Lollards

Les Lollards sont les membres ou sympathisants d'un mouvement de contestation religieuse et sociale, initié en Angleterre à la fin du XIVe siècle par le théologien John Wyclif, et poursuivi par son disciple John Ball. À ce titre, les lollards sont des précurseurs de la Réforme protestante. Accusés d'hérésie par les autorités de l'Église catholique, ils furent durement réprimés.

« De quel droit ceux qui s'appellent seigneurs, dominent-ils sur nous ? À quel titre ont-ils mérité cette position ? Pourquoi nous traitent-ils comme des serfs ? Puisque nous descendons des mêmes parents, Adam et Ève, comment peuvent-ils prouver qu'ils valent mieux que nous, si ce n'est qu'en exploitant nos labeurs, ils peuvent satisfaire leur luxe orgueilleux ? »

— John Ball

Henri Denis, dans son Histoire de la Pensée Économique, fait de la fameuse citation de John Ball la devise du mouvement des Lollards :

« Alors qu'Adam bêchait et qu'Ève filait, où donc était le gentilhomme ? »

— John Ball

Origine du mot

Lollards semble venir du moyen allemand lollaert, dont la racine lullen signifie marmonner, chantonner à voix basse. Une autre hypothèse rattache ce nom à Walter Lollard, un prédicateur vaudois.

Le mot pourrait aussi dériver de l'anglais médieval lollere qui signifie en substance "vagabond".

L'appellation de Lollards fut d'abord attribuée à certains groupes d'Europe continentale (Hollandais) suspectés de cacher des croyances hérétiques sous couvert de dévotion, mais après 1382, elle fut attribuée aux partisans de John Wyclif, auxquels elle resta attachée.

Histoire

Richard II écrase la révolte de Wat Tyler

Le premier groupe de Lollards se forme à Oxford autour de Nicolas Hereford, docteur en théologie. Le mouvement Lollard attire dans ses rangs des universitaires, des artisans, des marchands et même quelques lords, tel John Montagu.

Ce mouvement annonce certaines idées de la Réforme protestante notamment la traduction de la bible et dispose favorablement l'opinion à accueillir la séparation de l'Église d'Angleterre d'avec Rome, décidée par Henri VIII en 1534.

Littérature

Voir aussi

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Articles connexes

Liens externes

Notes et références

  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 Joël Chandelier, L'Occident médiéval : D'Alaric à Léonard (400 - 1450), Éditions Belin, coll. « Mondes anciens », , 700 p. (ISBN 978-2-7011-8329-9), chap. 10 (« Une crise du Moyen Âge ? (1300-1450) »), p. 526-528.
  2. ↑ Henri Denis, Histoire de la pensée économique, PUF, coll. « Quadrige », (ISBN 978-2-13-063025-8), p. 99.
  3. ↑ Dictionnaire des hérésies, des erreurs et des schismes, ou Mémoires pour servir à l'histoire des égaremens de l'esprit humain par rapport à la religion chrétienne, A. Royer, (lire en ligne)
  4. ↑ Geoffrey Chaucer, Les Contes de Canterbury, Folio classique (ISBN 978-2-07-040634-0), Page 726 en référence à la note de bas de page de la page 186