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Մարկոս Գրիգորյան ou مارکو گریگوریان |
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Citoyen d'honneur d'Erevan (d) |
Marcos Grigorian (en arménien : Մարկոս Գրիգորեան ; en persan : مارکو گريگوريان), également connu sous le nom de Marco Grigorian, né à Kropotkine le et mort à Erevan le , est un artiste et galeriste irano-arménien.
Pionnier de l'art moderne iranien, il est le fondateur du Musée d'Art du Moyen-Orient (en) à Erevan et est citoyen d'honneur d'Erevan et de Garni.
Marcos Grigorian naît le à Kropotkine, dans le kraï de Krasnodar, en République socialiste fédérative soviétique de Russie, dans une famille arménienne originaire de Kars qui avait fui cette ville pour échapper au génocide arménien en 1920. La même année de sa naissance, la mère de Marcos meurt de l'appendicite et son père décide d'emmener la famille à Téhéran, en Iran.
Après avoir étudié au lycée Alborz puis à l'école Kamāl-al-Molk, Grigorian part en 1950 étudier à l'Académie des Beaux-Arts de Rome. Il étudie auprès du sculpteur cubiste Roberto Melli (it) et obtient son diplôme en 1954.
À son retour en Iran en 1954, Marcos Grigorian ouvre la Galerie Esthétique, l'une des premières et plus importantes galeries d'art moderne iranien à Téhéran,,.
Pionnier de l'art moderne iranien, Marcos Grigorian contribue à introduire en Iran l'art occidental novateur,,,. En parallèle, il promeut une forme d'art populaire communément appelée peinture de café (naqqāši-ye qahvaḵāna, des peintures murales religieuses que l'on trouve dans les cafés). La collection qu'il a faite de ces peintures sera achetée et conservée par le musée Negārestān du palais de Saʿādatbād. Il a une grande influence sur plusieurs artistes de Téhéran dont Mohammed Ehsai
En 1955, Marcos Grigorian épouse Florā Ādāmiān à Téhéran et retourne à Rome, où naît sa fille Sabrina l'année suivante. Il participe à la Biennale de Venise cette année-là puis repart s'installer à Téhéran, où il devient responsable du département graphique du ministère de la culture et de l'art. En 1958, il organise pour le ministère la première Biennale de Téhéran, espérant développer un art iranien mélangeant modernisme et tradition locale,,,.
Il devient également un professeur influent au Département des Beaux-Arts de l'Université de Téhéran, où il diffuse son enthousiasme pour la culture populaire locale, notamment les peintures de café, introduit auprès de ses étudiants de nouvelles techniques de gravure et joue un rôle essentiel dans la promotion du dessin comme un concept à part entière, distinct de la peinture,.
En 1960, Marcos Grigorian divorce et commence vers cette année-là à jouer comme acteur dans des films iraniens, sous le nom de « Gregory Mark » ou « Marc Gregory » (en persan : گریگوری مارک),.
Marcos Grigorian vit aux États-Unis dans les années 1960 : il s'installe d’abord à New York en 1962, puis à Minneapolis pour devenir professeur au Minnetonka Center for the Arts,. À Minneapolis, il expose au Walker Art Center et fonde Universal Galleries, qui est devenu un centre influent pour l’art iranien dans la ville. Ce centre coexiste avec une collection d’art iranien moderne en pleine expansion, conservée chez Abby Weed Grey (en).
Grigorian rentre à New York en 1964 et y demeure jusqu'en 1970.
À son retour en Iran, il reprend un poste de professeur au département d'Art de l'université de Téhéran, puis initie le Groupe d'Artistes indépendants (en) avec Massoud Arabshahi (en), Sirak Melkonian (en), Morteza Momayez (en) et Gholam-Hossein Nami (fa) ainsi que Faramarz Pilaram et Mir Abdolreza Daryabeigi (en),. L'Iran-America Society organise une importante rétrospective sur Grigorian à la fin des années 1970.
Marcos Grigorian retourne à New York en 1980 et crée la Arshile Gorky Gallery (en hommage au peintre arménien Arshile Gorky) pour y exposer des œuvres d'artistes iraniens et américains.
La mort de sa fille d'un arrêt cardiaque en 1986 chamboule profondément Grigorian, qui se reconnecte avec ses origines arméniennes. Il abandonne la peinture pour se consacrer à l'art populaire arménien et au tissage de tapis et effectue plusieurs voyages en Arménie. Il y fonde le Sabrina Near East Museum (en) (Musée d'Art du Moyen-Orient) d'Erevan, où il conserve ses propres œuvres et ses propres collections,.
Désormais insallé à Erevan, il organise plusieurs expositions et ateliers dans cette ville, dont il devient citoyen d'honneur d'Erevan, ainsi qu'à Garni, où il a une résidence d'été.
Le , Grigorian est agressé et roué de coups à la tête par deux cambrioleurs masqués qui se sont introduits par effraction à son domicile. Après un appel anonyme à la police, Grigorian est retrouvé blessé et transporté à l'hôpital. Il meurt d'une crise cardiaque présumée le , au lendemain de sa sortie de l'hôpital.
Dans les années 1950, les œuvres de Marco Grigorian peuvent se rattacher à l'expressionnisme occidental.
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| Lien vers l'œuvre Midsummer Night #10 (1991). Pour des questions de droit d'auteur, sa reproduction n'est pas autorisée sur la version francophone de Wikipédia. | |
À partir des années 1960, il abandonne la tradition de la peinture et même le modernisme et produit des œuvres en utilisant des matériaux du désert iranien : de la terre desséchée, de la boue, du kahgel (mélange d'argile utilisé pour les habitations villageoises), de la paille et du foin, ce qui ajoute une tridimentionnalité à l'œuvre. Ces séries sont appelées earthworks (œuvre en terre) ; elles « célèbrent la pureté et la simplicité de la vie villageoise iranienne »,,,.
En 2010, l'écrivaine iranienne Janet D. Lazarian (fa) réclame la création d'un musée consacré à Marcos Grigorian. La même année, le Centre d'art de Téhéran accueille une cérémonie commémorative et une exposition en l'honneur de Grigorian.
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