
Une marie-salope est un chaland destiné à recevoir les vases et sables extraits par dragage,.
Depuis le XIXe siècle, le mot, vieilli, a le sens « femme malpropre » ou de « prostituée »,. Il est d'usage de donner un nom féminin aux bateaux, d'où le composé marie, et le mot salope dérive de sale, en raison du matériau transporté.
En général, le chargement s'effectue depuis une drague à disque désagrégateur ou depuis une drague à godets, le long de laquelle la marie-salope vient s'amarrer. Lorsque la marie-salope est pleine, elle est emmenée pour être déchargée, soit à quai par le dessus (benne preneuse ou roue à rochets) soit par ouverture du fond par le bas dans une zone de dépotage. Ce fond qui s'ouvre se nomme le clapage.
Contrairement à d'autres types de barges, la marie-salope ne peut pas se déplacer seule. Elle est tractée par le bateau dragueur. Elle est conçue pour transporter du sable, de la pierre, de la boue, ou encore des ordures. Selon la taille de la barge, il est possible de la compartimenter. Chaque compartiment s'appelle un entonnoir. Contrairement aux autres barges, il n'est pas nécessaire de protéger la marchandise de la pluie, la marie-salope ne possède donc pas de couvercles pour fermer les cales.
Pour pouvoir déverser dans la barge rapidement la matière draguée sans la faire basculer, elle doit être particulièrement stable. Ajouter à cela l'absence de quille rendue impossible par les fonds ouvrants, les maries-salopes naviguent principalement sur fleuve et sont traînées jusqu'aux embouchures. Elles sont également employées dans les ports et les estuaires, mais il devient difficile de les utiliser (et en particulier de les charger) en mer houleuse.
Des maries-salopes, c'est-à-dire des chalands à clapet, sont fabriquées et utilisées dès l'Antiquité romaine. Deux bateaux de ce type datant des Ier et IIe siècles ont été trouvés par les archéologues dans le port antique de Marseille et sont exposés au Musée d'Histoire de Marseille,.
Au XVIIIe siècle, sur le littoral méditerranéen français et à Brest, les ports sont curés grâce à un mécanisme à cuiller, le contenu de la cuiller étant déversé dans une marie-salope qui part ensuite larguer la vase plus loin,.
En , une marie-salope utilisée pour le curage du port de Sète disparaît en mer à cause d'un coup de vent.