| Naissance | |
|---|---|
| Décès |
(à 68 ans) Louvain |
| Sépulture | |
| Nom de naissance |
Lenaert Leys |
| Pseudonymes |
Guilhelmus Singletonus, Wilhelmus Singletonus |
| Formation | |
| Activités |
Théologien, théologien moraliste, prêtre catholique, théologien catholique |
| Père |
Lenaert Leys (d) |
| Mère |
Maria Aerts Derkinderen (d) |
| Ordre religieux |
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Lenaert Leys, mieux connu sous son nom latinisé de Leonardus Lessius, né le à Brecht et décédé le à Louvain, est un prêtre jésuite brabançon. Théologien, juriste, et économiste, il est l'un des premiers à s’intéresser à une approche morale des questions économiques et à l’éthique des pratiques bancaires.
Surnommé l'Oracle des Pays-Bas, figure de proue de l'École de Salamanque, il fut une source d'inspiration pour de nombreux autres juristes, tels Hugo Grotius, Juan de Lugo ou Pedro de Oñate.
Né de Lenaert Leys, agriculteur et échevin de Brecht, et de Maria Jan Wouter Aerts Derkinderen, Lessius grandit dans une famille de quatre enfants dont il est le seul garçon, mais dont les parents meurent alors qu'ils sont encore jeunes. Après avoir fait ses études primaires dans son village, il est poussé par son oncle Huibrecht Leys à poursuivre des études au Collège d'Arras (nl). En bénéficiant d'une bourse, il étudie ainsi dans la résidence Het Varken où il est en 1572 proclamé premier de tous les étudiants en philosophie.
La même année, au lieu de poursuivre des études à l'université de Louvain comme il lui est conseillé, il décide d'entrer dans la Compagnie de Jésus. Après avoir achevé son noviciat au Collège des Jésuites de Saint-Omer en 1574, il enseigne la philosophie au collège d'Anchin de Douai, où il eut le saint Robert Southwell parmi ses étudiants. Autodidacte, il en profite pour s'initier au grec ancien, aux études bibliques, la patristique, la théologie, ainsi que les Droit romain et canon. Lenaert est ordonné prêtre le .
En 1583, après un an d'étude à Liège, il est envoyé au Collège Romain pour parachever ses études théologiques à l'école des théologiens Robert Bellarmin et surtout Francisco Suárez qui lui enseigne la scolastique renouvelée par l'École de Salamanque. Il y rencontre aussi Maffeo Barberini, futur pape Urbain VIII.
De retour en son pays en 1585, il est nommé professeur de théologie à la maison de formation (théologat) des jésuites de Louvain. Durant son enseignement, il s'oppose à Baius sur la question de la Grâce et Inspiration dans l’Ecriture Sainte. En 1588 il écrit à Bellarmin lui faisant part de son anxiété : « Je ne pense pas que les catholiques aient autant de zèle à s'opposer aux hérétiques, que n'ont les théologiens de Louvain et Douai [baïnistes] à nous attaquer… ».
À partir de 1600, sa santé déclinant, Lessius est exempté en grande partie de ses tâches d'enseignement. Il se tourna alors vers la théologie ascétique et écrivit plusieurs livres qui firent autorité et eurent également du succès. Élu deux fois comme délégué des Pays-Bas aux Congrégations générales des Jésuites de 1611 et 1615. Son provincial Olivier Mannaerts fait également appel à lui pour entamer des négociations delicates avec certaines personnes importantes. En 1615 le pape Paul V le remercia personnellement pour les éminents services rendus à l’Église.
Leonardus Lessius meurt à Louvain le . Il avait 68 ans.

Lessius joue un rôle fondamental dans l'histoire du droit des obligations, inspirant largement Grotius.
Ainsi, suivant les projets de Domingo de Soto, il renforce la tendance à la systématisation des matières juridiques. Il systématise de la même façon le régime de vice du consentement en cas d'erreur ou de dol, permettant l'annulation de l'engagement au profit de la partie victime, et met ainsi fin à la distinction de droit romain qui existait alors entre les contrats de bonne foi et les contrats de droit strict. Il permet aussi, avec Luis de Molina, la séparation entre le droit des contrats et le droit des testaments.
Partisan convaincu du consensualisme, il admet toutefois la possibilité pour les autorités de le limiter pour protéger une certaine population, garantir l'intérêt commun ou assurer la salut de l'âme. Lessius énonce de même un principe de liberté contractuelle et conçoit déjà le principe de force obligatoire du contrat, qui seront ensuite pleinement assumé par Pedro de Oñate. Il admet aussi la théorie de l'imprévision, en considérant qu'on ne peut souhaiter, et donc être lié par, ce qui ne peut être prévu.
Il réfléchit aussi à la notion de juste prix qu'il considère comme le reste de l'École de Salamanque comme le résultat de l'estimation humaine : il estime ainsi que cette notion dispose d'une certaine latitude, dépendant de l'offre et de la demande, de la situation monétaire, du mode de transaction, etc.
Reconnu comme un « maître de l'analyse économique » pour ses travaux, et notamment sa préfiguration de la théorie de la préférence pour la liquidité, Lessius se montre l'un des grands défenseurs de nouvelles pratiques mercantiles, parfois opposées à l'interprétation juridique traditionnelle, à l'exemple de sa défense des mont-de-piété ou de la figure du triple contrat.
Fondant ses opinions sur la philosophie thomiste, sur le droit romain mais aussi sur des observations empiriques du fonctionnement des marchés, il fournit de nombreux arguments aux défenseurs du développement commercial et du capitalisme.
Dans la même idée, il s'intéresse aussi aux questions d'éthique et déontologiques des fonctions d'avocats et de conseillers.