Louis Viannet

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Louis Viannet
Illustration.
Fonctions
Secrétaire général de la Confédération générale du travail
–
(7 ans et 5 jours)
Prédécesseur Henri Krasucki
Successeur Bernard Thibault
Biographie
Nom de naissance Louis Étienne Viannet
Date de naissance
Lieu de naissance Vienne (Isère)
Date de décès (à 84 ans)
Lieu de décès Annonay (Ardèche)
Nationalité Française
Parti politique PCF (1953-2017)
Syndicat CGT
Profession Syndicaliste

Louis Viannet est un syndicaliste français, né le à Vienne (Isère) et mort le , à Annonay (Ardèche), secrétaire général de la Confédération générale du travail de 1992 à 1999. Cet ancien secrétaire général de la fédération des PTT a amorcé le renouveau de la CGT et sa prise de distance avec le PCF en quittant le bureau national de ce Parti en 1996.

Biographie

Originaire de la région lyonnaise, Louis Viannet est issu d'une famille ouvrière. Il est l'aîné des quatre enfants d'un ouvrier des usines Rhône-Poulenc.

Il suit des études secondaires au lycée de Saint-Étienne (Loire), grâce à une bourse d'études. Titulaire du baccalauréat, il passe, un peu avant ses vingt ans, deux concours administratifs : l'un pour les Impôts, l'autre pour les PTT. Il est reçu au deuxième, celui des contrôleurs des PTT et débute dans cette administration au début de l'année 1953.

Après son service militaire effectué en métropole, il se marie et a deux enfants.

Quelques aspects de l'homme privé

Le militantisme syndical et politique ne lui fait pas oublier le jazz, « surtout New Orleans » dont il est amateur ni la batterie qu'il pratique dans ses loisirs, ni la chasse et la cueillette des champignons, dont il apparaît fervent du fait des marches qu'elles permettent dans la nature.

Louis Viannet le syndicaliste

L'engagement

Il suit un cours de formation professionnelle à Paris, quand, à l'été 1953, des grèves secouent l'ensemble des services publics français. C'est au cours de ces événements qu'il adhère à la CGT, suivant en cela l'exemple de son père, syndiqué à la CGT et il participe activement à ce mouvement social inédit, qui, parti d'une grève locale aux PTT, affecte la plupart des services et des entreprises publics.

La montée du responsable

L'accroissement du trafic est à la mesure de la croissance économique des « Trente Glorieuses ».

Sorti des grèves de 1953 « en ayant la conviction que sa vie serait consacrée au militantisme », Louis Viannet occupe progressivement des postes de responsable syndical plus élevés.

Dirigeant national de la CGT

Louis Viannet, membre de la Commission exécutive de la CGT depuis 1972, est élu au Bureau confédéral de la CGT en , lors du 41e Congrès. Il quitte la direction de la Fédération des PTT à la fin de cette même année.

Au Bureau confédéral une tâche de premier ordre lui est dévolue : il succède à Henri Krasucki, promu secrétaire général de la Centrale syndicale, au poste de directeur de l'hebdomadaire de la CGT, La Vie Ouvrière. Durant dix années, Louis Viannet fait figure d'orthodoxe, face à Henri Krasucki, dont l'image de réformateur s'impose progressivement. C'est avec cette étiquette, attribuée par la presse, qu'il lui succède en en étant élu secrétaire général de la CGT, lors du 44e congrès confédéral de celle-ci. « En portant Louis Viannet au poste de secrétaire général, la CGT n'a pas choisi un homme neuf pour mettre en œuvre sa volonté de changement et d'indépendance », lit-on dans la presse.

Réformateur

« J'ai été élu avec l'étiquette du stalinien de service qui allait mettre de l'ordre dans la maison », confie-t-il au moment de son départ. Le contexte de son élection à la direction de la Confédération peut donner à croire en un déclin d'une CGT incapable de renouveler son discours et sa pratique. Or lorsqu'il quitte son poste en , les six années du mandat de Louis Viannet se soldent par un bilan tout autre.

Louis Viannet au PCF

Le militant politique

Louis Viannet adhère au Parti communiste français en 1953, dans la foulée de son engagement syndical « quelques jours après la fin des grèves de 1953 », selon son témoignage. Son engagement politique se limite au Comité fédéral du Rhône dont il est membre depuis 1967 jusqu'à son accession au Comité central du PCF, en . Permanent syndical, il est alors présenté comme « militant syndicaliste, fédération de Paris ».

Le cumul des responsabilités nationales CGT-PCF, et sa fin en 1996

Il accède au Bureau politique du PC en à l'issue du 24e Congrès de ce parti. Les explications données à cette promotion de Louis Viannet, alors secrétaire général de la Fédération CGT des PTT, sont explicitement exprimées : « il a une grande expérience du mouvement ouvrier ». De fait il assume l'entière succession de Georges Frischmann tant au niveau syndical qu'au niveau politique. Quelques semaines plus tard, son élection au Bureau confédéral de la CGT éclaire mieux sa promotion. Mais les différentes crises qu'a connues, depuis 1980, l'instance nationale de la première centrale syndicale française, posent, parmi d'autres, le problème de la compatibilité du cumul des mandats avec l'affirmation de l'indépendance du syndicalisme à l'égard des forces et partis politiques. Cette question resurgit lors de chacun des Congrès de la CGT. Élu en 1982 secrétaire général de la Confédération, Henri Krasucki a d'emblée été jugé à l'aune de son manque d'indépendance vis-à-vis du Parti communiste. Sa volonté de changer en ce domaine n'est pas avérée. Louis Viannet succédait à Henri Krasucki en 1992. La perte d'audience du PCF rend de plus en plus inconfortable la double appartenance. Louis Viannet franchit le pas en annonçant dans le cadre de la préparation du 29e Congrès de son Parti () qu'il renonce à siéger au Bureau politique du PCF. À la surprise des observateurs, c'est un homme jusqu'alors réputé pour son alignement qui met ainsi fin à une tradition cégétiste qui perdure depuis 1945.

Notes et références

  1. ↑ État civil sur le fichier des personnes décédées en France depuis 1970
  2. ↑ Michel Noblecourt, « Mort de Louis Viannet, ancien secrétaire général de la CGT », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le )
  3. ↑ Précisions biographiques issues de l'article présentant le « nouveau Bureau confédéral », paru le 19 juin 1982 dans le journal L'Humanité.
  4. 1 2 3 4 5 Jean Emmanuel Ducoin, « "Loulou", un parfum de renouveau », dans L'Humanité, 30 janvier 1999
  5. ↑ La Vie ouvrière, 9 février 1992, p.52, présentation du successeur de Henri Krasucki
  6. ↑ « Syndicaliste et musicien » (entretien de Louis Viannet avec le journaliste Jean-Pierre Chauvel), dans La Vie ouvrière, janvier 1994.
  7. ↑ Sylviane Mangiapane, Les filles des Chèques postaux, contribution à l'histoire du syndicalisme PTT, 1945 - 1978, éditions Le Temps des Cerises, 2003.
  8. ↑ Postes et Télécommunications françaises, une chronologie au 20e siècle (voir bibliographie).
  9. ↑ Dominique Andolfatto, Dominique Labbé, La Cgt, organisation et audience (voir bibliographie).
  10. ↑ J-M Normand, « Trois virages à négocier pour la CGT », dans Le Monde, 2 février 1992.
  11. ↑ Alain Beuve-Méry, dans Le Monde, 12 décembre 1997
  12. 1 2 Numéro spécial des Cahiers du communisme, 24e Congrès du Parti communiste français, février 1982, présentation des membres du Bureau politique élus, p. 413.
  13. ↑ Numéro spécial 22e Congrès du Parti communiste français, février-mars 1976, p. 397.
  14. ↑ Alain Beuve-Méry et Ariane Chemin, « La Confédération souhaite se démarquer davantage du PCF », dans Le Monde, 6 avril 1996.
  15. ↑ Christian Langeois, Entre hier et demain Louis Viannet - 1933-2017, p. 229, « Coup de théâtre au congrès du PCF ».
  16. ↑ Michel Noblecourt, « quand Loulou réenchantait la CGT », Le Monde.fr, 2 octobre 2024.
  17. ↑ Dominique Andolfatto, « Les doubles dirigeants de la CGT et du Parti communiste », dans la revue Communisme, N° 51-52, 1998, p. 123-156.

Annexes

Publication

Bibliographie

Article connexe

Liens externes