| Le Joola | |
Le Joola à Ziguinchor en 1991. | |
| Type | navire transbordeur à passagers |
|---|---|
| Histoire | |
| Chantier naval | Chantier naval de Germersheim |
| Lancement | 1990 |
| Statut | naufrage le |
| Équipage | |
| Équipage | 44 |
| Caractéristiques techniques | |
| Longueur | 76,50 m (hors-tout) 73,60 m (flottaison) 71,65 m (entre perp.) |
| Maître-bau | 12,50 m |
| Tirant d'eau | 3,10 m |
| Port en lourd | 500 tpl |
| Tonnage | 2 087,76 tjb |
| Puissance | 2 × 1 200 kW |
| Vitesse | 14 nœuds |
| Caractéristiques commerciales | |
| Passagers | 550 |
| Carrière | |
| Pavillon | |
| IMO | 9019901 |
| modifier |
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Le MV Le Joola, plus communément appelé Joola sans l'article défini qui figurait toutefois sur la coque, était un ferry qui assurait la navette entre la capitale sénégalaise et la région naturelle de Casamance. Il sombra le , en causant un total de 1 863 morts et disparus selon le bilan officiel. La majorité des passagers étaient sénégalais et français, dont 854 à 923 binationaux franco-sénégalais à bord. Les associations de familles de victimes évaluent le nombre de morts à plus de 2 000, soit dans tous les cas davantage que lors du naufrage du Titanic (1 500 morts), ce qui en fait l'un des naufrages les plus meurtriers de l'histoire en temps de paix à ce jour. Il n'y a eu que 65 survivants. Le Joola était conçu pour transporter 536 passagers.
Le Joola était un ferry de 76,5 mètres de long sur 12,5 mètres de large, de 2 087 tonneaux, équipé de deux moteurs de 1 600 CV, lancé en Allemagne de l'Ouest en 1990. Il effectuait, avec un équipage de 44 personnes, la liaison Dakar - Karabane - Ziguinchor : il reliait la Casamance, province isolée, au reste du Sénégal en évitant de transiter par la Gambie. Il effectuait deux liaisons par semaine à partir de la capitale, les mardis et vendredis aux alentours de 20 h, et deux autres à partir de Ziguinchor, les jeudis et dimanches vers 13 h. Le voyage durait 13 heures.
Le , peu avant 23 heures (heure locale), le Joola, surchargé par plus de trois fois le nombre normal de passagers, chavire et se retourne en moins de 10 minutes, au large de la Gambie, à environ 40 km de la côte. Seuls deux canots pneumatiques de sauvetage peuvent être utilisés plusieurs heures après le début du naufrage. Certains passagers se réfugient sur la coque du navire retourné, mais l'immense majorité reste piégée à l'intérieur du navire ou se noie. Les pêcheurs présents dans les parages interviennent le lendemain matin au lever du jour. Les secours officiels n'arrivent que le lendemain du naufrage en fin d'après-midi.
En 2003, la justice sénégalaise classe le dossier, concluant à la seule responsabilité du capitaine du navire, disparu dans le naufrage,. Le gouvernement sénégalais indemnise les familles des victimes d'une somme de 19 000 euros. Des responsables officiels sont licenciés, sans être poursuivis. Le rapport officiel d'enquête est publié le .
En , une information judiciaire est ouverte en France pour homicides involontaires par violations délibérées des règles de navigation, de prudence et de sécurité, blessures involontaires par violation délibérée des règles de prudence ou de sécurité, et non-assistance à personne en péril, à la suite d’une plainte de familles de victimes, parmi lesquelles figure le seul rescapé français, Patrice Auvray. En est rendue une ordonnance de non-lieu par les juges d'instruction du tribunal d'Évry, au motif de l'existence de dispositions internationales applicables à ce naufrage, qui les empêchent d’engager des poursuites en France contre sept responsables sénégalais civils et militaires. L'ordonnance est confirmée par la cour d’appel en 2016, les juges constatant l’existence de charges suffisantes contre ces sept hommes, protégés toutefois par une « immunité de juridiction » qui leur permet d’échapper à la compétence des tribunaux français. Le , la Cour de cassation valide cette analyse,.
Selon Alain Verschatse, président de l’Association des familles des victimes du Joola en France, il y a eu « trois naufrages » : la surcharge en passagers du navire, l'incurie et la panique au moment du sauvetage et le déni de justice,.
Dans son livre Les Disparus du Joola (2020), Adrien Absolu revient sur la catastrophe en suivant notamment le parcours d'un jeune Français originaire du Morvan, et en analysant la chaîne de responsabilités au Sénégal : incompétence, corruption, existence d'une billetterie clandestine parallèle, retrait du permis de navigation, vétusté du matériel de sauvetage à bord, dysfonctionnements divers sur le navire, lenteur des secours…
Un autre roman, Un tombeau pour Kinne Gaajo (écrit en wolof puis traduit en français par l’auteur) de Boubacar Boris Diop, base l’histoire sur le naufrage du Joola, mettant en scène une victime (Kinne Gaajo) qui représente en quelque sorte le Sénégal dans toutes ses nuances.
Du fait de l'importance du trafic entre Dakar et Ziguinchor, le manque d'infrastructure constituait une entrave à la bonne marche de l'économie sénégalaise. Après plus de trois ans d'interruption, la liaison maritime Dakar-Ziguinchor reprend le avec un nouveau navire, le Wilis, géré par un équipage de Marocains, puis, depuis , avec l’Aline Sitoé Diatta.
Un monument aux morts commémore la tragédie à Ziguinchor dans un parc au bord du fleuve, et le le Premier ministre y inaugure un mémorial.