| Sylvaine de Fontainebleau | |
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| - | |
| Naissance | |
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| Décès | |
| Nom de naissance |
Maria Joséphine Ernestine Herbelin |
| Nationalité | |
| Domicile |
Villa du sylvain Colinet (d) |
| Activités |
Forestière (- |
| Père |
Pierre Amand Herbelin (d) |
| Mère |
Anne Joséphine Truffé (d) |
| Conjoint |
Charles Colinet (de à ) |
| Distinction |
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Maria Colinet, née Herbelin le et morte le , est une forestière française. Promotrice du massif forestier de Fontainebleau, elle poursuit l'œuvre de Claude-François Denecourt et de Charles Colinet, son époux, auquel elle succède comme troisième sylvain du massif, sous le surnom de « Sylvaine ».
Maria Joséphine Ernestine Herbelin naît le , vers 2 heures du matin, à Clesles (département de la Marne), au domicile familial. Elle est la fille de Pierre Amand Herbelin (cultivateur) et d'Anne Joséphine Truffé, mariés l'un à l'autre et alors respectivement âgés de 46 et 38 ans. Elle épouse le , à Fontainebleau, Charles Colinet, alors veuf, dont elle devient la seconde épouse.
Elle vient s'installer à Fontainebleau, le . C'est cette année, que Maria Colinet participe, dans la continuité des sentiers touristiques par Claude-François Denecourt, le premier « Sylvain », puis développés et entretenus par Charles Colinet, deuxième sylvain, aux côtés de son époux, à l’entretien de ce réseau, comme « collaboratrice ». À sa mort en 1905, la veuve, ancienne institutrice, se propose de lui succéder dans la surveillance, comme « continuatrice »,,,,. La connaissance qu'elle a acquise de la forêt lui permet, en effet, de poursuivre bénévolement l'œuvre d'entretien et de surveillance des sentiers. La Ville de Fontainebleau accepte sa proposition et lui confie la gestion des crédits municipaux consacrés à l'entretien des sentiers. Maria Colinet est ainsi chargée de distribuer au personnel affecté à ces travaux les 2 000 francs votés annuellement par le conseil municipal. Surnommée à son tour la « Sylvaine », elle refuse toute rétribution personnelle pour cette activité. René Stevens, secrétaire général de la Ligue des amis de la forêt de Soignes (Belgique), décrit ainsi, dans un discours prononcé à un banquet à Fontainebleau, le , « Mme Colinet [comme] gardienne fidèle de la tradition des sylvains et de leurs œuvres. Denecourt et Colinet : Denecourt, l'initiateur ; Colinet, le disciple ». Elle parcourt elle-même les sites forestiers et détermine les travaux prioritaires, les retouches, dégagements et embellissements demandés. Ses interventions bénéficient, par ailleurs, de l'assistance de l'inspecteur Sinturel.
Durant la Première Guerre mondiale, le financement de l'Œuvre des sentiers se fragilise : selon Maria Colinet, « les œuvres de guerre ont prévalu au détriment de l'œuvre sylvestre », au point de compromettre l'entretien d'environ 300 km de sentiers. L'impossibilité de la collecte annuelle et la réduction de la subvention municipale provoquent une insuffisance de ressources, et un abandon temporaire des chantiers,,. Alors que l'aide du Touring Club de France s'élève à 700 francs en , sensible à la poursuite de l'Œuvre, son conseil d'administration, à la suite de requêtes de Colinet, la porter à 800 francs en avant de la porter à 1 000 francs au ,. Le conseil lui décerne, par ailleurs, une médaille d'argent en reconnaissance de son action. Au sortir de la guerre, la hausse du coût de la main-d'œuvre et du matériel accentue encore ces difficultés, dans le souci de rendre les « excursions sylvestres [...] agréables » pour les nombreux visiteurs français et alliés ayant découvert la forêt pendant le conflit. Albert Remont, administrateur de l'hôtel Savoy, propose en 1919, son concours notamment par l'organisation de collectes et introduit les « Journées des sentiers Denecourt-Colinet » à l'occasion de la Pentecôte,,. Parallèlement, Colinet poursuit la publication de l'Indicateur de Fontainebleau : guide Denecourt-Colinet, dont la 37e édition paraît au début de 1917, l’ouvrage atteingnant sous sa direction sa 47e édition,. La carte correspondante permet au Touring Club d'en dresser une nouvelle, encore plus précise. Elle restaure, en outre, l'oratoire Notre-Dame-de-la-Délivrance, le , à la suite de sa destruction.
Selon L'Abeille de Fontainebleau, « l'âge finit par avoir prise aussi sur elle, bien que toujours relativement valide et bien portante, la surveillance et la direction des travaux dans les sentiers, devinrent trop durs [sic] pour elle ». Le , elle cesse, « à son grand regret », les fonctions qu'elle exerçait dans le cadre de cette initiative privée, et remet l'Œuvre à l'Administration forestière qui la confie à l'inspecteur principal des Eaux et Forêts, Fossier,,,. Au terme de l'action successive des trois sylvains, « l'aménagement touristique était complet et il n'y avait plus qu'à l'entretenir et à l'améliorer sur des points de détail ». L'Administration organise à l'occasion de cette retraite un événement en l'honneur de la Sylvaine, le . Une manifestation qui n'est pas sans rappeler celle organisée en 1900 pour célébrer les « noces d'or » de Charles Colinet avec la forêt de Fontainebleau : artistes et poètes avaient alors organisé une fête au cours de laquelle son buste a été scellé dans un rocher, au-dessus d'une grotte portant son nom. Pour cette nouvelle occasion, sur le plateau de la Roche-Éponge, à proximité du médaillon de Charles Colinet, un lieu est baptisé « le Repos de Mme Colinet ». Fossier rend alors hommage à son dévouement envers la forêt ainsi qu'à la continuation de cette œuvre sylvestre. Des représentants du conseil municipal, du syndicat d'initiative et de l'Association des amis de la forêt de Fontainebleau (AAFF) prennent également la parole.


Au cours de ses dernières années, elle séjourne l'été à Chaintréauville (Saint-Pierre-lès-Nemours), où elle profite des sites naturels. Durant sa vie, elle seconde aussi des initiatives de charité et rejoint enfin, durant sa dernière année, le Comité de l'AAFF, « où son opinion était précieusement écoutée ». « Frappée [peu de temps avant] d'un mal qui inquiétait les siens », elle décède le , vers 5 heures du matin, à 82 ans, à Fontainebleau, à son domicile, 6 rue Victor-Hugo,,. Ses obsèques sont célébrées le , à 10 h 30, en l'église Saint-Louis de Fontainebleau,. Comme elle l'exigeait, aucune fleur ni couronne n'y est apportée, à l'exception d'« une simple gerbe naturelle pieusement cueillie aux abords de ses chers sentiers ». Coupée dès la veille sur les hauteurs de la Solle par l'horticulteur Brisset, cette gerbe est composée de « plantes encore vivaces » : houx, fragon, thuyas, mahonias, pins et genévriers, le tout noué d'un ruban mauve portant la devise « Souvenir forestier ». Elle est inhumée au cimetière de Fontainebleau, aux côtés de son époux.