Lukeni lua Nimi

Lukeni lua Nimi
Représentation de Lukeni lua Nimi par Milora Lipscomb.
Fonction
Manikongo
Biographie
Décès
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Famille
Enfant

Nimi lua Lukeni (ou Nimi a lukeni) est le premier Manikongo (roi souverain) et le fondateur du royaume Kongo (kongo dia ntotíla), ayant regné entre la fin du XIVe et sa mort aux environs de 1420. Le nom Nimi a Lukeni apparait dans les traditions orales postérieures et certains historiens contemporains comme Jean Cuvelier (en), l'ont popularisé,. Il est également le conquérant du royaume de Mwene.

Biographie

Lukeni lua Nimi est le fils de Nimi a Nzima, le roi de Vungu (en), un territoire localisé dans le Mayombe entre la République du Congo et la République démocratique du Congo, et de Lukeni Lua Nsanza, fille d'un Mwene Mbata (une union conclue dans le cadre d'une alliance entre les territoires de Nimi et de Mbata), selon les traditions recueillies par Giovanni Cavazzi da Montecuccolo au milieu du XVIIe siècle,.

Plusieurs récits donnent des informations sur le fondateur de Kongo dya Ntotela. Le manuscrit anonyme Historia do reino do Congo daté de 1624 le signale sous le vocable de "Motino-Bene", déformation de Ntinu Mwene. Ce qui le désigne sous ses fonctions. En revanche, l'anthroponyme "Luqueni" (Lukeni) est mentionné par Cavazzi mais "Nimi a Lukeni" par le voyageur britannique Andrew Battel, présent au Loango et en Angola à la fin du XVIème siècle.

La contrée d'origine de Nimi A Lukeni est Vungu (en), chefferie et état kongophone situé dans le Mayombe.

Plusieurs versions du récit autour de Nimi A Lukeni sont rapportées (celles de Duarte Lopes, du manuscrit anonyme de 1624, de Cavazzi et celle de Bernardo de Gallo) mais elles concordent sur le fait qu'il est un cadet, de noble lignée mais également dans une position marginale. Guidé par la soif d'ambition, Nimi A Lukeni et ses partisans installe un péage au niveau du fleuve Mwanza. Là il aurait établi un embryon d'autorité étatique via cette prérogative fiscale, défiant toute personne refusant de s'acquitter du péage. Une tante paternelle l'aurait alors défié Nimi A Lukeni l'aurait alors tué. Cet acte est alors la rupture avec l'ordre ancien de Vungu (en), faisant de lui un ntinu. Cela montre que Nimi a Lukeni est apte à être une nouvelle source de légitimité, celle du futur Etat Kongo.

Rassemblant ses partisans et traversant le fleuve, Nimi a Lukeni conquiert le plateau alors habité par des populations proto-Kongo et ambundu gouverné par le Mwene Mpangala. Ensuite, il commence à répartir les territoires parmi ses compagnons sur l'une des collines connue alors sous le nom de Mongo wa Kaila (Montagne du partage). N'ayant pas reconnu l'autorité sacrée lignagère du territoire en la personne du Mwene Kabunga, Nimi A Lukeni connait des crises de convulsion. Ses partisans supplient alors le Mwene Kabunga de soigner Nimi a Lukeni, ce qu'il fait, consacrant ce dernier comme autorité politique légitime. Guéri, le mwene Kabunga accède au statut de Ne Vunda, et étant du clan Nsaku, la tradition connait alors son rôle sous la dénomination de Nsaku Ne Vunda.

Dès lors, Nimi A Lukeni fonde sur Mongo wa Kaila sa capitale Mbanza-Kongo, ayant le titre de Mwene Kongo mais également de ntotela, car il rassemble les lignages sous son commandement ainsi que les lignages vaincus sous l'ancienne autorité du mwene Mpangala.

Fondateur du Kongo dya Ntotela, il aurait été avec Nsaku Ne Vunda l'initiateur (ou le consolideur selon les cas de figures) de la conception étatique du Kongo, et de ses lois (minsiku en kikongo). Il élargit par la conquête mais surtout par son rôle de juge arbitre le territoire sur lequel est reconnu son autorité.

Postérité et succession

Il meurt probablement jeune car son fils n'est pas encore adulte lors de son décès, Nkuwu a Ntinu, ne lui succède pas et le titre royal passe successivement à deux cousins de Lukeni, Nanga et Nlaza. Les circonstances de sa mort et de la dévolution de sa succession permettent aux historiens de situer sa naissance vers 1367 et sa disparition vers 1402/1427:107.

Notes et références

  1. ↑ (en) John Thornton (historien), Elite Women in the Kingdom of Kongo : Historical Perspectives on Women's Political Power, vol. 47, Journal of African History, , 437–460 p. (DOI 10.1017/S0021853706001812), p. 445
  2. 1 2 3 (en) John Thornton, Origins and Early History of the Kingdom of Kongo, c. 1350–1550, vol. 34, International Journal of African Historical Studies, (JSTOR 3097288), p. 89–120
  3. 1 2 Jan Vansina, « Notes sur l'origine du royaume de Kongo », The Journal of African History, vol. Vol. 4, no No. 1,‎ , p. 33-38
  4. ↑ (en) Bostoen Koen A. G., Ndonda Tshiyayi Odjas, De Schryver Gilles-Maurice, « On the origin of the royal Kongo title ngangula », Africana Linguistica, no 19,‎ , p. 55-83
  5. ↑ (en) Thornton, John, « The Origins and Early History of the Kingdom of Kongo, c. 1350-1550 », The International Journal of African Historical Studies, vol. 34, no 1,‎ , p. 89-120
  6. ↑ François Bontinck, « Histoire du royaume du Congo (c. 1624) », ,Études d'histoire africaine 4, vol. IV, no IV,‎ , p. 0-125
  7. ↑ (en) E.G Ravenstein, The Strange Adventures of Andrew Battel of Leigh in Angola and Adjoining Regions, Londres, Hakluyt Society, , 210 p., p. 102
  8. ↑ Georges Balandier, Le royaume de Kongo du XVI au XVIII ème siècle, Paris, Fayard, , 288 pages
  9. ↑ Mgr Jean Cuvelier, L'ancien royaume de Congo : fondation, découverte, première évangélisation de l'ancien royaume de Congo, règne du grand roi Affonso Mvemba Nzinga, Bruges/Paris, Desclée de Brouwer, , p. 15-16.
  10. ↑ Raphael Batsikama, L’ancien royaume du Congo et les Bakongo : séquences d'histoire populaire, Paris, L'Harmattan, , 324 p. (ISBN 2738473288), p. 184
  11. ↑ Joseph Zidi, Histoire et usages du nom Kongo : essai d’interprétation onomastique, Paris, L'Harmattan, , 162 p. (ISBN 978-2-14-025458-1), p. 98-99.

Annexes

Bibliographie

Articles connexes