Lucy Randolph Mason

Lucy Randolph Mason
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 76 ans)
AtlantaVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Cimetière d'Ivy HillVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Père
Landon Randolph Mason (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Lucy Randolph Mason, née le en Virginie et morte le à Atlanta, est une militante syndicale et suffragette américaine. Elle s'implique dans le mouvement syndical, le mouvement consumériste et le mouvement pour les droits civiques au milieu du XXe siècle.

Biographie

Enfance

Lucy Randolph Mason naît le sur le domaine « Clarens » sur Seminary Hill, près d'Alexandria, en Virginie, et grandit près de Richmond.

Ses parents sont Lucy Jaquelin Ambler Mason (1848–1918) et Landon Randolph Mason (1841–1923). Elle est la sœur d’Anna Mason, d’Ida Mason, de John Mason, de Landon Mason et de Randolph Mason.

Elle est une descendante de cinquième génération de George Mason, auteur de la Déclaration des droits de Virginie qui a servi de modèle à la Déclaration des droits. Mason est également apparentée à John Marshall et à Robert E. Lee (le cousin germain de son père).

Grandir au sein de l'Église épiscopale, avec un père pasteur et une mère dévouée, forge de fortes convictions sociales chez Lucy et ses frères et sœurs. Après le lycée, Mason apprend la sténographie en autodidacte tout en donnant des cours d'école du dimanche. C’est à cette époque qu’elle commence à s’intéresser aux droits des femmes, en particulier aux droits de vote, à œuvrer pour l’amélioration des conditions de travail et à mettre fin à l’injustice raciale, notamment dans le Sud.

Carrière

Durant sa vingtaine, tout en subvenant à ses besoins comme sténographe, elle consacre son temps libre au bénévolat dans le secteur social et au mouvement pour le suffrage féminin. En 1914, le YWCA de Richmond lui offre un poste de secrétaire industrielle, qu'elle occupe jusqu'en 1918. En 1918, sa mère décède et elle est contrainte de démissionner afin de pouvoir s'occuper de son père malade. Pendant ces années-là, elle continue à faire du bénévolat pour la Union Label League et est présidente de la Richmond Equal Suffrage League et de la Richmond League of Women Voters. En 1923, son père décède, elle retourne à la YWCA en tant que secrétaire générale et y reste jusqu'en 1932. Durant son mandat de secrétaire générale, elle met en place toute une série de programmes novateurs visant à former et à améliorer la situation économique des jeunes femmes et des travailleurs, blancs et noirs, en général. Avec la YWCA, Mason génère un soutien public pour les lois du travail de l'État qui garantissent des lieux de travail sûrs, mettent fin au travail des enfants, augmentent les salaires minimums et réduisent les heures de travail. Durant cette période, elle parcourt aussi le Sud pour promouvoir des accords de travail volontaires intégrant des normes de travail équitables. Pour soutenir cet effort, elle écrit une brochure intitulée Standards for Workers in Southern Industry (1931), qui est la première du genre.

Elle est membre de la Ligue des labels syndiqués de Richmond et intervient fréquemment auprès des groupes communautaires et syndicaux pour sensibiliser à l'importance d'acheter des produits et services fabriqués par des syndicats. Pendant la Première Guerre mondiale, le président de la Fédération américaine du travail (AFL), Samuel Gompers, la nomme présidente de Virginie du Comité des femmes dans l'industrie, une division du Comité consultatif national sur le travail en temps de guerre.

Ses entreprises de cette époque sont si fructueuses qu'elles attirent l'intérêt d'autres réformatrices, Florence Kelley et la Première dame Eleanor Roosevelt. Mason fait une telle impression que Kelley la choisit comme successeure à son poste de secrétaire de la Ligue nationale des consommateurs (NCL). En 1932, elle est nommée secrétaire générale de la NCL et s'installe à New York, où elle vit pendant cinq ans ; travaillant en étroite collaboration avec les travailleurs sociaux et recrutant du personnel pour les agences de secours et d'aide sociale créées dans le cadre du New Deal. C'est durant cette période qu'elle rencontre Eleanor Roosevelt, qu'elle impressionne et avec laquelle elle reste amie jusqu'à la fin de leur vie.

Des années 1900 aux années 1930, la NCL s'efforce de faire adopter des lois protectrices du travail et de convaincre les consommateurs de n'acheter que des biens et des services produits par des travailleurs bénéficiant d'un salaire décent et de conditions de travail convenables. Sous la direction de Mason, la NCL obtient l'adoption de nouvelles lois du travail au niveau des États, fait pression pour l'amélioration des codes du travail dans le cadre de la loi de 1933 sur la relance industrielle nationale et contribue à assurer l'adoption de la loi de 1938 sur les normes équitables du travail (FLSA).

Le Sud et le CIO

En 1937, lors des audiences du Congrès sur la FLSA, Mason rencontre le président du Congrès des organisations industrielles (CIO), John L. Lewis, qui l'aide à obtenir un emploi en tant que représentante des relations publiques du CIO pour le Sud. En , à l'âge de 55 ans, Mason s'installe à Atlanta et commence à travailler dans les bureaux du Textile Workers Organizing Committee et devient l'« ambassadeur itinérant » du CIO pour les 16 années suivantes.

Pour Mason, le CIO est « un terrain d'apprentissage de la citoyenneté » pour les travailleurs du Sud, un instrument « pour apporter la démocratie au Sud » et un moyen d'atténuer les injustices économiques et raciales subies par les minorités et les pauvres. Mason voyage seul dans de petites villes où des organisateurs syndicaux et leurs sympathisants sont tués, battus, menacés et emprisonnés. Elle accule des shérifs, des juges, des rédacteurs de journaux, des politiciens et des ministres hostiles, expliquant les droits des travailleurs à s'organiser et à négocier en vertu des nouvelles lois fédérales et promouvant une compréhension de la nécessité des syndicats.

Elle est connue de ses amis comme de ses ennemis sous le nom de « Mademoiselle Lucy ». Son statut social de dame du Sud et de fille d'une vieille famille respectée de Virginie lui permet souvent d'accéder aux dirigeants politiques et communautaires, là où d'autres en sont privés.

Difficile de faire plus casher en Virginie, mais elle s'intéressait aux travailleurs, un intérêt que la plupart des gens de ce milieu n'ont pas... Oh là là, quelle force de la nature ! Nous appelions tous Lucy à l'aide dès que nous en avions besoin, et elle intervenait même dans les situations les plus difficiles ; elle était formidable. Elle a joué un rôle formidable, un rôle formidable. - Myles Horton.

Le succès de Miss Lucy repose également sur son franc-parler, son calme, sa détermination et sa capacité à porter les violations des libertés civiles à l'attention des autorités fédérales, notamment du président Franklin D. Roosevelt. Par exemple, Mason le convainc d'envoyer un enquêteur fédéral spécial à Memphis en 1940 à la suite d'attaques physiques contre les organisateurs des United Rubber Workers qui tentent de créer un syndicat interracial.

Après 1944, Mason travaille avec le Comité d'action politique du CIO (« CIO-PAC ») dans le Sud, aidant à enregistrer les membres des syndicats, noirs et blancs, et travaillant pour l'élimination de la taxe électorale.

Elle forge également des liens durables entre les groupes ouvriers et religieux. Mason persuade la Convention baptiste du Sud d’adopter en 1938 une résolution reconnaissant « le droit des travailleurs de s’organiser et de s’engager dans des négociations collectives afin que les travailleurs puissent obtenir un salaire juste et décent, qui leur permette non seulement de subvenir à leurs besoins essentiels, mais aussi de se divertir, de s’adonner à des activités récréatives et culturelles ».

Dans les années 1940, elle organise des groupes interreligieux, multisyndicaux et interraciaux à Atlanta et dans d'autres villes du Sud, voués à renforcer la solidarité entre le mouvement ouvrier organisé et les églises. Finalement, ces groupes locaux forment la Fondation nationale pour la religion et le travail. Mason est dévouée à mettre fin à la suprématie blanche dans le Sud, où elle est membre fondatrice de la Southern Conference for Human Welfare et où elle prend fréquemment la parole lors de rassemblements interraciaux.

En 1952, l'autobiographie de Lucy Randolph Mason, intitulée To Win These Rights, est publiée, avec une introduction écrite par son amie proche, Eleanor Roosevelt. En 1953, Mason prend sa retraite du travail syndical actif en raison de problèmes de santé.

Vie privée

Lucy Randolph Mason ne se marie pas.

Mort

Lucy Randolph Mason meurt le dans une maison de retraite à Atlanta. Elle est enterrée au cimetière d'Ivy Hill à Alexandria.

Prix

Publications

Travaux

Références et notes

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Lucy Randolph Mason » (voir la liste des auteurs).
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  18. ↑ « Lucy Randolph Mason », Virginia Changemakers (consulté le )
  19. ↑ Salmond 1988, p. 145

Bibliographie

Liens externes