En algèbre commutative, le lemme de normalisation de Noether, dû à la mathématicienne allemande Emmy Noether, donne une description des algèbres de type fini sur un corps.
On fixe une algèbre commutative de type fini A sur un corps (commutatif) K.
Lemme de normalisation de Noether : L'algèbre contient et est finie sur un sous-anneau de polynômes .
De façon équivalente : Il existe un entier positif ou nul d et un homomorphisme fini injectif de K-algèbres Autrement dit, il existe tels que tout élément a de A s'écrit comme une combinaison avec des polynômes dépendants de a.
Remarques
avec les .
Exemples
On suppose que A est intègre. L'injection donnée par le lemme de normalisation induit une extension finie des corps de fractions . Quand K est de caractéristique nulle, l'extension est automatique séparable. Dans le cas général, on a :
En termes géométriques, toute variété algébrique affine V intègre, géométriquement réduite, de dimension d, admet un morphisme fini surjectif , qui soit de plus génériquement séparable (autrement dit, il existe un ouvert dense U de tel que la restriction soit un revêtement étale (en)).
Le même énoncé reste valide en remplaçant V par une variété projective (intègre et géométriquement réduite) et l'espace affine par l'espace projectif.
Si A est de type fini sur un anneau commutatif intègre R et contenant R, alors il existe f dans R, non nul, et un homomorphisme fini injectif de R-algèbres après localisations
Un tel homomorphisme n'existe pas en général sur R (considérer par exemple et ).
Certains auteurs attribuent ce lemme à Hilbert. D'après Judith D. Sally, ce dernier a seulement donné la version graduée qui provient de la géométrique algébrique, et le cas des algèbres de type fini quelconques sur un corps infini apparaît pour la première fois dans une démonstration dans l'article de 1926 de Noether.