Elle est largement autodidacte, bien qu'elle participe à quelques cours de photographie au East Los Angeles College, où elle expose ses photos, dans une exposition intitulée Show and Tell. Elle est connue pour ses portraits et surtout pour ses autoportraits. Elle se focalise sur la représentation de personnes de communautés marginalisées, explorant les thèmes LGBT et latinos, l'estime de soi et la stigmatisation sociale de l'obésité (grossophobie). Elle est reconnue comme une figure proéminente de la photographie LGBT.
Biographie
Laura Aguilar est la fille d'un père mexicain-américain de première génération. Sa mère est d'ascendance mixte mexicaine et irlandaise. Elle a une dyslexie auditive et développe très tôt un intérêt pour la photographie, et poursuit ses études secondaires à la Schurr High School(en) de Montebello, en Californie.
Laura Aguilar exerce comme photographe à partir des années 1980. Elle est principalement autodidacte, bien qu'elle étudie un temps à l'East Los Angeles Community College et participe aux ateliers The Friends of Photography Workshop et aux Santa Fe Photographic Workshop,.
Pionnière du féminisme intersectionnel, Laura Aguilar réalise principalement des portraits. Son travail se concentre sur des portraits humains et défie les constructions sociales contemporaines de beauté, en se focalisant sur les lesbiennes latinas, les Noirs et les personnes en surpoids. Selon les critiques, elle aurait souvent utilisé l'autoreprésentation pour accepter son propre corps en défiant les normes sociales de sexualité, de classe, de genre et de race. Elle intègre dans sa pratique artistique une représentation des vulnérabilités, du lesbianisme et de la condition chicana, qui forment sa propre identité multiforme. Elle se définit elle-même comme lesbienne, latina et pauvre. Dans sa série Stillness (1996–99), Motion (1999) et Center (2001), elle mélange le genre du portrait avec celui du paysage et de la nature morte, se mettant en scène nue dans le paysage. Aguilar déclare que son objectif artistique est de «créer des images photographiques qui représentent avec compassion l'expérience humaine, révélée à travers les vies d'individus des communautés de lesbiennes/gay et/ou personnes de couleur»,,,,.
Laura Aguilar est morte de complications dues au diabète dans la résidence Colonial Care Center de Long Beach en Californie, à 58 ans.
De nouvelles rétrospectives ont lieu après son décès, comme Laura Aguilar: Body and Landscape, The Huntington, en 2026 et Body, land, and lens: the photography of Laura Aguilar, jusqu'en 2027 au Victoria and Albert Museum de Londres.
Nudes and Self Portraits: une grande partie du travail d'Aguilar sont des autoportraits nus, ces séries comprennent Stillness, Window (Nikki on My Mind),Motion, Grounded, Center et Nature Self-Portraits,,,.
Clothed/ Unclothed Séries (1990-1994): une série de díptyques qui représentent une variété de thèmes à propos de personnes LGBT, hétérosexuelles, latines et noires. La première photographie montre des personnes habilles et la deuxième des personnes sans vêtement.
In Sandy's Room 1989 est un autoportrait qui montre Aguilar couchée dans une chaise face à une fenêtre ouverte.
Three Eagles Flying 1990 est un triptyque. Dans le centre, Aguilar est attachée avec des cordes avec le drapeau mexicain enveloppé autour de sa tête et le drapeau américain autour de ses hanches. L'aigle du drapeau mexicain couvre son visage. Le panneau à sa gauche est une photo du drapeau mexicain et à sa droite est le drapeau américain,.
Latine Lesbian Séries 1986-1990 est une série de portraits en blanc et noir de femmes lesbiennes, pour la plupart commandés par Yolanda Retter(en). Sous chaque portrait figurent des notes écrites à la main par les femmes qui apparaissent dans les photos.
Plush Pony Séries 1992 est la tentative d'Aguilar de montrer tous les visages de la communauté lesbienne latine. Aguilar se trouve dans le bar de lesbiennes de l'est de Los Angeles appelé The Plush Pony et photographie les clientes en créant une série de portraits en blanc et noir de la communauté de la classe ouvrière,.
Réception et critique
Critiques et académiques associent l'œuvre d'Aguilar avec le féminisme chicana. Aguilar s'éloigne des images normatives des corps féminins chicanos. Chon Noriega(en), directeur du Centre de Recherche d'Études chicanos à UCLA, indique «Aguilar se distingue par la manière dont elle «collabore avec des sujets qui sont ses pairs, de sorte que ses œuvres ne traitent pas des rapports de pouvoir entre la photographe et le sujet, comme c'est souvent le cas, bien qu'implicitement, dans […] la tradition même du documentaire social»,.
À propos de l’œuvre d’Aguilar Three Eagles Flying, Charlene Villasenor Black, professeure à l’UCLA qui enseigne l’œuvre d’Aguilar tant dans ses cours d’histoire de l’art que dans ceux consacrés aux études chicanx, déclare: «[Aguilar] remet en question l’idée du nu féminin – l’un des genres les plus importants de l’art occidental – en tant qu’objet passif du regard masculin. Il est très clair qu’elle est consciente de la tradition, et qu’elle est capable de reprendre certains éléments du canon pour nous montrer à quel point cette signification est instable et à remettre en question ces idées essentialistes sur les femmes».
Selon les critiques, ses autoportraits les plus récents explorent la manière dont s’entrecroisent ses identités de femme latino-américaine, lesbienne, dyslexique et en surpoids,. Sa série la plus connue est souvent considérée comme étant Latina Lesbians (1986-89), qu’elle a lancée afin de contribuer à donner une image positive des lesbiennes latino-américaines lors d’une conférence sur la santé mentale. Parmi ses autres œuvres populaires, on peut citer Clothed/Unclothed (1990-94), Plush Pony (1992) et Grounded (2006-07), cette dernière étant sa première œuvre réalisée en couleur. Le critique A. M. Rousseau note: «[Aguilar] rend public ce qui est le plus intime. Par cet acte audacieux, elle transgresse les images familières de la représentation du corps humain et remplace les stéréotypes par des images d’autodéfinition. Elle revendique son corps pour elle-même»,,.
Bibliographie
: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
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