Liebestod

Malvina Garrigues (1825-1904), la première Isolde.
Dernières mesures de l'air.

Liebestod (prononcé en allemand : [ˈliːbəsˌtoːt], littéralement « mort d'amour »), ou Mild und Leise (littéralement « doux et calme »), est l'air final d'Isolde, tiré de l'opéra Tristan und Isolde (1859) de Richard Wagner. Chanté par une soprano dramatique, cette aria marque l'apogée du romantisme tardif, où la tonalité est poussée à l'extrême.

Lorsqu'il est utilisé comme terme littéraire, le mot liebestod (de l'allemand Liebe, amour et Tod, mort) se réfère au thème de l'érotisme de la mort ou de « l'amour à mort », signifiant que la consommation de l'amour du couple amoureux se fait dans la mort ou après.

Motif musical

L'air débute avec le même motif que celui que l'on retrouve dans le duo de l'acte II (le Liebesnacht), où Isolde et Tristan se promettent de concrétiser leur amour par la mort. Le mot « Liebestod » apparaît également uniquement à la fin de ce duo. Les motifs du duo se retrouvent aussi lorsque l'orchestre joue fortissimo. On retrouve aussi le motif du désir à partir de « sind es Wellen ». L'orchestre y joue à partir de ce moment des mesures crescendo jusqu'à l'aigu. À partir de « ertrinken », l'orchestre joue le dernier motif : la dernière consolation. Les derniers vers sont chantés diminuendo. L'accord de Tristan conclut l'air et l'opéra, alors même qu'il l'a ouvert à l'acte I avec le prélude.


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L'aria est la fin culminante de l'opéra, alors qu'Isolde chante sur le corps mort de Tristan, avant de tomber sur lui inconsciente.

Histoire

Origines et inspirations

Mathilde Wesendonck vers 1850.

Aussi intitulé Isoldes Verklärung (La Transfiguration d'Isolde), l'air fait référence à la fin tragique de Tristan et Iseult, précisée vers 1290 par Heinrich de Freiberg, modifiant donc le mythe celtique originel. Le livret de Wagner reprend ce détail.

Lorsque Wagner compose cet opéra, il entretient une relation cachée avec Mathilde Wesendonck, poétesse et épouse de son mécène, le banquier Otto Wesendonck. Il s'inspire de l'impossibilité de concrétiser cet amour en puisant dans la légende de Tristan et Iseut pour composer cet opéra et les Wesendonck-Lieder.

L'amour impossible dans les arts

D'autres exemples évoquent la situation de l'amour tragique, tels que Pyrame et Thisbé, Roméo et Juliette et à un certain degré, les Hauts de Hurlevent. Les exemples présentant une vue d'un amour unilatéral sont L'Amant de Porphyria et Les souffrances du Jeune Werther qui mènera même à un effet Werther. Le suicide en commun d'Heinrich von Kleist et d'Henriette Vogel est souvent associé avec le thème de la Liebestod.

Extrait du texte

Extrait de la première partition de la fin de l'opéra.

L'air s'achève par ces derniers vers. À partir de « ertrinken », les vers sont chantés diminuendo. « Lust » est ainsi chanté piano comme le dernier souffle d'Isolde.

Original

In dem wogenden Schwall,
in dem tönenden Schall,
in des Welt-Atems wehendem All
ertrinken,
versinken
unbewusst
höchste Lust!

Traduction littérale

Dans le torrent déferlant,
dans le son retentissant,
dans le souffle du monde
me noyer,
sombrer
inconsciente
bonheur suprême!

La partition après la dernière parole d'Isole : « Isolde sinkt wie verklärt, in Brangäne's Armen sanft auf Tristan's Leiche. Grosse Rührung und Entrücktheit. Marke segnet die Leichen » : « Comme transfigurée, Isolde s'enfonce doucement dans les bras de Brangäne sur le cadavre de Tristan. Grande émotion et ravissement. Marke bénit les cadavres ».

Enregistrements

Représentation de la mort d'Isolde (1917).

Cet air a été notamment enregistré par Birgit Nilsson, Martha Mödl, Kirsten Flagstad, Jessye Norman, Nina Stemme, Waltraud Meier, Lilli Lehmann, Anna Netrebko, Shirley Verrett, Christa Ludwig et en 1949 (puis par la suite plusieurs fois en live) par Maria Callas en italien (Dolce e calmo). L'air est généralement joué en concert à la suite du prélude de l'opéra.

Culture populaire

Source

Notes et références

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Liebestod » (voir la liste des auteurs).
  1. ↑ « Tristan und Isolde libretto (English/German) - opera by Richard Wagner », sur www.murashev.com (consulté le )
  2. ↑ « Leitmotif analysis of Isolde's Liebestod - with English translation of lyrics » (consulté le )
  3. ↑ « Martha Mödl sings the Liebestod LIVE (1952) "Mild und Leise" »
  4. ↑ « Last Sweet Days of Isaac Love you came to me »
  5. ↑ Cryer, Gretchen (en) (book and lyrics) and Ford, Nancy (music).
  6. ↑ « My radiohead adventure », sur princeton.edu (consulté le ).
  7. ↑ Odéon-Théâtre de l'Europe, « Liebestod - Spectacles », sur Odéon-Théâtre de l'Europe (consulté le )

Articles contextuels

Liens externes