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Prault fils |
Le Legs est une comédie en un acte et en prose de Marivaux représentée pour la première fois le par les comédiens ordinaires du roi au théâtre de la rue des Fossés Saint-Germain.
Le Mercure de France rapporte que « L’auteur de cette comédie ne s’est pas encore nommé. »
Le marquis a hérité 600 000 francs d'un parent, à charge pour lui, soit d'épouser Hortense, soit de lui verser 200 000 francs. Le marquis, qui aime la comtesse ne ressent rien pour Hortense, qui elle-même, aime le chevalier. Le marquis, homme timide, n'ose pas déclarer son amour à la comtesse car celle-ci rejette tous les soupirants.
Comme le temps passe et qu'Hortense veut épouser le chevalier, elle décide de forcer le marquis à prendre une décision. Sachant que celui-ci aime la comtesse, elle sollicite Lisette, la suivante de la comtesse, et Lépine, le valet du marquis pour qu'ils usent de l'influence qu'ils ont sur leurs maitres pour favoriser leur union.
Lisette refuse en affirmant que sa maitresse est heureuse de son état de veuve et ne songe nullement au marquis. Ce refus est en réalité motivé par l'idée qu'elle a plus intérêt à ce que sa maitresse demeure veuve. Lépine, quant à lui, accepte de favoriser les desseins d'Hortense et commence à courtiser Lisette.
Le rapport que Lisette fait à la comtesse de l'amour du marquis, fait apparaître que celle-ci ne lui est nullement indifférente. Ce penchant est confirmé par l'entretien qu'elle a ensuite avec le marquis, qui finit par lui déclarer sa flamme. Mais la comtesse feignant l'étonnement puis la colère, le marquis se croit définitivement rejeté.
Hortense entre alors en scène, pour rappeler au marquis l'existence du testament, et prétextant l'exigence du chevalier, le met en demeure de décider s'il accepte où non sa main. Acculé, le marquis donne son accord de mauvaise grâce, puis, poussé par la comtesse, sourdement jalouse, tente un marchandage en proposant de lui verser 100 000 francs. Ce qu'elle refuse.
L’intervention de Lisette, ralliée à la cause du marquis, permet de mettre fin à la méprise. Lorsque le marquis répète à la comtesse qu’il l’aime ; mais puisqu’elle le hait, il n’y a rien à faire, elle réplique :
— Je ne vous hais pas, je ne vous l’ai jamais dit.
— C’est tout comme.
— Vous m’aimez, soit ; m’avez-vous jamais demandé ce que j’en pense ?
— À quoi bon ? Je sais votre réponse, vous allez me dire : Non.
— Mais posez la question.
— Soit ; je vous aime, qu’en pensez-vous ?
— Eh bien ! j’en suis bien aise.
— Ah !
s’écrie le marquis bouleversé, qui paie alors avec bonheur les 200 000 francs, et tout le monde est satisfait.
Le Mercure écrit que « cette pièce est parfaitement bien jouée », mais Antoine de Léris écrit que la pièce a été « donnée au Thé. Fran, en 1736, avec peu de succès ». Après une représentation particulière en petit comité au château de Berny, la pièce n’a connu que sept représentations à la Comédie-Française. Son premier grand succès est au Théâtre de la Monnaie, le . Après quelques tentatives avortées de reprises, la Révolution permet enfin, grâce à la critique marivaldienne des valeurs de la noblesse et de la bourgeoisie, de décoller, à partir de 1789, pour connaître pas moins de 63 représentations de 1789 à 1799.
Le Legs a inspiré à Alfred de Musset l’Âne et le Ruisseau, comédie en un acte écrite en 1855 et publiée à titre posthume en 1858. Manuel Bretón de los Herreros en a donné une traduction en espagnol, entre 1823 et 1836.