) Aguilar, « Human Nature », Boom: A Journal of California, vol. 5, no 2,‎ , p. 22–27 (DOI 10.1525/boom.2015.5.2.22, lire en ligne)
  29. ↑ (en) Mark Shackleton, Diasporic Literature and Theory, Cambridge Scholars, , 162 p.
  30. 1 2 (en) Dana Luciano et Mel Y. Chen, « Has the Queer Ever Been Human? », GLQ: A Journal of Lesbian and Gay Studies, vol. 21, nos 2-3,‎ , p. 183–207 (ISSN 1064-2684 et 1527-9375, DOI 10.1215/10642684-2843215, lire en ligne, consulté le )
  31. 1 2 (en) Ressler, « Women Artists of the American West: Lesbian Photography on the U.S. West Coast 1972-1997 » [archive du 5 de marzo de 2019], Women Artists of the American West, sur cla.purdue.edu via Internet Archive, Purdue University, West Lafayette, India (consulté le )
  32. ↑ (en) Diana Fuller, Fuller, Diana Burgess; Salvioni, Daniela (2002). Art, Women, California 1950-2000: Parallels and Intersections., University of California Press, , 254 (ISBN 9780520230668, lire en ligne)
  33. ↑ (en) Patricia, « The Private and the Public in the Photography of Laura Aguilar - eScholarship »,
  34. ↑ (en) Angela Davis, Beyond the Frame: Women of Color and Visual Representation, PALGRAVE MACMILLAN™, , 208–216 (ISBN 1-4039-6533-1, lire en ligne)
  35. ↑ (en) David William Foster, Picturing the Barrio: Ten Chicano Photographers, University of Pittsburgh Press, , 76 (ISBN 978-0-8229-8238-8, lire en ligne)
  36. ↑ Di Certo, « The Unconventional Photographic Self-Portraits of John Coplans, Carla Williams, and Laura Aguilar »,
  37. ↑ Zepeda, « Tracing Queer Latina Diasporas: Escarvando Historical Narratives Of Ancestries And Silences », UC Santa Cruz Electronic Theses and Dissertations,‎ , p. 200–202 (lire en ligne)
  38. ↑ Carolina A. Miranda, « Stories of the Plush Pony: Artist Laura Aguilar's portraits capture a lost era at a working-class lesbian bar », Los Angeles Times,‎ (lire en ligne)
  39. ↑ (en) Perez, « Chicana Aesthtics: A View of Unconcealed Alterities and Affirmations of Chicana Identity through Laura Aguilar's Photographic Images », Lux: A Journal of Transdisciplinary Writing and Research from Claremont Graduate University,‎ (lire en ligne, consulté le )
  40. ↑ (en) Chon Noriega, « Laura Aguilar: Clothed Unclothed: Challenging Normative Conceptions of the Body », Newsletter of the UCLA center for the study of women,‎ (lire en ligne, consulté le )
  41. 1 2 (en) « Laura Aguilar - Statement » [archive du ], sur www.cla.purdue.edu (consulté le )

Voir aussi

Liens externes