| Titre original |
Вьетнам Vietnam |
|---|---|
| Réalisation | Roman Karmen |
| Scénario | Roman Karmen |
| Sociétés de production | Studio central du cinéma documentaire |
| Pays de production |
|
| Genre | documentaire |
| Durée | 69 minutes |
| Sortie | 1955 |
Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.
Le Vietnam (vietnamien : Việt Nam ; russe : Вьетнам) est le premier film soviéto-vietnamien conjoint mêlant documentaire et fiction, réalisé par Roman Karmen. Il est tourné en 1955 sur pellicule couleur.
Au Vietnam du Nord puis au Vietnam réunifié, seule une copie en noir et blanc de ce film, intitulée Le Vietnam sur la voie de la victoire (vietnamien : Việt Nam trên đường thắng lợi), est projetée jusqu'en 2004.
À partir des images tournées à Hanoï lors du défilé de la Victoire du , un documentaire distinct en langue vietnamienne, intitulé Une journée historique (vietnamien : Ngày lịch sử*), est réalisé en 1955.
La version en couleur du film Vietnam est diffusée pour la première fois à la télévision vietnamienne en 2004, à l'occasion du 50e anniversaire de la victoire de Diên Biên Phu,.
Le film s'ouvre sur des images du défilé de la Victoire à Hanoï, le . Il retrace ensuite l'histoire et les traditions du peuple vietnamien et présente de nombreuses séquences — qu'il s'agisse d'images d'archives ou de reconstitutions — illustrant divers événements de la guerre d'Indochine, notamment : la rencontre avec le général de Castries, ancien commandant de la garnison de Ðiện Biên Phủ alors prisonnier ; la libération des provinces vietnamiennes de l'occupation française ; le transfert de la ville de Hanoï des Français aux partisans vietnamiens,
En mai 1954, un groupe de cinéastes soviétiques (Vladimir Iechourine et Ievgueni Moukhine, sous la direction de Roman Karmen) arrive pour la première fois à la base des forces de guérilla nationales vietnamiennes et de la direction de la République démocratique du Vietnam (Nord-Vietnam), alors opérant dans la clandestinité au sein de la jungle de la région de Việt Bắc (vi), au nord du pays. Le groupe rencontre Hô Chi Minh et, durant huit mois, collabore avec des cinéastes du Nord-Vietnam (Phạm Văn Khoa (vi), Mai Lộc (vi), Tiến Lợi (vi), Quang Huy, Hồng Nghi (vi) et l'écrivain Nguyen Dinh Thi) pour tourner des images destinées à un film documentaire. Au total, environ quarante mille mètres de pellicule couleur sont filmés.
Craignant pour la sécurité des opérateurs soviétiques, les autorités vietnamiennes font en sorte que de nombreuses scènes de combat du film Vietnam proviennent d'images tournées antérieurement par des cinéastes vietnamiens, ou soient mises en scène sous forme de reconstitutions d'événements réels. C'est précisément pour cette raison que le film est présenté au générique comme une œuvre mêlant documentaire et fiction.
Lors de rencontres avec des prisonniers français, Roman Karmen échange à plusieurs reprises avec le cinéaste de guerre français Pierre Schoendoerffer, alors captif, et visionne les images documentaires de combats que ce dernier a tournées et qui ont été confisquées par les autorités vietnamiennes. Le sort ultérieur de ces pellicules demeure, à ce jour, inconnu du grand public. Pierre Schoendoerffer est libéré quelque temps plus tard et peut regagner la France, en grande partie grâce à l'intervention de Roman Karmen. Plus tard, alors qu'il est devenu un cinéaste célèbre, Pierre Schoendoerffer évoque dans ses interviews les rencontres qu'il a eues en captivité avec Roman Karmen ; il souligne notamment que de nombreuses scènes de combat mises en scène par Karmen ont été réalisées à partir d'images issues de ses propres films documentaires.
En 1955, Roman Karmen, Vladimir Iechourine (ru) et Ievgueni Moukhine (ru) reçoivent l'ordre du Travail du Vietnam (vi).