| Marc Aillet | ||||||||
Marc Aillet en 2010. | ||||||||
| Biographie | ||||||||
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| Nom de naissance | Marc Marie Max Aillet | |||||||
| Naissance | Parakou (colonie du Dahomey) |
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| Ordre religieux | Communauté Saint-Martin | |||||||
| Ordination sacerdotale | par le card. Giuseppe Siri |
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| Évêque de l'Église catholique | ||||||||
| Ordination épiscopale | par le card. Jean-Pierre Ricard |
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| Évêque de Bayonne, Lescar et Oloron | ||||||||
| Depuis le | ||||||||
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| Autres fonctions | ||||||||
| Fonction religieuse | ||||||||
| Membre de l'Alliance des cœurs unis | ||||||||
| « Écoute, Israël » (Dt. 6, 4) | ||||||||
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Marc Marie Max Aillet, né le à Parakou au Dahomey, devenu le Bénin, est un évêque catholique français, évêque de Bayonne, Lescar et Oloron depuis 2008.
Marc Aillet est le fils du capitaine Jacques Aillet, membre de l’Organisation de l'armée secrète (OAS), une organisation politico-miltaire clandestine terroriste d'extrême droite française, condamné en 1962 à trois années de prison,.
Il est passé par les scouts d’Europe.
Entré au séminaire de Gênes en Italie au titre de la communauté Saint-Martin, il obtient une licence et un doctorat canonique de théologie à l’Université catholique de Fribourg.
Il est ordonné diacre le , puis prêtre le en Italie, au sein de la communauté Saint-Martin.
Il exerce ensuite son ministère dans le diocèse de Fréjus-Toulon comme aumônier des lycées et collèges de Saint-Raphaël, professeur de théologie morale et directeur spirituel au séminaire diocésain de Fréjus-Toulon à la Castille (commune de la Crau).
Puis il ouvre l'école de théologie de la communauté Saint-Martin et devient recteur de la maison de formation (à Gênes en Italie puis à Candé-sur-Beuvron dans le diocèse de Blois). Pressenti pour succéder à l’abbé Jean-François Guérin, au poste de modérateur général de la communauté, il n'est finalement pas choisi.
De 1998 à 2005, il est curé des paroisses de Saint-Raphaël. En 2002, Dominique Rey, évêque du diocèse de Fréjus-Toulon, fait de lui son vicaire général.
Le , Benoît XVI le nomme évêque de Bayonne, Lescar et Oloron, comprenant 69 paroisses réparties dans le département des Pyrénées-Atlantiques, où il succède à Pierre Molères. Sa consécration épiscopale a lieu le , en la cathédrale Sainte-Marie de Bayonne. Elle est présidée par le cardinal Jean-Pierre Ricard, assisté de Dominique Rey et de Pierre Molères.
Marc Aillet est membre de l'Alliance des cœurs unis, et accompagne pastoralement l'association dont les statuts ont été déposés en 2014 auprès de la sous-préfecture de Bayonne et qui revendique 2 700 membres en 2022. Ce groupe est organisé autour de Gaëtane de Lacoste Lareymondie, dite « Virginie », qui prétend avoir des visions mystiques et des révélations surnaturelles que diffuse l'association. Béatrice Bourges et Caroline de Villiers, fille de Philippe de Villiers, en sont membres. La cellule « Emprise et dérives sectaires dans l’Église catholique » de l'épiscopat français a reçu plusieurs signalements au sujet de l'Alliance des cœurs unis,.
En , Marc Aillet ordonne en Allemagne treize nouveaux prêtres de la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre. Ainsi cette communauté dépasse les 400 prêtres dans le monde.
Marc Aillet choisit comme délégué épiscopal à l’information, et responsable de la communication Olivier Drapé, ancien directeur d'Ichtus, proche de l'extrême-droite catholique traditionaliste.
En 2012, le diocèse de Bayonne lance une campagne de communication originale, visant à recueillir des fonds pour la campagne annuelle du Denier du culte, en recourant à l'affichage publicitaire et aux réseaux sociaux,.
En 2021, il reprend par communiqué de presse de nombreux arguments des opposants à la vaccination contre le Covid-19. La même année, il appelle à boycotter le quotidien catholique La Croix à la suite d'une enquête sur un de ses proches Jean-Pierre Cattenoz.

Au sein de son diocèse, Marc Aillet lance officiellement le l'Académie diocésaine pour la Vie.
Le « Colloque International pour la Vie » à Biarritz, du au , suscite des réactions : la députée Sylviane Alaux considère que celui-ci est « de la provocation pure et simple » . Pour Michelle Berthier du planning familial « on ne se laissera pas voler nos droits à l'IVG, à la contraception, par une minorité contestée au sein même de l'Église ». Elle souligne l'appartenance ou la proximité d'intervenants avec l'Opus Dei, un mouvement « conservateur ».
En , un mois après l'invasion et l'annexion de la Crimée par la Russie, Marc Aillet, accompagné d'une délégation, se déplace à Moscou pour rencontrer des représentants de l'Église orthodoxe russe et des personnalités politiques, l'État russe défendant une conception traditionnelle de la famille. Ce déplacement est critiqué par les instances de la Conférence des évêques de France,.
Du au , il se rend à Erbil, auprès des chrétiens d'Irak et d’autres communautés déplacées en compagnie de Dominique Behnan Aziz, président de l’Association des Chaldéens de Pau. Ils sont reçus par l'êvèque Bashar Matti Warda[source insuffisante].
Le diocèse de Bayonne fait l'objet d'une « visite fraternelle », à l'initiative du Saint-Siège début . Elle est confiée à Antoine Hérouard, archevêque de Dijon. Cette visite vise à identifier d'éventuels problèmes de gouvernance, à la suite de critiques parvenues à Rome qui mettent en cause les positions conservatrices de Marc Aillet, « le peu de place qu’il laisserait aux laïcs dans sa conduite du diocèse et un tournant "rigoriste" insufflé aux paroisses »,.
L'un des points soulevés est la gestion du dossier de l'Alliance des cœurs unis par l'évêque. Antoine Hérouard affirme ne pas être là « pour dire ce qu’il faut penser de l’Alliance [mais] comprendre comment l’évêque s’est situé par rapport à cette question »,. « Des médias ont rapidement rappelé le lien entre Mgr Marc Aillet et l’Alliance des cœurs unis », ce que l'intéressé rejette en invoquant que « cette visite n’a rien à voir avec ce sujet, qui n’a pas de lien avec le diocèse ». Antoine Hérouard indique que « ce n’est pas l’objet de cette visite [mais qu'] en revanche, si ce sujet a un impact sur la gouvernance du diocèse, [il s]’y intéressera ». À France Bleu, il déclare : « que cette association fait l'objet de critiques, il s'agit de savoir s'il n'y a pas de dérives sectaires et est-ce que (sic) dans l'accompagnement de cette association l'évêque se situe bien. » La vice-présidente de l'Union nationale des associations de défense des familles et de l'individu victimes de sectes dit suivre de près cette visite fraternelle afin d'obtenir une réponse de la hiérarchie catholique sur l'Alliance des cœurs unis qui inquiète l'association anti-sectes. Pour elle « le fait que les fidèles ou anciens fidèles aient peur de nous parler, c’est déjà un très mauvais signe. ».
En , à la suite de la mise en examen d'un médecin de Bayonne soupçonné d'avoir provoqué la mort de quatre patients en 5 mois, il prend position contre l'euthanasie.
En juillet 2026, alors que la loi sur la fin de vie vient devant le Parlement, Marc Aillet indique que les députés favorables à la loi ne pourront plus communier.
Ses prises de position de 2016 effectuent un parallèle entre l'organisation terroriste islamiste Daech et l'interruption volontaire de grossesse. À la suite de ces propos, la rédaction du magazine catholique Golias lance une pétition sollicitant sa démission. À l'Assemblée nationale, la députée des Pyrénées-Atlantiques Colette Capdevielle déclare : « Notre pays connaît des attaques sexistes que l'on croyait révolues et d’un autre temps ». En réponse, Marisol Touraine, ministre de la santé et des droits des femmes, indique : « Vous avez raison de souligner que sur les réseaux sociaux pullulent des interpellations contre l'IVG (…) C'est insupportable, inacceptable et irresponsable. ». Devant ces critiques, Aillet réplique : « Je pense que c’est un mauvais procès (…) Je continuerai à tweeter, pas forcément de cette manière. ». Le , en réaction à l'intervention du ministre, sept évêques signent une tribune publiée dans Le Figaro, dans laquelle ils réclament un « droit à l'avis ».
Le , un géant à son effigie est brûlé en place publique lors du carnaval de Saint-Jean-de-Luz, alors que les organisateurs de l'association culturelle Donibane Ziburuko Ihauteriak crient : « San Pantzar ! C'est toi qui veux empêcher les femmes de disposer de leur corps ? Cela t'amuse de comparer l'avortement à Daech ? ». Le chargé de communication du diocèse interpelle alors la mairie, qui a autorisé la tenue du carnaval, et rappelle le sort des chrétiens d'Orient pour dénoncer un acte « qui dans un contexte difficile pour les chrétiens cautionne sous couvert d'humour les persécutions ». La Conférence des évêques de France apporte son soutien au prélat.
En 2020, Marc Aillet, à la suite de Jean-Paul II et Benoit XVI, considère que le préservatif n'est pas la principale solution à la lutte contre le SIDA.
En 2009, à l'occasion d'une gay-pride organisée à Biarritz, Marc Aillet critique aussi « les revendications tapageuses d’une infime minorité de nos concitoyens » et met en cause les tenues de certains manifestants. Didier Borotra, maire de la ville, réagit à cette prise de position dans une lettre ouverte « Je ne peux vous cacher que j’ai eu honte à la lecture de votre lettre du . De toute évidence, vous ignorez les lois de la République, c’est dommage ! »,.
Marc Aillet annonce pour les 6 et 7 mars 2018, des réunions d’« accompagnement » pour personnes à « tendance homosexuelle » à Bayonne et Pau, « dans le cadre des activités du service diocésain de la Pastorale familiale » . Ces réunions doivent être animées par l’abbé Louis-Marie Guitton, aumônier de « Courage », mouvement né aux États-Unis qui se propose d’aider celles et ceux qui sont attirés par les personnes du même sexe en s'appuyant sur des conseillers religieux ou spirituels, se définissant comme « thérapeutes ». Parmi les objectifs de « Courage », celui d’encourager les personnes lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres (LGBT) à « devenir chastes, résister aux penchants » et méditer, partager ses expériences de manière à ce qu’aucun n’affronte seul « les problèmes liés à l’homosexualité ». Ces évocations de « normalisation » pour « miséricorde » sont condamnées par le Parlement européen, qui a d’ailleurs enjoint dans son rapport, le 1er mars 2018 les États membres à légiférer. Un psychiatre de Toronto, Melvyn Iscove, 72 ans, vient en outre d’être suspendu par le comité de discipline de l’Ordre des médecins et chirurgiens de l’Ontario, qui l’a reconnu coupable d’abus sexuels à l’encontre deux de ses patients. Il exerçait depuis des années, persuadé lui aussi de pouvoir « soigner les homosexuels », ou tout au moins les aider à surmonter ce « trouble » de leur orientation.
Devant la mobilisation de plusieurs associations LGBT, Marc Aillet annonce leur reprogrammation, mais « d’une autre manière » tout en s’insurgeant contre des protestations suscitées par ses propositions : « un tapage qui aurait été perturbant pour les personnes et familles, pouvant y être légitimement intéressées ». Pour Marc Aillet, « en régime de laïcité, l’Église a l’exclusivité de l’organisation de sa pastorale (...) l’Église est entravée là, de manière assez agressive, surréaliste, et dans un déni de liberté d’expression et de démocratie, qui est assez étonnant».
À la suite de la déclaration Fiducia supplicans du Dicastère pour la Doctrine de la foi, en , autorisant la bénédiction non-sacramentelle de couples de même sexe, Marc Aillet entend questionner certains éléments de cette déclaration « susceptibles de clarification ». Il demande aux prêtres de son diocèse d'accorder une bénédiction individuelle, en appelant les homosexuels « à la conversion et en les invitant à demander le secours de la grâce que le Seigneur accorde à tous ceux qui le lui demandent pour conformer leur vie à la Volonté de Dieu ». SOS homophobie considère que cet « appel à la conversion » et à se « conformer leur vie à la Volonté de Dieu » comme une validation implicite des thérapies de conversion pourtant interdites en France depuis 2022. Marc Aillet réfute cette analyse et précise que l’Église appelle à la conversion à la foi et non à « son orientation sexuelle ». Il s’agit de mettre en adéquation sa vie avec la « Parole de Dieu ».

Marc Aillet s'est clairement positionné contre l'ouverture du mariage entre personnes de même sexe, participant - et invitant ses fidèles à faire de même - aux différentes mobilisations organisées par le mouvement d'opposition au mariage homosexuel, notamment à la « manif pour tous ». Marc Aillet apporte son soutien au mouvement « Les Veilleurs ».
Alors qu'il est informé des faits de pédocriminels, dès 2009, commis par Jean-François Sarramagnan, prêtre au sein du diocèse de Bayonne, Marc Aillet ne signale au procureur les actes délictueux de l'abbé que le . Toujours en contact avec des enfants, le prêtre anime, le , une journée diocésaine pour des élèves de 4e et 3e. De même en 2012, le prêtre célèbre une messe de rentrée dans un lycée du diocèse, en , il accompagne des enfants de 6e pour un voyage à Lourdes. Pourtant Marc Aillet affirme qu'il n'avait « pas de responsabilité directe auprès des enfants et de jeunes »,. L'évêque se défend d'être resté passif en soulignant le fait que la famille n'a pas porté plainte avant 2015, malgré ses encouragements, et en affirmant qu'il veillait personnellement à ce que abbé Sarramagnan n'ait aucun contact privé avec les jeunes.
En , une enquête de Mediapart accuse un certain nombre d’évêques, dont Marc Aillet, d'avoir protégé des prêtres accusés d’abus sexuels en omettant intentionnellement d'alerter les autorités judiciaires,.
À la publication du rapport de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l'Église (CIASE), le , Jean-Marc Sauvé annonce qu'un diocèse et une congrégation religieuse ont refusé l'accès à leurs archives aux historiens de la CIASE. Mediapart révélera la semaine suivante qu'il s'agissait du diocèse de Bayonne, Lescar et Oloron et de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X. Et selon le journaliste Timothée de Rauglaudre, « malgré la mise en place d’une cellule d’écoute, la question des violences sexuelles dans l’Église agace l’évêque et ses affidés ».
À la suite des plaintes d’anciens élèves de l'institution Notre-Dame de Bétharram pour des faits de violences sexuelles, physiques et psychologiques de 1950 à 2024, Marc Aillet indique en être « terriblement choqué » par ces révélations. Il tient une conférence de presse le , où il affirme avoir « appris ces éléments dans la presse » concernant les établissements de Bétharram et Saint François-Xavier à Ustaritz. Il reconnaît une omertà, « pour ne pas entacher l'image de l'institution » mais affirme que l’Église n’est pas non plus « restée inactive depuis 25 ans ». Arnaud Gallais, président de l'association Mouv'Enfants, est présent à cette conférence et accuse Marc Aillet de mensonge. Il lui rappelle par ailleurs son refus d'ouvrir les archives du diocèse lors de la CIASE.
Le groupe Baptisés 64, regroupant une « centaine de croyants rattachés ou non à des paroisses des Pyrénées-Atlantiques » dénonce en , les prises de position de Marc Aillet. Les membres du groupe affirment que « beaucoup de chrétiens ne cautionnent pas les interventions de l'évêque ».
Michel Oronos, curé à la retraite du diocèse de Bayonne, qualifie Marc Aillet de « traditionaliste » qui se situe dans la « sphère de l'extrême de droite » dans un ouvrage intitulé Enfin don Aillet vint consacré aux quatre premières années de son épiscopat à Bayonne et publié en .
Dans un article datant de , Véronique Fourcade, journaliste à Sud Ouest Pays basque, relate la division dans l'Église entre les « pour » et les « contre » Marc Aillet.
Lors de l'été 2016, une soixantaine de prêtres interpellent Marc Aillet sur son mode de gouvernance, sa ligne traditionaliste et sa gestion financière. Les prêtres contestataires citent « des exemples tels que le soutien à une « marche pour la vie » (contre l'avortement), à Vladimir Poutine, Bachar el-Assad (« comme défenseur des minorités »), la remise en cause de la laïcité, « la mise en cause directe de responsables politiques et de l'Etat jugé parfois totalitaire »… ».