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Marcel Bénabou, né le à Meknès (Maroc), est un historien et écrivain français vivant à Paris depuis 1956. Ancien professeur d'histoire romaine, il est membre de l'Oulipo (l'Ouvroir de Littérature Potentielle).
Issu d'une famille juive dans un milieu aisé et multiculturel, il a raconté une partie de son histoire familiale dans Jacob, Ménahem et Mimoun. Une épopée familiale (Seuil, collection « La librairie du XXe siècle », 1995).
Après des études secondaires entamées au lycée Poeymirau de Meknès, devenu depuis Lycée Paul-Valéry (1950-1956), il entre au lycée Louis-le-Grand à Paris, où il prépare le concours d'entrée à l’École Normale Supérieure (1956-1960). Élève de l'École Normale Supérieure (1960-1964), il passe l'agrégation de lettres classiques en 1963. Il prépare ensuite une thèse de doctorat d'état sur La Résistance africaine à la romanisation, qu'il soutient en 1972 à l'Université Paris IV-Sorbonne. Après un passage au CNRS comme chercheur (1964-1972) et à l'Université d'Orléans comme maître-assistant (1972-1974), il exerce les fonctions de professeur d’histoire romaine à l’Université Paris-Diderot (1974-2002).
Ses travaux d'historien portent sur la civilisation de la Rome antique, en particulier sur l'Afrique romaine et les processus d'acculturation et de romanisation qui sont à l'œuvre dans ses provinces. Il met en avant la notion de « résistance à la romanisation », ce qui suscite diverses polémiques, d'autant que son principal ouvrage sur le sujet, La Résistance africaine à la romanisation, est publié aux éditions Maspero, connues pour leur orientation anticolonialiste. En 1979, le professeur Pierre Grimal, figure majeure des études latines en France, s'oppose formellement à la participation de Bénabou à un colloque sur l'Afrique romaine à la Fondation Hardt. Les raisons de ce refus semblent avoir été largement politiques : bien que Grimal n'ait pas été un partisan affiché de l'Algérie française, cette opinion était assez courante parmi les antiquisants français.
Mais, cinquante ans après la publication de La Résistance africaine à la romanisation, de jeunes chercheurs[Qui ?] s'attachent à explorer à la fois la conception et l’apport de l’ouvrage, les réceptions qu’il a suscitées et suscite encore, comme les inspirations et perspectives nouvelles qu’il continue d’offrir[réf. nécessaire].
Entre 1959 et 1963, il participe avec son ami Georges Perec à l'aventure de la revue La Ligne générale. C'est avec lui aussi qu'il conçoit, en 1966, le projet PALF (Production Automatique de Littérature française) qui, par l'intermédiaire de leur ami commun Jacques Roubaud, sera à l'origine de leur entrée à l'Oulipo.
Coopté à l’Oulipo en1970, il en devient, l'année suivante, le « secrétaire définitivement provisoire ». De 2003, à 2022, il a cumulé cette fonction avec celle de « secrétaire provisoirement définitif ».
Dans ses productions oulipiennes, il a tenté d’explorer divers domaines, notamment : la genèse de l'œuvre littéraire (le pourquoi et le comment du livre et de la lecture), les rapports de la contrainte et de l'autobiographie, la recherche des « plagiaires par anticipation » de l’Oulipo (notamment dans l’Antiquité grecque et romaine), les manipulations combinatoires sur ce que Robert Desnos a appelé « le langage cuit ».
Il apparaît sous les traits de l'avocat Hassan Ibn Abbou, un des personnages du roman lipogrammatique de Georges Perec, La Disparition, Denoël, collection Les Lettres nouvelles, 1969
Il est le cousin du mathématicien Jean Bénabou.
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