Marcel Lambrichs

Page d’aide sur l’homonymie

Pour les articles homonymes, voir Lambrichs.

Marcel Lambrichs
Image illustrative de l'article Marcel Lambrichs
Bâtiment Marais de la CGER.
Présentation
Naissance
Saint-Josse-ten-Noode
Décès (à 68 ans)
Bruxelles
Nationalité Drapeau de la Belgique Belgique
Mouvement Fonctionnalisme
Activités architecte
Formation Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles
Œuvre
Agence Marcel Lambrichs & Partners
Réalisations Cité administrative de l'État
Crédit Communal et Passage 44
Tour des Finances
Immeuble CBR
CGER Marais
Centre culturel d'Ottignies-Louvain-la-Neuve
Distinctions Chevalier de l'Ordre de Léopold II
Entourage familial
Père Charles Lambrichs

Marcel Lambrichs, né le à Saint-Josse-ten-Noode et mort le à Bruxelles, est un architecte fonctionnaliste belge des années 1950, 1960 et 1970.

Biographie

Marcel Lambrichs est né à Saint-Josse-ten-Noode, le , fils de l'architecte Charles Lambrichs et petit-fils du peintre Edmond Lambrichs. Il entame lui aussi des études d'architecture à l'Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles en 1936. Ses études sont interrompues par la Seconde Guerre mondiale durant laquelle il fut prisonnier de guerre. Il réussit à s'évader d'un camp de prisonniers en Silésie où il a été déporté par les Allemands. Après sa captivité, il termine ses études d'architecture à l'Académie de Bruxelles. Il obtient son diplôme le et fera son stage dans l'atelier d'Henry Lacoste.

Marcel, inséparable de son jumeau Georges Lambrichs, écrivain et directeur de la nouvelle Revue Française, baigne dans un milieu artistique et culturel. Ce qui inclut également sa femme Gabrielle Haardt, infirmière de formation puis artiste sculptrice et créatrice de bijoux, avec laquelle il aura deux filles, Colette et Anne qui suivront l'influence familiale. L'une deviendra écrivaine et directrice littéraire des Éditions de la Différence et l'autre architecte de formation est maintenant chanteuse lyrique.

Il commence l'architecture à la fin de la guerre en pleine période de reconstruction, sera employé au service architectural de la ville de Bruxelles de 1946 à 1948, puis travaillera en association avec son père de 1948 à 1949. Il décide de devenir indépendant à partir de 1949 et fonde sa propre agence d'architecture en association avec Casimir Grochowski et Daniel de Laveleye. Vers 1968 les rejoindra Georges Czyz. On compte parmi leurs collaborateurs : B. Bielyszew, R. Delfosse, B. Samulski, P. Tapprogne. Par après, ses trois associés formeront le bureau d'architecture CDG.

Il remporte, deux ans plus tard, le concours du Palais du Gouverneur général à Léopoldville (Kinshasa), qui lance sa carrière au Congo, une carrière qu'il poursuivra jusqu'à l'indépendance, et lui donne accès à la commande publique en Belgique. Il travaille notamment, pour le Crédit Communal de Belgique pour lequel il réalise plusieurs commandes, il est également connu pour sa collaboration aux projets de la Cité Administrative de l'État, de la Tour du Midi, et pour le siège social de la Caisse générale d'épargne et de retraite (CGER).  Il est membre de la S.C.A.B (Société Centrale d'Architecture de Belgique) de 1958 à 1973 et pour finir fut nommé chevalier de l'ordre de Léopold II en 1961. Il meurt le à l'âge de 69 ans à Bruxelles.

Le personnage de Lambrichs et son travail

Personnalité discrète et peu loquace sur son travail, Marcel ne semblait pas courir après la renommée. C'est quelqu'un de cultivé qui a fait l'Académie, où il apprend à maitriser la composition. Ses dessins retrouvés aux Archives d'architecture moderne attestent de cette capacité à construire de manière classique comme ce qu'on lui a enseigné. Néanmoins, il décide de se détourner de cette culture classique, de renoncer à ce mouvement pour faire de l'architecture qui l'anime vraiment. D'après les propos d'Anne Lambrichs, Marcel était un moderniste convaincu. C'est donc un choix de carrière et non d'incompétence qui caractérise son travail. La plupart de ses projets démontrent une grande maitrise du dessin, du tracé et de la mise en œuvre. D'après une note rédigée par la société centrale d'architecture de Belgique pour le décès de Marcel Lambrichs il est décrit comme un « homme d'action, qui aimait pratiquer l'architecture par-dessus tout plutôt que de la rêver seulement. Il aimait partager cette passion avec toute son équipe. Tous ceux qui l'ont approché se souviennent aussi de l'importance qu'il attachait à la qualité des projets qui sortaient de son bureau ».

Pour cerner son travail, il faut comprendre l'ampleur gigantesque de ses projets à l'étranger, notamment au Congo, car il ne se limite pas aux constructions en Belgique. Pour un petit bureau, il fait peu de petits projets résidentiels, mais à l'inverse s'attaque à des projets de très grande envergure par lesquels il a acquis de l'expertise. Souvent réalisé en collaboration, il est difficile de cerner la patte Lambrichs.

La plupart de ses clients sont de grandes banques ou des États, ce qui laisse supposer que son univers devait être politique, et de la haute finance en plus d'être culturel. En effet, la famille Lambrichs évolue dans un milieu littéraire et artistique en lien avec son frère jumeau Georges, écrivain et directeur littéraire. Il était courant que des dimanches soir artistiques entre amis soient organisés chez les Lambrichs.

Après l'analyse de ces projets bruxellois, il est possible de mieux comprendre et cerner son travail. Ses bâtiments rompent le plus souvent avec l'échelle du tissu existant, des projets démesurés qui prennent la place d'îlots voire de quartiers entiers. Néanmoins si ceux-ci sont observés de manière isolée, alors on se rend compte de leur qualité de mise en œuvre. Ce sont des bâtiments qui résistent bien dans le temps du moment qu'ils sont entretenus. Malgré tout, nombreux sont sur le point d'être détruits ou déjà démolis, de par la difficulté de conserver ou transformer ce genre d'architecture. Rénover coûte parfois plus cher que de reconstruire, surtout des projets de cette ampleur. De plus ils restent dans l'esprit du grand public et de certains historiens comme des bâtiments qu'il n'aurait pas fallu faire.

Ces bâtiments montrent un intérêt pour les démarches technologiques, comme entre autres, la façade démonstrative en béton de la CGER formant une série de « Y » renversés. Véritables machines fonctionnelles ses projets revêtent tout de même une véritable volonté créative, parfois insoupçonnée. Un souci du détail tournant presque à l'obsession, c'est le cas de l'immeuble de bureau de Ligne du Crédit Communal. Il aurait réfléchi à la manière dont l'environnement se reflète, une réflexion d'ordre purement créative et non fonctionnelle. De la cage d'escalier de secours, au design intérieur, Marcel Lambrichs ne laisse rien au hasard et dessine tout dans le détail, c'était un fignoleur de génie. Ses bâtiments expriment un plaisir de recherche formel en plan et en façade, comme on peut le voir avec le projet non réalisé de la Tour Louise. Des constructions sévères, mais maitrisées qui nous laissent entrevoir qu'il n'était pas qu'un architecte au service de promoteurs immobiliers, son travail subtil pousse à la curiosité de ce personnage énigmatique.

Le bâtiment de Ligne

Conçu entre 1963 et 1971, le bâtiment se situe rue de la banque à Bruxelles.

L'immeuble Pachéco pour le siège social du Crédit Communal de Belgique s'avère très rapidement trop petit. Les effectifs de travailleurs ont augmenté considérablement dès la première année. Ainsi, il fut décidé de construire un nouveau bâtiment sur l'îlot de l'ancien siège datant de 1878.

La parcelle triangulaire fut le point de départ pour un plan jouant des triangles, qui assemblés par six donnent des hexagones, enchevêtrés les uns dans les autres et dégageant une cour centrale qui illumine les étages jusqu'en bas. On retrouve cette figure de l'hexagone dans toutes les échelles du projet : du plan au dallage, des colonnes aux faux plafonds, etc.

Les vitres fumées de la façade ont expressément été placées à l'envers, c'est-à-dire la face intérieure vers l'extérieur, pour déformer et créer des reflets irréguliers. La pointe pseudo-historique de l'îlot fait partie du projet et a aussi été dessinée par Lambrichs.

Plusieurs œuvres d'art devant et à l'intérieur du bâtiment lui font écho :

Réalisations

Ancien siège de la Caisse Générale d'Épargne et de Retraite : détail du Bâtiment Marais (1969-1973).

Prix et distinctions

Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (juin 2020). 
Pour l'améliorer, ajoutez des références de qualité et vérifiables (comment faire ?) ou le modèle {{Référence nécessaire}} sur les passages nécessitant une source.

Notes et références

  1. ↑ « Gabrielle Haardt, Paris 1917- Bruxelles 2004, sculpteur belge », Gabrielle Haardt, Paris 1917- Bruxelles 2004, sculpteur belge,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  2. ↑ « Archives d'architecture moderne - AAM A.S.B.L », sur Archives d'architecture moderne (consulté le ).
  3. ↑ « Ixelles - Athénée royal d'Ixelles - Rue de la Croix 40 - Lambrichs Marcel », sur Inventaire du patrimoine architectural de la Région de Bruxelles-Capitale (consulté le ).
  4. ↑ « Immeuble à appartements à Bruxelles », VUB,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  5. ↑ « Immeuble à appartements à Bruxelles », VUB,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  6. 1 2 Le Patrimoine monumental de la Belgique : Bruxelles Vol. 1C, Pentagone N-Z, Pierre Mardaga éditeur, , 589 p. (ISBN 2-87009-562-7, lire en ligne), p. 52.
  7. ↑ Maurice Culot, Anne-Marie Pirlot, Sybille Valcke et Benoît Moritz, Modernisme - Art déco - Région de Bruxelles-Capitale, Pierre Mardaga éditeur, , p. 118.
  8. ↑ Région de Bruxelles-Capitale, Bruxelles, 175 ans d'une capitale, Pierre Mardaga éditeur, , p. 72-73.
  9. ↑ « Tour du Midi », sur Inventaire du patrimoine architectural de la Région de Bruxelles-Capitale (consulté le ).
  10. ↑ « Immeuble de Ligne, ancien Crédit Communal », sur Inventaire du patrimoine architectural de la Région de Bruxelles-Capitale.
  11. ↑ « Bruxelles Extension Sud - Hôtel Tagawa - Avenue Louise 321-323-325 - Lambrichs Marcel », sur Inventaire du patrimoine architectural de la Région de Bruxelles-Capitale (consulté le ).
  12. ↑ « wiringer », sur wiringer (consulté le ).
  13. ↑ « Ancien Crédit Communal », sur Inventaire du patrimoine architectural de la Région de Bruxelles-Capitale.
  14. ↑ « Immeuble CBR », sur Inventaire du patrimoine architectural de la Région de Bruxelles-Capitale (consulté le ).
  15. ↑ Diane Hennebert, Bruxelles revisitée, La Renaissance du Livre, , p. 21.
  16. ↑ « Ancien siège CGER Marais », sur Inventaire du patrimoine architectural de la Région de Bruxelles-Capitale.
  17. ↑ « Ancien siège de la Confédération Construction », sur Inventaire du patrimoine architectural de la Région de Bruxelles-Capitale.
  18. ↑ « Bruxelles Extension Sud-ULB Campus Solbosch », sur Inventaire du patrimoine architectural de la Région de Bruxelles-Capitale (consulté le ).
  19. ↑ (nl) Bouwen door de eeuwen heen in Brussel : inventaris van het cultuurbezit in België : architectuur, Brussel., Editions Mardaga, (ISBN 978-2-8021-0094-2, lire en ligne).

Annexes

Bibliographie

Périodiques

Brochures

Liens externes

Articles connexes